CHASSE
irchands des mare pour y uiette et uite, qui officier plusieurs ercer, y leux, en ournant empese et de ent avec ergent y jusqu’à ion des d'Artauy con-
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seilla d'attendre au lendemain de grand matin pour surprendre ces libértins de Canadiens dans leur lit. Ce sergent envoya la nuit nous avertir de nous en venir aux Illinois et d'apporter toutes nos marchandises, qui estoient dans les deux canots où nous estions. Nous y arrivasmes deux heures avant le jour, mais, soit qu’ils fussent avertis, soit autrement, les Canadiens estoient partis depuis ia veille, de sorte que nous n'en trouvasmes aucun. Nostre sergent fut d’avis de rester quelque temps aux Illinois ou pour les attendre, ou parce qu'il en avoit peut-estre l’ordre, à cause que les vivresestoient beaucoup diminués à la Mobile. Nous restasmes donc quatre mois chez les Illinois, et nous y vécusmes en eschangeant des marchandises contre leurs denrées, qui sont à très-bon marché chez eux.
Les Kaskaskias Illinois sont fort laborieux et adroits dans la culture des terres; ils les labourent avec la charrue, ce qu'on n’a point fait encore ailleurs, par tout le bas du Mississipy. — Ce sont les RR. PP. Jésuites qui leur en ont donné la connoissance, il y a plus de soixante ans, dès le temps qu’ils demeuroient auprès du lac Pimiteouy, où ils estoient descendus par le Canada chez ces Illinois, qu'ils ont presque tous convertis à la religion catholique.
Le pays où ils sont establis présentement est un des plus beaux de toute la Louisiane et des meilleurs pour la fertilité du terroir. Il y vient du bled aussy beau qu'en France, et de toute espèce de légumes, racines et herbages; ils ont aussy de toutes sortes de fruits d’un excellent goust. C’est chez les Illinois {que l'on trouve les plus belles prairies du bord du Mississipy; ils y mettent paistre des chevaux, qu’ils vont acheter chez les Cadoüaquioux en eschange des
marchandises. Ils ont dans ces prairies beaucoup de bestiaux, comme bœufs, vaches. Il y a pareillement chez eux beaucoup de volailles de toute nature; ils ont en outre la pesche dans la rivière où ils sont et dans le fleuve de Mississipy, à deux lieues de leur village, où ils prennent beaucoup de poisson, de sorte qu’ils ne manquent de rien de ce qui est nécessaire et commode à la vie.
Ils ont, proche leur village, trois moulins pour moudre leurs grains, sçavoir : un moulin à vent, appartenant aux RR. PP. Jésuites, qui est fort employé par les habitans, et deux autres moulins à cheval, que les Illinois possèdent en propre.
Les femmes des Illinois Kaskaskias sont très-adroites ; elles filent ordinairement du poil de bœuf sauvage, qui est fin comme une laine de mouton d'Angleterre. Cette laine est filée aussy fine que la soye et est très-blanche. C’est avec quoy elles se font des estoffes qu'elles teignent en trois couleurs, comme noir, jaune et rouge foncé. Elles s’en font des robes, qui sont à peu près comme les robes des femmes de Bretagne , ou autrement comme les robes de chambre de nos dames de France, qui traisnent jusqu’à terre, et au col desquelles seroit cousue une coeffe qui couvriroit la teste ; elles ont, par-dessous, une jupe et un corset qui vient jusqu’à moitié les cuisses. Elles cousent avec du fil de nerf de chevreuil, qu’elles font de cette manière : quand le nerf du chevreuil est bien descharné, elles le font sécher deux fois vingtquatre heures au soleil, et, après l’avoir un peu battu, elles tirent le fil de nerf aussy fin et aussy blanc, que le plus beau fil de Maline, quoy que cependant très-fort.
Les Illinois aiment fort la bonne chère et se festinent très-
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nent très-
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souvent les uns les autres; leur meilleur mets est la chair de chien ou loup privé, qu'ils élèvent dans leur village.
La plus grande partie des Illinois sont chrestiens catholiques. Ils ont dans leur village une église fort grande, où il y a un fonts baptismal. Cette église est fort propre en dedans; il y a trois chapelles, la grande du chœur et deux à costé, Ils ont un clocher avec une cloche; ils assistent fort régulièrement à la grand’messe et aux vespres. Les RR. PP. Jésuites leur ont traduit les psaulmes et hymnes de latin en leur langue.
Les Illinois, soit à la messe, soit à vespres, chantent alternativement un couplet avec les François qui demeurent chez eux : par exemple, les Illinois chantent un couplet de psaume ou d'hymne en leur langue, et les François le couplet suivant en latin, ainsy du reste et sur le ton qu’on les chante en Europe, parmi les chrestiens catholiques.
Pour ce qui regarde leurs mariages, quand un François ou un Illinois a dessein d’espouser une de leurs filles, il envoye un présent, selon son pouvoir, au frère de la fille, parce que ce n'est ny le père ny la mère qui peuvent marier la fille, quand ils ont un garçon; mais c’est du consentement du fils, frère de la fille, que dépend tout l'accord du mariage. Le prétendu envoye donc ordinairement au frère de la fille, sans luy avoir souvent parlé, un présent selon son pouvoir ; si le frère le reçoit et qu’il y consente, il envoye prier ses parens de venir à la maison et leur demande conseil, s’il fera bien de donner sa sœur en mariage à ce prétendu qui la demande. Si les parens en font mention comme d’un honneste homme, alors le frère donne à chacun des parens une portion du présent que le prétendu luy a envoyé, et les parens, dès le jour
mesme, envoyent au frère de la fille un présent plus considé-
rable que celuy qu'ils ont receu. Quand le frère a receu tous les présens de ses parens, il les fait porter aussitost chez le prétendu, et le lendemain le prétendu vient saluer son frère et le père et la mère de la fille. Ils vont ensemble chez les RR. PP. Jésuites pour se faire escrire sur le registre du mariage. On publie trois bans par trois dimanches ou festes consécutifs, et on les marie ensuite à la messe, comme on fait en France. Le prétendu doit faire ordinairement la nopce chez luy, mais la veille tous les parens qui doivent s'y trouver envoyent une pièce de viande au prétendu, et le lendemain ils conduisent à la sortie de l'église le marié chez luy avec sa femme où se fait le festin de la nopce, qui dure approchant jusqu'à la nuit avec des danses à la manière du pays. Si, au contraire, le prétendu qui a envoyé le présent n'est pas accepté, on luy renvoye son présent dès le mesme jour.
Siles parens chrestiens en France usoient à l'esgard de leurs proches, dans le temps du mariage, de la mesme charité que ces Sauvages catholiques exercent envers leurs parens, en leur envoyant à la place d’un petit présent qu’ils ont receu un autre beaucoup plus considérable, ce qui leur sert pour leur establissement et pour les maintenir dans leur estat, on ne verroit point en France tant de pauvres familles honteuses réduites à la mendicité. Il n’yauroit pas tant de filles, mesme de bonne famille, renfermées, malgré elles, dans un cloistre, où elles attirent la pluspart, par leurs murmures et leur désespoir, la malédiction du Ciel sur elles et sur ceux qui les ont forcées d'y entrer.
Pour ce qui est de leurs guerres, ils sont très-braves et se servent du fusil et de l'arc. — Ils ne sont point inhumains comme le reste des Sauvages envers leurs prisonniers. S'ils
eu tous chez le on frère les RR.
nariage.
sécutifs, France.
ay, mais nvoyent ils cona femme asqu'à la ontraire, :, on luy
| de leurs arité que rens, en receu un bour leur tt, on ne onteuses , mesme cloistre, r déses-
i les ont
ves et se humains ers. S'ils
prennent de jeunes enfans, ils les élèvent dans leur village, les faisant instruire par les Révérends Pères Jésuites dans la religion catholique ; si ce sont des hommes capables de leur nuire ou des vieillards, ils leur cassent la teste.
Ils vont ordinairement à la chasse avec l'arc. Quand ils ont tiré leurs flesches sur un bœuf sauvage, qui, en s'enfuyant, les emporte souvent attachées sur le corps, ils sont si vifs et si légers qu'ils les attrapent à la course, et, en passant à costé du bœuf, ils luy arrachent en courant les flèches qui y tiennent, dont ils se servent plusieurs fois à tirer sur le mesme bœuf, jusqu’à ce qu'il tombe. A l’esgard de la chasse de l'ours ou du chevreuil, ils s’y servent de fusils. Ils ont un endroit de chasse, où il y a toute sorte de gibier en quantité, qui a près de quatre-vingts lieues de long. Il aboutit vers le Canada.
Au bout de quatre mois nous descendismes à la Mobile, où nous ne trouvasmes plus M. d'Artaguiette, qui estoit party pour retourner en France.