OESOPHAGE, ESTOMAC ET INTESTIN
Jusqu'à la liu de la première année, le (ilan moyen de la tunique musculcuse (fibres circulaires) est seul bien formé; mais, après un an, la slruclure de celle lunique esl la même que chez Tadulte.
La muqueuse esl recouverle d'une couche continue de mucus, qui existe déjà chez le fœtus (P. Reylier); dans les premiers mois, répithélium est iiarliculièremenl riche en cellules muqueuses (Soltau Fen^\ick). Chez le nourrisson et jusqu'à deux ans, les glandes, plus ou moins bien dévelopi)ées suivant les sujets (Marfan), sont généralement moins nombreuses, moins longues que chez Tadulte, et présentent souvent des cellules mal différenciées; de plus répithélium superficiel pénètre jusqu'à la moitié de leur hauteur, beaucoup plus loin que chez Tadulte (C. E. Bloch). La muscularis mucoste, les amas lymphoïdes sont mal développés jusqu'à six mois; les amas ont leur maximum de développement à 10 ans et commencent à régresser au moment de la puberté.
C. L'intestin, qui chez l'adulte mesure 5 fois 1/â la taille du sujet, est G fois plus long que la taille à la naissance, et 7 fois plus long de 3 mois à 3 ans (Marfan). Le duodénum est fréquemment semi-annulaire (Jonnesco). Le côlon présente 15 à 17 flexuosités au lieu de 4 à o chez l'adulte (Monterossi) ; à la naissance le côlon ascendant est très court, le c»cum manque assez souvent (Legueu) et a une position élevée jusque vers deux ans, l'appendice vermiculaire n'est pas nettement différencié du csecum (Hertwig), le côlon ilia(iue représente presque la moitié du gros intestin (Trêves).
La muqueuse de l'intestin grêle est proportionnellement aussi développée que chez l'adulte (Bloch, G. Delamare), au point de vue des valvules conniventes , des villosités , des glandes de Lieljerkiihn, des cellules épithéliales, dont la sécrétion muqueuse est cependant peu active (G. Delamare), du tissu lymidioïde, des vaisseaux. Par contre jusqu'à 2 ans, la musculeuse esl moins forte que chez l'adulte (Bloch). Les plexus nerveux sont bien formés.
D. Digestion gastrique. — KUe ne présente de particularités que chez \v nourrisson. laHuienl nornud à celte iiérimh' (bi la vie étant le lait de femme, ou à son défaut le lait de vache.
Le lait introduit dans l'estomac subit laclion de la présure ou fermenl-lab^ qui coagule la caséine en milieu neutre ou alcalin (la pepsine n'existe pas dans l'estomac de l'enfant alimenté exclu-
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sivemenl au lait, d'après Viault et Jolyet). Le chimisnie gastrique flonue des résultats différents suivant Tàge, variables iFailleurs d'un jour à l'autre chez le même enfant, quant à l'acidité totale, à la teneur en chlorures fixes et en acides organiques; HGl libre n'apparait qu'après une heure. La durée de la digestion gastrique est de 1 h. l/:2 à 2 heures avec le lait de femme, de i h. i/:2 à 3 heures avec le lait de vache.
E. Digestion intestinale. — Le chyme gastrique eu jiénétrant dans le duodénum est soumis à l'action du suc pancréatique, qui contient les mêmes ferments que chez l'adulte (la trypsine n'existe qu'en petites quaniités dans les premières semaines, et de même l'amylase dans les six premiers mois), de la bile, du suc intestinal. L'action complexe de ces sécrétions, sur laquelle je ne puis m'étendre ici, moditie le chyme gastrique, liquéfie et peptonise la caséine, dédouble le lactose, émulsionne et saponifie en partie la graisse.
A mesure que le chyme progresse, il est de plus en plus modifié et les substances alimentaires sont absorbées. Finalement il arrive dans le rectum et est évacué au dehors. La traversée digestive totale est rapide : elle dure 6 h. 1/2 à 8 heures chez les nourrissons au sein, 8 h. 1/2 à 9 h. 1/2 chez les enfants allaités artificiellement (Marfan). L'évacuation d'un repas commence 2 h. 1/2 et est terminée 8 heures après l'ingestion chez les nourrissons au sein dans le premier mois (Chahuet).
Une fois l'évacuation du méconium, qui persiste 2 à 3 jours, achevée, les matières évacuées par l'anus sont constituées principalement par les résidus de la digestion. Chez les enfants allaités au sein, elles sont homogènes, demi-molles, jaune d'or; chez les enfants nourris au lait de vache, elles sont plus denses, plus pâteuses, plus sèches, plus blanchâtres, plus odorantes. Leur composition chimique peut renseigner, si on tient compte des quantités ingérées, sur le fonctionnement du tube digestif. Chez l'enfant normal il y a absorption de 96 p. 100 du lait de femme ingéré, de 93 p. 100 du lait de vache; de 9G p. 100 (Michel) ou 98 p. 100 (Nobécourt et Merklen) de la graisse du premier, de 94 p. 100 de la graisse du second (L. Netter).
F. Flore normale de l'estomac et de l'intestin. — Les microbes de Ceslomac normal chez l'enfant sont encore mal connus.
Les microbes de l'intestin normal ne peuvent être étudiés que