PLIQUE POLONAISE
centre des croûtes est traversé par un poil. Cette affection est connue sous le nom de favus ou de teigne lupineuse (tinea lupinosa), à cause de sa ressemblance avec Les alvéoles d’une ruche ou avec les semences du lupin.
Elle parait occuper spécialement les bulbes des poils. Il n’est pas encore bien démontré si dans cette affection les croûtes sont précédées par une éruption pustuleuse, ou si elles sont le prodnitdirect d’une sécrétion anormale des follicules pileux.
Dans beaucoup de cas, le favus donne lieu à Palopécie,
Cette affection se transmet par contagion ; quelquefois le favus se développe aussi sur d’autres parties du corps qu’il envahit, soit par extension en partant du cuir chevelu, soit primitivement.
En général, il affecte les parties où la peau est dense et serrée, où le tissu cellulaire est peu abondant comme les tempes, les lombes , les coudes, les
genoux, la partie inférieure et externe des jambes.
Ç XIV. Trichoma ou plique polonaise.
On appelle ainsi une affection caractérisée par l’entortillement des cheveux, consécutif à une affection de leurs bulbes. Cette affection est particulière à la Pologne. Dans beaucoup de cas, elle ést
précédée de symptômes généraux, tels que dou- 24,
leurs dans les membres, céphalalgie, ophthalmies, quelquefois même de lamaurose.
La tête devient très sensible, le moindre attouchement souvent occasionne de la douleur.
Les bulbes des cheveux sécrètent une humeur très fétide, dont l’odeur ressemble à celle de souris. Cette humeur est visqueuse, et colle les cheveux les uns aux autres, à leur racine, et en fait des masses inextricables de forme variée. D’après la différence des formes que présentent ces masses, quelques auteurs ont distingué la plique en plique à queue et en plique globuleuse, etc. Mais toutes ces divisions n’ont aucune importance pratique, comme le remarque judicieusement notre excellent confrère et ami M.ledocteur Matuszynski, qui à fait un très bon travail sur la plique (1). Elles tiennent uniquement à la longueur des cheveux et à la manière de les porter à l’état de santé. Les cheveux, examinés de près, paraissent être gonflés , dans la plique, par une humeur brunûtre qui distend les bulbes, rompt quelquefois les cheveux , s’épanche au dehors, et que l’on peut exprimer par la pression. Quelques auteurs ont parlé même d’hémorrhagies des cheveux; mais c’est une
(x) Ueber die natur und Behandlung des Weichselzopfes, par J, Matuszynski, à Tubingue, 1834.