‹ PrédicatorianaChapitre 66 sur 73 · QUELQUES ADDITIONS · texte numérisé non relu

QUELQUES ADDITIONS

Nous avons dit , pag. j5 , qu'Olivier Maillard avait été prédicateur de Louis XI ; nous aurions dû ajouter que, malgré ce titre, l'orateur ne ménageait pas son auguste auditeur. On raconte qu'un valet de chaînbre de ce prince ayant averti Maillard que le monarque, irrité de la virulence de ses sermons , le ferait jeter à la mer : « Va lui dire, reprit aussitôt le religieux, que j'arriverai plutôt au ciel par eau que lui avec ses chevaux de poste l .» Le Roi ne donna aucune suite à cette affaire, et laissa le champ libre au hardi prédicateur* Josse Badius a rendu cette petite aventure en quatre vers latins :

Quidam nolus homo , cum prqpter libéra verba Submergendum undis censeret Rèx metuendus } Die , ait, hoc Régi : per aquas maturiàs altos Advekar ad cœlos , per eqlios ac ipse volantes.

Voyez le Navis stultifera de Sébastien Brandt , titre 101, édition de Paris, i5o5, m-4°, donnée et augmentée par Josse Badius Ascensius, et qui est préférable aux simples éditions de Brandt.

L'ancien Parlement de Dijon, l'un des plus distingués du Royaume , u était , dit le baron de Polnitz, dans ses

1 Louis XI venait d'établir les postes (vers 148Ô). On croit que le mot poste vient de positœ ( stationes J, ou positi (equij, ce que l'on a appelé dès-lors relais ; d'autres pensent qu'il peut venir de postellum, fait de postis , qui signifie poteau, parce qu'il y avait un poteau à chaque relais.

$ Mémoires, presque tout composé de personnes de qua- » lité ; » et Ton reprochait quelque fierté aux membres de ce corps qui dominait par le respect et par la crainte. Cela donna lieu à cette espèce de plaisanterie d'un cordelier qui prêchant sur la mort, dans la cathédrale de cette ville , dit : « Oui , mes frères , la mort est inévitable; tous nous mourrons , tous vous mourrez; (puis élevant graduellement la voix ), seriez-vous duc , vous mourrez; seriez-vous prince, vous mourrez; seriezvous roi ', vous mourrez ; ( enfin avec explosion ) seriezvous conseiller ail parlement de Bourgogne, vous mourrez. » On pense bien que dette nialigne apostrophe fit sourire l'auditoire ; mais elle ne corrigea pas, dît-on, les plus intéressés à la chose.

Dans la même ville de Dijon , le P. Christophe , jésuite, préchant à la Sainte-Chapelle, le 20 mare 1593, déclama fortement contre Henri IV, qu'il traita de relaps et d'hérétique. Un bon paysan d'Etevaux , qui assistait au sermon , apostropha hautement le prédicateur, lui disant qu'il ferait mieux de prêcher l'Evangile que de parler contre le Gouvernement. Cela fit du bruit dans l'église , et Ton conduisit l'homme en prison. Dijon n'a été soumise à l'autorité du Roi que le 28 mai 1595, et S. M. y a fait son entrée le 4 juin suivant.

En parlant, pag. 307, des prédicateurs frappés de ihort dans la chaire , nous n'en avons cité que quatre : Pierre du Chatel, évêque d'Orléans, atteint le 2 ou pîu> tôt le 3 février i55a; M. l'abbé Bredart, mort à Saint-

Omer èh avril 18245 M. l'abbé Papillon,' frappé à Londres en août 1824, et M. l'abbé Paris, mort au Havre le 27 août 1826. Qès-lors une note retrouvée dans nos cartons nous a indiqué les suivants :

Jacques-Augustin Boursoul, célèbre prédicateur breton, né à Quimperlé le 22 juillet 1704* est moct à Rennes, le jour de Pâques, 4 avril 1*774," d'une attaque d'apoplexie, au milieu de son sermon, dans la cbaire de l'église de Toussaints , où il prêchait depuis 45 ans. Il à été frappé au moment où il parlait du bonheur que Ton doit éprouver de voir Dieu dans le ciel face à face et sans voile. Sa vie se trouve dans les Modèles du Clergé, par l'abbé Carron. Paris, 1787, 2 vol. 1/1-12.

M. Libert, ancien vicaire-géûéral de Rouen, étant à Rotibaix ( département du Nord ) et faisant en chaire une exhortation aux enfants réunis pour leur première communion, le 17 juin 1840, est tout-à-coup tombé mort au milieu de son discours. Ce terrible événement a frappé d'effroi to.us ses auditeurs ; plusieurs se sont évanouis au milieu des pleurs et des gémissements de toute l'assemblée.

Nous ne parlons ici que des prédicateurs morts en chaire, nous aurions pu citer encore d'autres ecclésiastiques également frappés à l'église dans l'exercice de leurs fonctions, tels que le cardinal de Berulle, fondateur de la Congrégation de l'Oratoire , qui mourut le 2 octobre 1629 * en disant la messe et au moment où il prononçait ces paroles du Canon, hanc igitur oblationemf de sorte que, n'ayant pu achever le sacrifice, il en fut lui-même la victime. On a fait ces deux vers à ce sujet*

Cœpta sub extremis nequeo dum sacra sacerdos Perficere , at saltem victima perficiam.

Le respectable curé de Saint-Dizier (Haute-Marne) M. M..., est mort subitement au confessionnal dans la chapelle de l'hôpital de cette ville , le vendredi 7 avril 1 837 ; il a emporté les Tegrets de tous les habitants de la ville et du canton.

M. Jacquinot, très-digne ecclésiastique de ChâtiUon* sur-Seine (Côte d'Or), est mort à l'église Saint- Varie de cette ville, le mars 1 838, en disant la messe ; il en était à la Préface. Il a été singulièrement regretté de tous les habitants.

▲ l'article des Saints Patrons , pag. 43° 1 0D a omis ' Les TisssRAUD* — S. Simon et S. Jude, le 28 octobre.

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