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EPILOGUE

Comme au prologue, Liber s'avance devant le rideau.

Ici finit la Comédie Au titre « Les quatre talents », Mais vous pensez qu'en même temps Ne se termine pas la vie.

Vous avez tous vu le tableau Des amours de Minna la folle ; Parce qu'on baisse le rideau Cela n'achève pas son rôle.

Galbo, qui vient de convoler, Est bien un mari que l'on berne...

Mais il saura se consoler Avec du bon vin de Falerne.

Pour notre couple d'amoureux Qui vient de fuir dans la coulisse, Je tais, de peur qu'on ne rougisse, Ce qui va se passer entre eux...

Lubrio, d'un nouveau ménage Bientôt va supporter le lien.

Décidément, ce comédien Ne sait jouer qu'un personnage.

Bien que cela mette en émoi Ma naturelle modestie.

Me faut-il, avant la sortie, De nouveau vous parler de moi ?

Serf, avocat et pédagogue, Faisant les trois quarts du travail.

J'ai, du prologue à l'épilogue.

Toujours tenu le gouvernail.

Minna me doit son alliance.

Les plaideurs, le gain du procès, L'édile Galbo, sa sentence, Et les deux auteurs, le succès.

Ainsi donc, quelle est la morale De la pièce aux <i Quatre talents » ? Nous approchons de la finale, Je puis vous la dire, il est temps...

Le vice nous domine, en somme, (Qu'on ose dire que c'est faux !) On se rend le maître d'un homme En le prenant par ses défauts.

On a le Gourmand par la bouche.

Le Fat avec un encensoir, Comme avec le miel une mouche.

Comme une alouette au miroir.

Donc, si vous voulez plaire aux autres Et les diriger au besoin, Observez leurs torts avec soin.

Mais surtout, cachez-leur les vôtres !

Il suffit, car il n'est pas bon Ici, de faire une homélie :

On acclame une comédie.

On n'applaudit pas un sermon.

Or, sur le devant de la scène.

Je viens, en toute humilité, Suivant la coutume romaine, Dire : « Et nunc, cives, plaudite ! »

Liber salue et sort

5 Avril-14 Mai 191 3.

Adieu, petit livre léger !

Q.ue ton existence soit telle !

Comme la fleur et l'étincelle, Je veux que tu sois passager.

Vois-tu, lorsque la chanson lasse, L'écho presque aussitôt se tait :

Il vaut mieux que ton nom s'efface Tout comme l'ombre et le reflet.

Je ne crois pas à mon génie, Peu me chaut l'immortalité.

Car je puis dire, en vérité.

Je sais lui préférer la vie.

Toi, mon enfant et mon ami, Q.ui contient un peu de ma vie, Je te dédie à l'ironie, A l'indifférence, à l'oubli !

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