MISSILIMAKINAK ET LES PAYS VOISINS
Lettre du Père Enjalran à Lefèvre de La Barre,
Souverneur de la Nouvelle-France.
Missilimakinak, 26 aoust 1683,
Les lettres précédentes! vous auront f:
ait connoistre que ces Messieurs qui sont chargés de vos ordres, ct qui ont tous
un véritable désir de respondre
à vostre vigoureuse conduite pour la protection de ceux qui vous seront fidelle
ment des rebelles, avoient déjà prév leur ordonniés touchant les Poute tost ou tard
s et le chasti-
nu eñ partie ce que vous
atamis, qui asseurément, » auront besoin d’estre humiliés. M. de La
1. Il y cest fait allusion, volume Il, page 332, Celle-ci sera reproduite littéralement,
Durantaye, d'abord après son arrivée, avoit député en diligence vers la Baye pour ensuite prendre des mesures, selon qu'on apprendroit de l'estat des choses que nous avions à craindre de la mutinerie et insolence de ces peuples. Si les canots qu’on attendoit de M. Duluth eussent esté icy, peutestre eust-on fait quelque chose de plus eflicace que n'aura fait M. de La Durantaye, passant seul de ce costé-là avec ses gens, pendant que Monsieur le chevalier de Baugy passoit d’un autre costé affin de rencontrer le sieur de La Salle, s’il venoit par le mesme costé qui est le plus court. C’est pourquoy ayant veu toutes vos pensées sur les advis divers que vous avez receus de l’estat de ces nations, nous avons jugé avec M. Dul:th qu’il seroit bon de se servir de l’occasion de ses gens, qu’il envoye aux Nadouessis par la Baye, et à qui d’autres personnes se sont jointes. Il est donc parti depuis le huictiesme du courant, avec une trentaine de personnes. Ils devoient aller jusques à la maison de Saint-François-Xavier, qui est dans le fond de la Baye, et laisser là leurs marchandises pour aller ensuite en estat de guerrier parler aux Pouteatamis et leur faire connoistre en partie le ressentiment qu'avoit eu le nouvel Onontio de leurs assassinats passés et de la mauvaise disposition qu’ils tesmoignent avoir pour les François qui viennent dans leur païis, inspirant leur esprit de mutinerie aux autres nations. C’est la politique du misérable Ounanghissé, que, pour se mettre à couvert, il engage les autres dans son party, et quelle bonne volonté qu'iltesmoigne, il ne faut pas douter qu'il ne porte les Ilinois, Miamis et autres à se passer des François, leur faisant espérer que luy et ses adhérents leur fourniront les marchandises. C’est pourquoy nostre maison luy fait ombrage, croyant que cella favo-
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