DON CARLOS, DOS^A SOL, HERNANI
HERNANI, immobile^ les bras toujours croisés^ et ses yeux étincelants fixés sur le roi,
.Ah ! le ciel m'est témoin Que volontiers je l'eusse été chercher plus loin!
DOfÏA SOL.
Hernani, sauvez-moi de lui!
HERNANI. Soyez tranquille,
660 Mon amour !
DON CARLOS
Que font donc mes amis par la ville?
Avoir laissé passer ce chef de bohémiens'^!
Appelant.
Monterey !
HERNANI. Vos amis sont au pouvoir des miens, Et ne réclamez pas leur épée impuissante. [ante.
Pour trois qui vous viendraient, il m'en viendrait soix- 555 Soixante dont un seul vous vaut tous quatre. Ainsi Vidons entre nous deux notre querelle ici.
Quoi! vous portiez la main sur cette jeune fille! •
C'était d'un imprudent", seigneur roi de GasciUe, :Çt d'un lâche!
DON GABLOS, souriant avec dédain.
Seigneur bandit, de vous à moi, Pas dereproche°!
HEBNANI.
Il raille ! Oh ! je ne suis pas roi ; seo Mais quand un roi m'insujtejet pour sursoit me raille, Ma colère va haut et me monte' aw, taifle^, Et, prenez garde, on craint, quand on me fait afiPront, Plus qn'un^^ffmrf^lS!^^^ de mon frontal
Vous êtes insensé si quelque espoir vous leurre. ses
Il lui saisit le bras.
Savez-vous quelle main voua étreint à cette heure? Écoutez. Votre père a fait mourir le mien.
Je vous hais. Vous avez pris mon titre et mon bien. Je vous hais. Nous aimons tous deux la même femme. Je vous hais, je vous hais,^-oui, je te hais dans l'âme! sto
DON CARLOS
C'est bien.
HERNANi. Ce soir pourtant ma haine était bien loin. Je n'avais qu'un désir, qu'une ardeur, qu'un besoin, Dofia Sol I— Plein d'amour, j'accourais. . . / P^Lgaon âme! Je vous trouve essayant contre elle un rSpTÎfffSme! Quoi! vous que j'oubliais, sur ma route placé !^ sts
Seigneur, je vous le dis, vous êtes insensé!
Don Carlos, te voilà pris° dans ton propre piége.Jj*^*^ Ni fuite, ni secours! je te tiens et t'assiège fS*^»^^^ Seul, entouré partout d'ennemis acharnés,4>>-*^^^**''^ Que vas-tu faire?
DON c AEL08, fièrement.
Allons ! vous me questionnez I sso
HEENANI.
Va, va, je ne veux pas qu'un bras obscur te frappe. H ne sied pas qu'ainsi ma vengeance m'échappe.
Tu ne seras touché par un autre que moi.
Défends-toi donc. Il tire son épée.
PON CARLOS. Je^suis votre seigneur le roi.
685 Frappez. Mais pas de duel.
HEENANi. Seigneur, qu'il te souvienne
Qu'hier encor ta dague a rencontré la mienne.
DON CARLOS
Je le pouvais hier. J'ignorais votre nom.
Vous ignoriez mon titre. Aujourd'hui, compagnon,
Vous savez qui je suis et je sais qui vous êtes.
HERN^ANI.
590 Peut-être.
DON CARLOS
Pas de duel. Assassinez-moi. Faites!
Crois-tu donc que les rois à moi me sont sacrés? • Çà, te défendras-tu?
DON CARLOS. Vous m'assassinerez!
Hernani recule. Don Carlos fixe des yeux d^mgle sur lui.
Ah ! vous croyez, bandits, que vgs brigades viles Pourront impunément s'épéîfi8redans les villes? 605 Que tein^ de sang, chargés de meurtres, malheureux! Vous pourrez après tout faire les généreux, Et que nous daignerons, nous, victimes trompées, Ennoblir vos poignards du choc de nos épées?
Non le crime vous tient. Partout vous le traînez. 600 Nous, des duels avec vous! arrière! assassinez.
Hernani^ sombre et pensifs tourmente quelques instants de la main la poignée de son épée^ puis se retourne brusquement vers le roiy et brise la lame sur le pavé.
Va-t'en donc!
Le roi se tourne à demi vers lux et le regarde avec hauteur.
Nous aurons des rencontres meilleures.
Va-t'en.
DON CAELOS.
C'est bien, monsieur. Je vais dans quelques heures Rentrer, moi votre roi, dans le palais ducal.
Mon premier soin sera de mander le fîscal°.y^>ï«'^-^^j|;j2;;^ A-t-on fait mettre à prix votre tête? *V^^
HEENANI. Oui.
DON CABLOS. Mon maître, eos
Je vous tiens de ce jour sujet rebelle et traître, Je vous en a^fffïs', partout je vous poursuis Je vous fais mett ra au b an'^ du rovaume.
HERNANI. J'y suis
Déjà.
Bien.
Mais la France est auprès de l'Espagne.
C'est un port.
DON CARLOS. Je vais être empereur d'Allemagne. eio Je vous fais mettre au ban de rempire°.
HERNANI. A toEi gré.
J'ai le reste du monde où je te braverai.
Il est plus d'un asile ou ta puissance tombe.
DON CARLOS
Et quand j'aurai le monde?
HERNANI. Alors j'aurai la tombe.
DON 0AB.L08ja^a£^
Je saurai dé j ouer voscomplots insolents.
HERNANI. Ji^^f^
La vengeance est boiteuse, elle vient à pas lents, Mais elle vient.
DON JOAKLOS, riant à d&ini^ avec dédain.
Toucher à la dame qu'adore ^
Cebandit°! ^wu^'v»-*»-^.»'^-^
HERNANI, dont les yeux se rallument.
Songes-tu que je te tiens encore?
Ne me rappelle pas, futur césar romain, «90 Que je t'ai là', chétif et petit dans ma main, Et que si je serrais cette main trop loyale" J'écraserais^ns l'œuf ton aigle impériale I
DON^CAELOS.
Faites.
HEENANI.
Va-t'en! va-t'en!
Il 6te son manteau et le jette sur les épaules du roi. Fuis, et prends ce manteau.
Car dans nos rangs pour toi je crains quelque couteau. Le roi s^ enveloppe du manteau.
626 Pars tranquille à présent. Ma vengeance altérée Pour tout autre que moi fait ta tête sacrée.
DON CABL08.
Monsieur, vous qui venez de me parler ainsi, Ne demandez un jour ni grâce ni merci !