DE SAINTE MADELEINE
Ego diligentes me diligo.
Jaune ceux qui m’ai ment, je rend* amour pour amour.
Messieurs ,
Un Dieu entrant dans nn commette de sentiment avec des hommes ; on Dieu offrant son amitié à qui voudra l’aimer : voilà, Messieurs , ce qui fit autrefois le scandale des philosophes ; voilà ce que la sagesse humaine n’aurait jamais pu comprendre , mais ce qu’une religion, fondée sur le mystère d un Dieu fait homme , nous a rendu sensible, et ce que la solennité de ce jour nons présente, dans un exemple bien touchant.
En effet, Messieurs, si 1 oracle de Salomon s’est accompli jamais à la lettre sur la terre, c’est dans Madeleine! Pourrions-nous en contester les titres, quand l’Esprit saint nous en est garant? Madeleine aima beaucoup J ésus-Christ ; Madeleine fut beaucoup aimée de Jésus- Christ! témoignages peu équivoques, témoignages uniques , dans leur espèce !
Je sais que, dans un siècle où l’on dispute volontiers surtout, on a envié à sainte Madeleine ces deux témoignages glorieux, en la distinguant, et de la pécheresse dont parle saint Luc , à qui le premier fut rendu , et de Marie, sœur de Marthe, qui fut honorée du second. Mais le suffrage de la Sorbonne entière, d'un célèbre docteur, et en dernier lieu des savants critiques d’Anvers , qui ont discuté juridiquement ces points fameux, est plus que suffisant, pour autoriser un orateur à suivre un sentiment qui, de l’aveu d’Origène, était le sentiment universel de
toute la terre au commencement du troisième siècle, qui , pendant 1600 ans, a été le seal qu’on ait connu dans l’Église d’Occident , et qui parait manifestement appuyé de l'autorité de l’Évangile même.
C’est sur ces principes solides que , sans entrer plus avant dans de vaines controverses , et me renfermant dans les bornes des mémoires que fournit l’Écriture sainte, je tire de ces deux témoignages, que sainte Madeleine a incontestablement mérités, tout le plan de son éloge#, d’après le Saint-Esprit Çui a voulu lui-mème être son premier panégyriste. En deux mots :
Madeleine a été , par excellence , l’amante fidèle de Jésus-Christ, premier titre de sa gloire, diligebat multùm. Madeleine a été, par préférence , l’aimée chérie de Jésus- Christ, second titre de sa gloire , diligebat Jésus Mariam.