MIAMIS, OUABACHE, OUISCONSIN, SIOUX
line et au bas du Mississipy pour y porter les pelleteries, elle députa MM. d'Auteuil et Peré pour aller à Montréal proposer à MM. de Callières et de Champigny les remèdes, qu'ils crurent estre les plus propres pour s’y opposer.
Ces remèdes sont d’establir quelques postes sur les passages, sçavoir : un aux Miamis et à la rivière d'Ouabache, dans le lieu où elle se descharge dans le Mississipy,'ce qui serviroit de borne entre la colonie du Canada et celle qui s'establit au Mississipy; d'autant plus qu’on va par là chez les Anglois à la Caroline, et qu'ils peuvent de mesme venir sur nos terres. Un autre à Ouisconsing et le dernier aux Sioux, le commerce de ces nations ayant tousjours esté fait par le Canada, et afin que ces Sauvages, tr uvant, dans ces lieux, à satisfaire leurs besoins et les France”: qu'ils ayment, abandonnent la pensée d’aller chez les estrangers.
Et enfin d’empescher que le sieur Le Sueur ne continue de traiter avec les Sioux.
Par ces establissemens le fort du Détroit pourroit servir d’entrepost pour tous les effets, et les François qui y seroient inspireroient aux Sauvages qui ne viennent pas à Montréal de porter leurs pelleteries au Détroit, ce qu’ils ne manqueroient pas de faire, d'autant plus volontiers que le voyage est aussy facile et plus court que d’aller à la Caroline et au bas du Mississipy, et par ces moyens on rassembleroit tout le commerce des pelleteries qui appartient à la Colonie.
Leur veue n’est pas de multiplier le castor, puisqu'ils en sont surchargez par la quantité et la qualité, mais que les commis de la Compagnie inspirent aux Sauvages l’espèce de pelleteries qui sera la meilleure et la manière de la préparer.
Ils espéroient mesme d'interrompre pour quelque temps cette grande quantité de castors qui est à charge; on en aboliroit les qualitez et faciliteroit le débit des amas, qui sont en France dans les magasins de la Compagnie.
MM. de Callières et de Champigny ont esté persuadés de la nécessité et de l'utilité de ces establissemens, mais ils n'ont pas jugé à propos de les promettre, pour ne pas contrevenir à la défense des congez. Cependant ils représentent que l’inconvénient, qu'ils prévoyent, demande un prompt secours, de crainte que, si les Sauvages prennent une fois le party d'aller chez les Anglois, on ne puisse pas les faire revenir, et, en ce cas, tous les castors qui sont en France tomberoient en pure perte pour la compagnie de la Colonie, les Anglois pouvant, par ce moyen, en envoyer en Europe et le donner à beaucoup
meilleur marché, ne payant pas le droit de quart.