‹ Premier livre de lecture des écoles BerlitzChapitre 64 sur 69 · PHILAMINTE · texte numérisé non relu

PHILAMINTE

Hé! messieurs, que prétendez- vous- faire?

TRISSOTIN (à Vadius), Va, va restituer tous les honteux larcins Que réclament sur toi les Grecs et les Latin

VADIUS

Va, va-t-en faire amende honorable au Parnasse D'avoir fait à tes vers estropier Horace.

TRISSOTIN

Sojiviens-toi de ton livre et de son peu de bruit.

VADIUS

Et toi, de ton libraire à l'hôpital réduit.

TRISSOTIN

Ma gloire est établie, en vain tu la déchires.

VADItJS.

Oui, oui, je te renvoie à l'auteur des Satîres.

TBISSOTIN.

Je t'y renvoie aussi.

VABIUS.

J'ai îe contentement Qu'on voit qn'il m'a traité plus honorablement. Il me donne en passant une atteinte légère^ Parmi plusieurs auteurs qu'au palais on révère. Mais jamais dans ses vers il ne te laisse en paix, Et Ton t'y voit partout être en butte à ses traits.

TRISSOTIN

C'est par là que j'y tiens un rang plus honorable. Il te met dans la foule ainsi qu'un misérable ; Il croit que c'est assez d'un coup pour t'accabler, Et ne t'a jamais fait rhonneur de redoubler. Mais il m'attaque à part, comme un noble adversaire Sur qui tout son effort lui semble nécessaire, Et ses coups, contre moi redoublés en tous lieux, Montrent qu'il ne se croit jamais victorieux.

VADIUS

Ma plume t'apprendra quel homme je puis être.

TRISSOTIN

Et la mienne saura te faire voir ton maître.

VADIUS

Je te défie en vers, prose, grec et latin.

TRISSOTIN

Eh bien! nous nous verrons seul à seul chez Barbin.

Molière*

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