‹ Prédicatoriana: ou, Révélations singulières et amusantes sur les prédicateurs; entremêlées dChapitre 46 sur 55 · CHAPITRE XXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIX

Comment les Juifz voulurent ravir le corps de la Vierge Marie ,■ ei lei mains demourèrenl en la châsse.

Àdonc ung juif cruel, plain de malice, voulut prendre le précieux corps de la Vierge Marie , et incontinent qu'il eut mis les mains dessus pour le prendre , il demoura pendu à la châsse, et ne se povoit avoir, et se print à crier à saînct Pierre qu'il lui pardonnast. Et sainct Pierre luy dit : « Croys en Jésuchrist et tu guériras. » El il respondit : «. Je croys fermement en luy. » Et tantost qu'il eut dit le mot , il Fut sain connue devant, et les aultres tombèrent l'ung cà et l'aulire là. SaincI Pierre dit à celuy qui estùit guéry : « Viens après ccsie palme, et t'en va par la cité, et

à tous ceulx qui vouldront croyre en Jésuchrist tu leur donneras santé. » Et tantost il s'«n alla et trouva les Juifz tombez par terre et leur dit : « Geulx quÎTouldront croyre en Jesucbrist , je leur donnerai santé. » Cependant les apostres vindrent mettre le corps de la Vierge Marie au monument , puis ils s'assirent entour. Et tantost vint Jésuchrist à grant compaignie d^anges, et dit à sainct Michel et à sainct Gabriel, qu^ib prinssent le corps de sa mère en chantant.

, Sainct Thomas alla droit au'monuinent, car il n'estok pas venu quant ils la portoyent au sepulchre , et fiit bien marryquUln'avoit esté au trespas.Et quant il veit les. anges qui emportoyerit le corps de la Yierge Marie là sus au ciel , il se mist à genoux et fist sa prière à Jésuchrist que par sa saincte grâce, il luy pleust laisser aulcun signe affin que les âultres apostres creussent certainement que les anges emportoyent le corps de la benoiste Vierge Marie là sus au royaulme de paradis. Et tune cecidit zona qua cingebatur J^irgo Maria ,* adonc cheut la ceinture de la Vierge Marie ^ que les

« Parmi toutes les reliques que Tou prétend posséder de k Sainte Vierge , sa ceinture a toujours tenu l'un des premiers rangs. On peuteonsulter à ce sujet lés Vies des S aints composées sur ce qui nous est resté déplus authentique et de plus assuré dans leur histoire (par Adrien Baillet). Paris, Jean de Nulfy, 1701-1707 , 17 vol. în-8« Voj. le !om. VïII , contenant le mois d'août, au 15 de ce mois, pp. 409-423 ; vous y trouverez d'amples détails dans un article intitulé, des reliques de là Sainte Vierge, c'est-à-dire ses dépouilles, ses habits, son tombeau , etc. Cet article a plusieurs paragraphes ; dans le premier ^ il fiit quG||îon du tombeau de la Sainte Vierge , dans lequel

apostres lui avoient ceinte quand ils rensepvelirent ; et tantost saîhct Thomas Teur courut dire : « Mes frères, les anges ont emporté maintenant le corps de Nostre- Dame en paradis , et voici la ceinture laquelle , à ma supplication , Dieu m^a envoyée entre mes mains. » Et lors les apostres retournèrent tout courant au sépulchre de Nôstre-Dame et regardèrent dedans, et n'y trouvèrent riens; et corpus Marias non im^enerunt, et ne trouvèrent pas le corps de la Vierge Marie, car il s'en, estoit monté au ciel après l'ascension de NostreSàulveur et rédempteur Jésuchrist. Et le lieu où Nostre^Dame avoit esté ensepvelie , comme dit. est ,. depuis Pascension

on n'a point retrouvé son corps. Mais à la tin de ce paragraphe, on parle de ses chet^eux , et même de son lait , que l'on dît garder en plusieurs endroits. — Dans le. second paragraphe, il est question des habits et autres meubles de la Yierge , tels que sa robe , sa ceinture y son "Voile , son éckarpe , son manteau , puis sa bague oix^annefiu de noces , ses fuseaugp , ses lacets , ses peignes , ses gants , ses souliers , pantoufles et autres chaussures ; des chemises et autres petits meubles qu'on dît avoir été à son usage. Parmi ces objets, plusieurs étaient multîplîés , car différents endroits se vantaient de les posséder. Dans le troisième paragraphe , on parle de la ceinture de la Sainte Vierge , qui avait encore plus d'éclat dans l'Eglise que sa robe. Le quatrième paragitphe est consacré aux chemises de la Vierge ; leur histoire est assez détaillée. Dans le cinquième paragraphe , «n raconte tout ce qui a rapport à Vanneau de la Sainte Vierge. Enfin son tombeau est l'objet traité dans le sixième paragraphe qui termine cet article.

L'article suivant regarde les images de la Vierge , à com« mencer par celle que l'on attribue à saint Luc , etc., etc.

de Jésuchrist , est situé en la vallée de Josaphat qui est entre Iç uftouX 4e Sinay et le mont d'OIiyet.

Page 1