‹ Premier congrès des Cercles agricoles Saint-Isidore, laboreur [microforme]Chapitre 31 sur 31 · VUE DE FACE. (1) VUE DE CÔTÉ · texte numérisé non relu

VUE DE FACE. (1) VUE DE CÔTÉ

a de trois pieds en trois pieds de petits blocs en bois, pour empêcher les morceaux du grillage de s'éloigner les uns des autres, qui ne sont pas indiqués dans la gravure. (1)Barrières mobiles glissant l’une à côté de l’autre et retenues une planche (2) placée au bout des divisions entre les parts, aissant la distance ".écessaire au passage des deux barrières. (3) Crèche pour le foin et l'herbe avec boîte en dessous

(1) La crèche (3) est vide du bas d'environ 4 pouces, de manière que le foin puisse êtie tiré parle veau entre la mangeoire et la crèche.

qui empêche l'herbe tirée de la crèche de tomber et de se perdre Cette boîte sert également aux légumes, grain moulu, etc.

(4) Planche mobile que l’on déplace pour que le veau y passe la tête en buvant, le seau étant placé dans l'allée de manière à ne pas être renversé.

Ep. A. BarNann.

MÉMOIRE à présenter au comité d’agriculture de l’Assemblée législative de Québec, et au Conseil exécutif de la province, par un comité de délégués, spécialement chargé de ce faire, à la réunion du ler congrès des CERCLES, à Trois-Rivières.

A une réunion de cultivateurs, d'hommes de profession, de prêtres, etc., amis de l’agriculture, tous réunis en congrès à Trois-Rivières, les 19, 20 et 21 janvier dernier (1887), au nombre de mille personnes environ, il fut statué que les officiers du congrès prépareraient un mémoire expliquant les Résolutions passées à l’unanimité au dit congrès ; — Que ce mémoire serait soumis au gouvernement de cette province et commenté, au besoin, devant le comité de l’agriculture de l’Assemblée législative, et devant le Conseil des ministres.

Ce comité de délégués, nommés à cet effet, a en conséquence l'honneur de soumettre respectueusement ce qui suit :

Production agricole de la province.

Les produits de l’agriculture dans la province de Québec sont estimés, au bas mot, à cinquante millions de piastres (#50,000,000) en moyenne, par année, (Voir: le Recensement, 1881; Documents officiels publiés par un comité d'agriculture, aux Communes, Ottawa, 1884, etc., etc.) .

Ce que nous pourrions produire, et que le commerce, l’industrie, etc., perdent par noire mauvaise agriculture.

Or, tous les hommes compétents s'accordent à dire qu’il serait très possible de doubler, et même de tripler cette production annuelle, si les cultivateurs de cette province connaissaient mieux leur métier. C’est donc environ #$100,000,000 (cent millions de piastres par année) que l’agriculture pourrait facilement produire et livrer au commerce—contribuant ainsi, de la manière la plus puissante, à l'enrichissement certain de toutes les classes de la société dans cette province. En négligeant l’agriculture,—et il est indubitable qu’elle a été grandement négligée, par toutes les classes instruites de la société, et notamment par nos gouvernements et nos législatures antérieurs;=ce sont donc toutes les classes de la société dans cette province qui sont privées de leur part des deux tiers environ de la richesse sociale qui nous appartient el que nous laissons enfouie dans notre sol mal exploité,

L'action des cercles.

Bien que l’action des cercles agricoles soit encore très faible, comparée au bien qu’ils sont appelés à faire dans l'avenir, --quelques curés zélés qui ont donné leur attention à ces créations depuis un certain nombre d'années, tels que les RR.MM. Garon,Montminy, Méthot, Gérin, Béliveau, et bien d’autres, aflirment que les progrès agricoles déjà constatés dans leurs paroisses respectives, et dûs exclusivement à l’action du cercle agricole de paroisse, sont déjà très apparents et représentent, en somme, une source de richesses vraiment considérable.

Et cependant les cercles agricoles, en général, ont été laissés presque entièrement à leurs propres ressources. Certaines autorités agricoles les voient même d’un mauvais œil, si elles ne les combattent pas ouvertement,

L'action des sociétés d'agriculture.

D'un autre côté, on admet généralement que les votes d’argent vraiment généreux de notre Législature, depuis environ 40 ans, en faveur de l’agriculture, sont loin d’avoir produit les avan. tages que l’on avait lieu d’en attendre. Il est même reconnu qu’une partie notable de ces argents, octroyés chaque année, ne produit aucun bon résultat. es ofliciers et représentants des cercles agricoles voient donc avec plaisir le projet de doter notre province d’un département agricole séparé. [ls espèrent qu’à l'avenir, les fonds votés à l’agriculture produiront des résultuts vraiment utiles. Ils souhaitent qu’une surveillance plus constante, plus attentive et plus éclairée que par le passé, soit apportée à la distribution des deniers publics destinés au progrès agricole,

Encourager les cultivateurs qui veulent s'instruire.

Cette délégation des cercles agricoles prend respectueusement la liberté de demander, avec instance, que des encouragements efficaces soient donnés à l’avenir, à cette classe nombreuse de cultivateurs qui cherchent à s’instruire des progrès véritables à réaliser en agriculture, Ces hommes,—soyons-en persuadés,—sont vraiment nombreux. Ils sont disséminés par toute la province. Malheureusement, pour un grand nombre du moins, ils se trouvent en dehors des centres d'action des sociétés d'agriculture existantes. à

Cercles.

Dans plusieurs paroisses, ces hommes de progrès sont déjà groupés, en bon nombre, autour de leur curé, au moyen du cercle agricole paroissial. Dans un grand nombre d’autres paroisses on se dispose activement à former des cercles, surtout si les difficultés existantes peuvent être aplanies.

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Aide pécuniaire à leur donner.

La loi accorde actuellement aux sociétés d'agriculture un octroi net de $666 pa: comté, moyennant une souscription de moitié cette somme. Malgré cet octroi très généreux, un bon nombre de comtés ne retirent qu'une partie de l'octroi en leur faveur, faute de souscriptions suflisantes à la société d'agriculture, L'an dernier, par exemple, la somme ainsi laissée au trésor public a été d'environ un quart de l'octroi total voté à ces sociétés. Or, il est certain qu'un bon nombre de cercles se formeraient immédiatement, si la Législature voulait bien reconnaître leur existence, et leur donner un tout petit encouragement. Il suffirait pour cela d’un amendement à la loi d'agriculture qui permettrait qu’une somme d'environ $50, au maximum, soit payée, —à même les fonds votés aux sociétés d'agriculture du comté,—à toute société de paroisse ou de township (cercle agricole, etc.,) à la condition expresse de s’être conformée à la loi, et d'avoir souscrit une somme au moins égale à l'octroi demandé. Ces argents seraient exclusivement employés aux fins prévues par la loi d’agriculture: Concours d'animaux et de fermes les mieux tenues ; achat de reproducteurs améliorés, etc., etc.

Les cercles aideront les sociétés d'agriculture.

Aujourd’hui, dans la plupart des comtés, on est encore obligé, pour maintenir les sociétés, —après quarante années d'existence, —d'offrir aux cultivateurs /a moilié de leur souscription à la société, en graines de mil et de trèfle. Or, il n’y a guère de cultivateurs qui ne puissent se faire eux-mêmes, sans difficulté et sans frais, toutes les graines fourragères dont leurs terres ont besoin. On éviterait ainsi l'introduction dans nos paroisses d’une multitude de mauvaises graines qui, souvent, ruinent complètement nos prairies et nos pâturages. En tous cas, par le système actuel, dans un grand nombre de comtés, on obtient assez difficilement une piastre de souscription (en dehors du retoyr en graine) pour retirer du gouvernement, de fait, quatre piastres en primes ! Ce simple énoncé,—sans compter les fraudes nombreuses constatées officiellement, —prouve jusqu’à quel point nos sociétés d’agriculture sont encore peu populaires, et fonctionnent difficilement,

Ce qu'ont fait les cercles par le passé.

Or, partout où les cercles agricoles ont été créés, ils sont devenus les meilleurs auxiliaires des sociétés d'agriculture. Dans certains cercles de paroisse, sans recevoir un sou d'octroi publie, on a acheté et distribué aux membres du cercle,au moyen de leurs propres souscriptions, plus de graines fourragères et de semences améliorées que n’en distribuait la société d'agriculture toute entière, Ce n’est donc pas pour l’achat de graines fourragères que les cercles demandent un octroi modeste. Ce qu'ils veulent, c’est d’être en mesure de comparer.entre eux leurs meilleures pratiques agricoles ; d'essayer des:choses encore nouvelles pour eux, mais qui lex: ont recommandées par des hommes tout à

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fait compétents qui connaissent leurs besoins, Ces cultivateuts sont prèts à faire, —comme par le passé,—des sacrifices personnels considérables, afin de s’instruire eux-mêmes en agriculture, et surtout, afin d'attacher au sol et à sa culture des enfants qui, trop souvent, sont entrainés par les routiniers qui les entourent à décrier l’agriculture, et à prôner l’émigration à l'étranger.

Ce qu’ils demandent.

Ce que demandent donc les cercles, c’est une faible portion des argents actuellement votés en faveur de l’agriculture. Ils sont en mesure de garantir, —par leur passé, —qu'ils entendent encourager le plus possibie, et rechercher de toutes leurs forces, les véritables progrès agricoles à réaliser ; enfin, que ces octrois entre leurs mains serviront au bien public.

Il est certain que les cercles agricoles seront toujours, quoi quan ea ait pu dire, le meilleur appoint à apporter aux sociétés

’agricuiture du comté; aux expositions provinciales et de district, etc., etc. Les cercles assureront nécessairement la vitalité des sociétés d'agriculture, et ils finiront par y faire disparaitre bien des abus, dont on se plaint avec raison, trop souvent, dans un certain nombre de comtés.

Manque de conférenciers.

Il est peut-être utile d’ajouter que les cercies ne sauraient pas exister sans la visite et l'inspection de conférenciers vraiment instruits des besoins de notre agriculture. On s’est plaint à Trois-Rivières que par le passé, hien que le gouvernement se soit engagé à envoyer des conférenciers sur demande, un grand nombre de semblables demandes n’ont pas été agréées. On espère qu'à l’avenir des mesures seront prises pour que des conférenciers vraiment compétents soient à la disposition des cercles qui en feront oflicieilement la demande,

* L'enseignement agricole à donner.

Les représentants des cercles, et en général, les amis de l’agriculture réunis en si grand nombre à Trois-Rivières ont aussi étudié, d’une manière toute spéciale, la question, si importante, de l’enseignement à donner à cette partie de la classe agricole de cette province que veul s'instruire. Ts ont constaté que l’enseignement de la pratique agrcole est, ici, encore à ses éléments, et que cet enseignement,—en dehors des journaux et des conférences, —s’est adressé uniquement à de très jeunes gens, dont un nombre assez considérable ne,se livrent jamais à la pratique de l’agriculture.—

Ferme d'expérimentation à Trois-Rivières.

Les délégués des cerclestont étudié de visu les rudiments d’une œuvre d'éducation agricolettrès importante et qui attire déjà les cultivateurs, par centaines; Comme visiteurs intéressés. Un grand

nombre de délégués se sont donné la peine de visiter, près des Trois-Rivières, la ferme d’expérimentation et de démonstration créée depuis deux ans seulement. Cette œuvre,—toute individuelle jusqu'ici, —est la continuation des études sérieuses mais pratiques qui ont été poursuivies à Varennes, depuis la publication officielle d’un journal d'agriculture, en 1869, dont M. Barnard était le directeur, Ces études, essais, et démonstrations ont été continués depuis cette époque avec une persévérance et un dévouement dignes d’éloges, Cette œuvre, toute personnelle jusqu'ici mérite d’être mieux connue et devrait même être faite aux

épens du public, à l'avenir. Des personnes généreuses et très haut placées offrent même d'y contribuer de toutes leurs forces, au prix des plus grands sacrilices, afin d'en faire une œuvre publique, surtout de charité, au profit exclusif de notre agriculture provinciale,

Détails sur cette ferme de démonstration.

Cette ferme, de démonstration etc, consiste actuellement en 280 acres de terres très variées et accidentées, quant au sol, et son exposition, etc. On s’est même assuré d’avance d’un total de 500 arpents de terre; au cas de besoin. Les constructions agricoles y sont déjà considérables, et tout à fait intéressantes

r l’utilisation vraiment économique que l’on a su en tirer. Une

eurrerie avec centrifuge à vapeur et une fromagerie modèles y sont déjà instailées et peuvent dès aujourd’hui servir d'école, Le bétail est nombreux et très bien choi.. * toutes les cultures sont faites en vue de l’enseignement à donner des meilleures pratiques agricoles.

L'installation a été faite, jusqu'ici, en vue de la production exclusive du beu:re, du fromage et des animaux, parce que ces produits sont ceu : qui se vendent actuellement avec le plus de profit et a épuisent le moins le sol,

n y a remarqué l'attention apportée aux soins les plus minutieux des fumiers ; à la nourriture la plus utile et la plus économique du bétail; le nombre vraiment considérable d'instruments aratoires très peri>ctionnés ; le soin particulier donné à l’entretien des chemins doubles, d'hiver et d'été, d’après un procédé nouveau, parfaitement économique, etc., etc. Cette exploitation, bien qu’à ses débuts seulement, faite jusqu'ici au moyen de ressources pécuniaires très restreintes, mérite certainement toute l'attention et la bienveillance de la Législature de cette province, et du public en général.

Projet complet d'enseignement agricole.

Les fondateurs de cette œuvre se proposent d’en donner la direction à des religieux et à des religieuses, formant deux établissements spéciaux : Celui dés hommes et des jeunes gens ; et celui des femmes et des filles. es religieux, très instruits, seraient parfaitement compétents ‘en matières agricoles, horticoles, fruitières etc., dans toutesleurs branches, Dans la partie des femmes, surtout, on enseigñerait l’économie domestique, la plus complète et la plus variée; mécessaire aux besoins de nos

exploitations rurales. On ferait de plus, dans cet établissement vraiment modèle, l'exploitation de nos forêts ; le drainage; l'irrigation ; l'aménagement des eaux perdues ; la pisciculture, etc., etc. On y ferait de plus une spécialité des cultures marai. chères, en vue d’exploiter toutes ces matières fertilisantes généralement perdues dans les environs de nos villes et de nos villages, et cette dernière exploitation se ferait en faveur de l'hygiène, aussi bien que du profit à en retirer,

Hôtellerie pour la réception des cultivateurs.

Et afin d'encourager tout spécialement à cette œuvre les ouvriers agricoles, de tout âge et de toute condition, on se propose d'ouvrir une hélellerie, où les cultivateurs seront reçus comme on le fait dans certaines communautés religieuses en Europe ; où ils pourront y passer le temps qu'ils jugeront nécessaire à la complète utilisation de leur visite, moyennant une obole légère donnée à l'œuvre.

Ecole des ouvriers.

De plus, la main-d'œuvre serait donnée, de préférence, à de jeunes culti7ateurs, etc, aptes mais pauvres, qui pourraient ainsi, tout en gagnant leur vie, se perfectionner dans une ou plusieurs branches d’exploitation rurale etc., de manière à devenir des ouvriers tout à fait habiles, et nécessairement recherchés, à leur sortie de l’établissement,

Ecole des jeunes gens à l'aise.

Er) on se propose d’y recevoir les jeunes gens de bonne famille qui voudront s’instruire à fond dans l'agricuiture et qui pourront subvenir eux-mêmes aux frais de leur instruction.

Œuvre éminemment de charité.

Cette œuvre sera de fait toute de charité, Déjà des souscriptions particulières font que la propriété mentionnée plus haut, avec toutes ses dépendances, bétail, outillage, etc., appartiendront sans redevance aucune, à l’œuvre, du moment qu’une aide suftisante aura été assurée pour lui donner vie et un commencement de succès, Le public fera sans doute sa part, pourvu que la Législature elle-même, après avoir étudié à fond ce projet, veuille bien lui ussurer son concours. Le comité délégué des cercles agricoles a été chargé tout spécialement de recommander chaleureusement cette œuvre à la Législature, et il s’empresse de solliciter respectueusement, par les présentes tout le concours que l'excellence de ce projet mérite.

Les journaux officiels d'agriculture.

Enfin, le comité spécial délégué des cercles agricoles a été également chargé d’attirer Mattention de la Législature sur l’utilité

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des jourraux ofliciels d'agriculture ; la nécessité de les répandre le plus possible ; et sur le bien que font, et que sont appelés à faire, dans l'avenir, les rédacteurs de ces journaux, tant comme écrivains que comme conférenciers.

Le directeur de l'agriculture et le conseil d'agriculture.

Les délégués des cercles n’ont pu s'empêcher d'admirer, et de louer hautement, les efforts si désintéressés que n'a cessé de faire le directeur de l’agriculture, et des journaux d'agriculture afin de répandre, par tous les moyens en son pouvoir, un bon enseignement agricole dans cette province. Ces délégués se sont donc grandement étonnés du fait, assez étrange sans doute, que le directeur de l’agriculture de cette province ne forme pas même partie du conseil d'agriculture ! Les délégués des cercles agricoles réunis à Trois-Rivières ont exprimé, à l'unanimité, l'espoir que cette anomalie n'avait qu’à vous être signalée pour la voir bientôt cesser.

Conclusion.

Le comité de délégués croit avoir maintenant complété sa tâche, en soumettant devant la Législature, le plus respectueusement qu’ils ont pu le faire, les besoins très pressants de notre agriculture, et ce comité fera observer que toutes les demandes qui précèdent ont été proposées avec chaleur et entrain et passées de même, à l’unanimité absolue de la réunion vraiment imposante des cultivateurs et délégués, qui s'étaient donné rendezvous, à leurs propres frais, à Trois-Rivières. Ce comité ose donc, en terminant, exprimer l'espoir que ces justes et pressantes réclamations de notre agriculture provinciale, —en souffrance,—recevront votre considération immédiate.

Québec, 19 avril 1887.

8, Garon, Ptre, Président du ler congrès des cercles. Ta, Monrminy, Ptre, Vice-Président do do Ep.-A. BarNaRD, Secrétaire do do

-X.-P. LARuUE, M.D,., M.C.L.

re 4 eue Délégués 4 du

P. TARDIVEL, : spéciaux

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