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RELATION DE PÉNICAUT, 51 Orléans, M. Pailloux, afin d'y faire continuer les travaux. Il résolut avec M. de l'Espinay, d'un commun accord, de faire sonder les passages de l'entrée du Mississipy, pour tascher d'y faire entrer le Neptune, tout chargé de munitions et des marchandises qu'il avoit apportées de France, avec les troupes qui estoient dessus, On sonda les trois bras de l'embouchure de ce fleuve, et le plus estroit, qui est à la droite de son embouchure, fut trouvé le plus profond, ayant treize pieds d'eau, ce qui estoit plus que suffisant pour y passer ce vaisseau, qui remonta jusques à la Nouvelle-Orléans, où il arriva à bon port. Il y est entré depuis de beaucoup plus forts bastimens qui abordent à raze terre la Nouvelle-Orléans.
M. le commissaire Hubert alla aussy, dans le mesme tems, à la Nouvelle-Orléans par le lac de Pontchartrain, dans lequel tombe une petite rivière, qu'on a nommée depuis ce tems la Rivière d'Orléans. On la remonte depuis le lac jusques à cette place, à trois quarts de lieue près.
Quelques jours après que M. Hubert y fut arrivé, il choisit un endroit à deux portées de fusil de l'enceinte de la Nouvelle-Orléans, du costé de la petite rivière du mesme nom, où il fit bastir une très belle maison. Il vint aussy plusieurs familles, qui demeuroient à l’isle Dauphine, s'establir à la Nouvelle-Orléans. MM. de l'Espinay et de Bienville y envoyèrent beaucoup de soldats et d'ouvriers pour y avancer les travaux; ils envoyèrent ordre à M. Pailloux d'y ! re faire deux corps de cazernes, assez grands pour pouvoir loger chacun mil hommes de troupes, parce qu'il en devoit
arriver, cette année, beaucoup de France, outre quantité de familles pour des concessions aux environs, comme cela
cut lieu en effet.
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Au commencement de Mars, arrivèrent à la rade de l’isle Dauphine deux vaisseaux, l’un nommé la Duchesse de Noailles, commandé par M. de La Salle, et l’autre, une flûte nommée la Marie, commandée par le capitaine Japy. Il y avoit au moins dans ces deux vaisseaux cinq cens personnes pour rester dans le païs, tant officiers que soldats et autres personnes, qui estoient venues pour obtenir des concessions, qui furent establies de cette année.
La première concession fut celle de M. Pâris Duvernay, dirigée par M. Dubuisson, qui avoit amené avec luy monsieur son frère et ses deux sœurs, avec vingt-cinq personnes et quantité d'effets ; elle fut placée à vingt-huit lieues au-dessus de la Nouvelle-Orléans, sur le bord du Mississipy, à la gauche en montant, dans le vieux village des Bayagoulas. Outre la culture des terres, ils y establirent une manufacture de vers à soye; c'est pourquoy ils y firent planter quantité de jeunes plants de meuriers.
Celle de M. de Mœuve, dirigée par M. de Laire et ses deux neveux, avec deux autres personnes, nommées MM. de Chastan et de la Roue, qui avoient quatre-vingts hommes, tant ouvriers que domestiques. Elle fut placée à onze lieues par delà la Nouvelle-Orléans, à la gauche du Mississipy, en montant, dans l’ancien village des Tinssas.
Celle de MM. Brossart, marchands de Lyon, qui y vinrent eux-mesmes; ils n’avoient que dix personnes avec eux. Elle fut establie au village des Nassitoches, soixante-six lieues plus haut que la Nouvelle-Orléans, en montant à la gauche, jusqu'à l'embouchure de la rivière Rouge, dans laquelle il faut entrer et remonter encore soixante-dix lieues pour arriver aux Nassitoches.