‹ Première formation d'une chaine de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le Golfe du Mexique (1683-1724) [microforme] (volume 2)Chapitre 156 sur 267 · UNE TROISIÈME AUX NATCHEZ · texte numérisé non relu

UNE TROISIÈME AUX NATCHEZ

Mémoire des avantages que la Louisiane pourroit retirer en faisant descendre les Canadiens qui s’estoient establis au Détroit.

(Joint à la lettre de M. de Rémonville.)

6 Septembre 1710.

Rien ne peut tant contribuer à l’establissement de la Louisiane qu'une peuplade suffisante pour engager les naturels du Pays, qui sont assez noinbreux pour former une grande et superbe colonie, quand ils seront incités par une bonne et sage conduite de ceux qui en seront chargés.

En attendant que le Roy soit en estat d'envoyer un nombre de colons suffisant pour remplir cette idée, il n’y en a point de plus courte et de moindre dépense que d'envoyer les Canadiens qui sont au Détroit, si Monseigneur a résolu de les en tirer pour les faire retourner en Canada.

Cette dernière colonie est assez solidement establie pour qu'un aussy petit nombre de gens ne luy puisse estre d'une grande utilité, ny l'affoiblir quand elle ne l'aura pas, d'autant plus que ce sont gens qui en sont déjà séparés et

dont cette colonie ne s'est pas aperçue, au lieu que ce seroit V, 24

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un renfort pour celle de la Louisiane, qui ayderoit beaucoup à son establissement parce que peu paroist beaucoup, où il n'y a quasy rien.

Si Monseigneur ne jugcoit pas à propos de faire descendre ces Canadiens jusqu'à la Mobile, Sa Grandeur pourroit en faire venir une partye à l'embouchure de la rivière d'Ouabache sur le Mississipi, pour y préparer un establissement, qui ne seroit pas avec le temps d'une médiocre considération, tant à cause des mines de cuivre abondantes qui sont dans cette rivière et de celles de plomb qui en sont très voisines, que dela grande chasse des bœufs qu'on y pourroit faire. Un autre establissement aux Natchez, y jeteroit les fondemens de celuy qui doit estre un jour le siège de la colonte, si on veut respondre à l'idée que je ne doute pas que Monseigneur ne s’en soit formée, si Sa Grandeur a intention d'en faire quelque chose de grand, pendant que du costé de la mer peu à peu on y passera des habitans de France, autant que les temps le pourront permettre, sans que cela fasse aucun éclat au dehors, que lorsque cette colonie sera en estat de soutenir une insulte, si les ennemis du Roy s'en avisoient et cela avec une dépense imperceptible, ce que j'exécuteray, si Monseigneur continue de m'honorer de ce soin.

RÉMONVILLE.

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