M, DE SAINT=DENIS REÇOIT LE BREVET DE CAPITAINE ET DE COMMANDANT
> soldats Ë :
, js DU FORT DES NASSITOCHES, aux qui FE IX situcz h (1722) ie orientale LA ; : | fie mots: de FA Au commencement de cette année, M. Hubert, commis- Re là saire ordonnateur, partit de la Nouvelle-Orléans, où il demeu- A avoit roit, pour monter aux Natchez; il y fit conduire en mesme «y. Ce qui Li Ë ï < luspart des ha tems huit bateaux chargez de marchandises et de ses effets.
ns pouvoir
Pre
oit dans ce Il y avoit avec luy toute sa famille avec soixante domestiques | Hate ë qu'il avoit emmenez de France; M. de Montplaisir, chef des "es dans 1e F
historique 4 Cleracs!, qui avoit ordre de la Compagnie d’establir une ma-
ux, par le +4 sas ; | nufacture de tabac dans la Louisiane, y monta pareillement
par la mesme commodité avec trente ouvriers en tabac. Ils
rencontrèrent en montant M. de la Harpe, Malouin, qui des-
cendoit des Cadodaquioux, d'où il revenoit d’establir sa con-
cession pour aller au Biloxy et de là en France. M. Hubert,
LA 1. Ouvriers de la manufacture du tabac, établie sur le territoire de Clérac ne. (Charente-Inférieure).
en revenant aux Natchez, alla loger avec toute sa famille chez M. de la Loire, directeur des magazins, et le lendemain il y fit transporter toutes les marchandises de la Compagnie et ses effets; il fit réserver deux des plus grands bateaux, chargez de marchandises et de munitions de guerre, qu'il fit partir le lendemain pour les envoyer à M. de Boisbriand aux Illinois.
Quelques jours après que M. le commissaire Hubert se fut reposé aux Natchez, chez le chevalier de la Loire, il fut visiter le terrain des environs. Il trouva un endroit proche la petite rivière des Natchez, à une demy-lieue du grand village, qu'il choisit pour s’y faire bastir une fort grande maison par des charpentiers qu’il avoit emmencz de France, outre plus de vingt ouvriers de différens métiers. Il establit les terres qu'il choisit pour sa concession autour de sa maison. Ces terres aboutissoient d’un bout jusqu'à une lieue de là où estoit le fort de Rosalie, que M. de Bienville avoit fait bastir et où nous tenions garnison françoise, et, à l’autre bout, tant qu'il voulut s'étendre dans les prairies. I] fit labourer ses terres de la mesme manière avec des charrues qu'il avoit eu soin de faire apporter de France, et y fit semer du bled françois qui y vint aussy beau que le plus beau bled de France. Cette concession est une des plus agréables des bords du Mississipy, car M. Hubert l’augmenta d’un moulin à eau pour y moudre du grain. Il s'estoit précautionné à cet effet de faire apporter de France plusieurs meules de moulin; de plus, il avoit parmi ses ouvriers un garçon meunier fort entendu. Ce moulin fut employé dès cette année pour les troupes et pour les Sauvages, qui y apportoient en foule leurs grains, ce qui rendoit cette concession très-riche. Il fit aussy bastir sur cette rivière un moulin à forge, pour y faire travailler un armurier
Ru D SL
RELATION DE PÉNICAUT. 575 | famille
idemain
et un taillandier qu'il avoit emmenez et qui servirent beau-
coup dans le païs, tant pour les armes que pour faire des socs | agnie et de charrue et autres ouvrages de fer. chargez M. le commissaire Hubert donna en mesme tems, une lieue plus loin, à M. de Montplaisir une habitation fort belle et fort commode, pour y faire travailler ses trente ouvriers
en tabac. Cette manufacture réussit très-bien, car ils en firent
partir le Illinois.
rt se fut
quatre François qui furent assassinez par les Natchez en 1713, M. lecommissaire Hubert en escrivit a M. de Bienville, qui luy envoya, au bout de quelque tems, la grâce qu’il avoit demandé qu’on accordast au chef de la Terre Blanche, Les Natchez en furent si réjouis que le grand chef noble ordonna une grande
ant qu'il
erres de | soin de
it visiter LA dés la seconde année plus de cent mille livres. la petite 4 Les chefs nobles des Natchez, voyant M. le commissaire ge, qu'il 4 Hubert establi proche leur village, vinrent tous ensemble luy par des 4 chanter le calumet de paix en grande cérémonie. Ils le plus de ë prièrent ensuite d'obtenir de M. de Bicnville la grâce du chef res qu'il | de la Terre Blanche à qui ce gouverneur avoit fait défendre :s terres 4 | de paroistre dans leur village, sous peine d'avoir la teste cassée, estoit le “| si on l'y arrestoit, pour avoir trempé dans le meurtre des ir çt où ï QE
çois qui
e. Cette ci feste de danse dans les neuf villages ; cette feste dura huit
ssissipy, : | jours. |
moudre à Dans ce mesme tems, les Yasoux, les Chacxoumas, les | apporter À Arkansas, les Chactas, les Chicachas, tous Sauvages du haut it parmi Mississipy, descendirent aux Natchez, où ils chantèrent à
oulin fut leur tour leur calumet de paix à M. le commissaire Hubert,
pour les 4 qui leur fit à tous des présens considérables avant de les ren=
qui ren- : voyer.
ur cette ! Il estoit arrivé au commencement de cette année à la rade
rmurier 4 de l'isle aux Vaisseaux, vis-à-vis le Nouveau Biloxi, sept
vaisseaux de France nommez la Gironde, l'Éléphant, la Loire, la Seine, le Dromadaire, le Traversier et la Vénus. Ces vaisseaux avoient amené sur leurs bords plus de quatre mille personnes, tant François qu’Allemands et Juifs. Il y avoit aussy soixante filles de l'hôpital général de Paris pour cstre mariées dans le pays, et parmy toutes ces personnes il y en avoit grand nombre pour des concessions qui furent establies dès cette année. Voicy les noms et les lieux où ils furent establis.
Premièrement, celle de M. Kolly, dirigée par MM. Dumanoir et Scieur, qui restèrent au Biloxi pendant toute cette année avec soixante ct dix hommes qu'ils avoient emmenez de France.
Celle de M. Law, assez connu en France, dirigée par M. Elias avec cent hommes sous luy. Elle est establie sur la Rivière des Arkansas, cent quatre-vingt-douze lieues plus haut que la Nouvelle-Orléans, à la droite en montant. Ils avoient un si grand nombre de marchandises et d’autres eflets qu'ils en chargèrent trente bateaux pour monter à leur concession.
Celle de M. Le Blanc, ministre d'Estat en France, dirigée par M. de la Tour, ingénieur, qui estoit avec soixante personnes, fut placée dans la rivière des Yasoux, à deux cent vingt lieues par delà la Nouvelle-Orléans, quatre lieues avant dans la rivière des Yasoux, à la droite, dans le mesme endroit où estoit le fort de M. de la Boulaye, à qui l’on envoya ordre d'aller faire faire un fort dans la rivière des Arkansas et s’y establir.
Celle de M. le comte d’Artagnan, dirigée par M. d’Artiguière avec quatre-vingts hommes et beaucoup d'effets, fut
RELATION DE PÉNICAUT, 5/7 | hant, la À placée à six lieues plus haut que la Nouvelle-Orléans, dans | Pédus. # un endroit, appelé les Cannes-Bruslées, du mesme costé. e quatre & Celle de M. le duc de Charo : et de M. le marquis d'Anfs. Il y ‘1 ceny, son fils, dirigée par M, de l'Épinay, qui avoit cent per ris pour | sonnes avec luy et beaucoup d'effets, fut placée à seize lieues anes il y 4 de la Nouvelle-Orléans, à la droite en montant, trois lieues int esta . % au-dessus du village des Sauvages des Colapissas, du mesme \ ils fu- 4 costé, : Celle de M. d'Artaguiette, qui envoya pour la cultiver qua- M. Du: h rante-cinq personnes à M, Diron, son frère, inspecteur général ste: cette Ë des troupes de la Louisiane, Elle fut placée à costé de M. le mmenez | comte d’Artagnan, cinq lieues plus haut que la Nouvelle- | | Orléans, à la droite en montant, dans l'endroit nommé les igée par ï Cannes-Bruslées.
e sur la 1 Celle de M. de Mézières, dirigée par M. Marié dans la lus haut Ë fourche des Oüachitas, auprès de celle de M. de Cantillon, à avoient k | soixante ct quatorze lieues de la Nouvelle-Orléans, à la gauets qu'ils s che en montant le fleuve et à huit lieues avant dans la rivière conces- Rouge, depuis son embouchure, Celle de M. de Villemont, qui y vint luy-mesme avec toute , dirigée sa famille et quinze personnes, fut placée au mesme endroit, à nte per- | costé de celle de M. Marié.
aux: ceht ti Celle de M" de Chaumont F. A., dirigée par M. de Rées avant villon qui estoit arrivé avec trente hommes, fut placée dans la | sme en- rivière des Pascagoulas, à quarante lieues de la Nouvelle-Orà envoya e léans, douze lieues avant dans cette rivière, depuis son embou- \rkansas : chure. Cette concession a esté en estat dès cette année de re- | cucillir des grains . d'Arti: 4 Celle de MM. Chauvin, trois frères qui ont plus de cent lets, fut ‘ nègres à travailler à leur concession; elle est establie à trois : V.
Se
lieues de la Nouvelle-Orléans, en montant à droite, sur le bord du Mississipy, dans un endroit appelé Chapitoulas. C'est la plus belle et la mieux cultivée des concessions du pays, où il y a moulin et forges.
Celle de M. du Breüil, avec sa famille et dix personnes, fut placée à costé de celle de MM. de Chauvin, en decà et en descendant le fleuve du Mississipy, sur le bord.
Celle de MM. Guenate et Préfontaine, deux frères associez, avec M. Macy ct soixante personnes, au-dessus de M. de Chauvin. Ces trois concessions, qui sont à costé les unes des autres, sont cultivées depuis le lac de Pontchartrain jusqu'au bord du Mississipy et labourées avec la charrue, qui n’est en usage dans le bas du Mississipy que depuis deux ans, ainsi que les forges.
Enfin M. de Bienville fit distribuer cette année des concessions à plus de trois mille personnes, dont il seroit trop long et trop ennuyeux de rapporter ici le détail; j’ay cru qu’il suflisoit d'en rapporter seulement quelques-unes de celles qui appartiennent aux personnes les plus qualifiées, qui seront peutestre bien aises de connoistre, dans cette nouvelle relation, l'endroit où est estabiie leur concession ct à quelle distance elle peut estre placée de la ville de la Nouvelle-Orléans, de mesme que j'ay marqué dans la nouvelle carte que j'ay faite de la Louisiane, |
Peu de jours après que M. de Bienville eut distribué les concessions, il fit partir pour monter à la Mobile par cette rivière un des bastimens arrivez de France, chargé de munitions de guerre et de bouche et avec les marchandises qui y estoient, pour les y débarquer et placer dans les magazins.
M. de Bienville envoya en mesme tems une lettre au
er ns D et
te
ir le bord C'est la Lys, où il
nnes, fut
çà et en
associcz, e M. de unes des jusqu'au i n'est en
1s, ainsi
CONCesrop long u’il suflis qui apont peution, l'enance elle e mesme te de la
ribué les cette rile munies qui y azins.
ettre au
RELATION DE PÉNICAUT, 579
commandant de la Mobile de faire partir un convoi de vivres, de munitions de guerre pour porter à M. de Latour, gouverneur du fort des Alibamons, qui estoit un poste fort avancé du costé de la Caroline et très important pour empescher l'entrée des Anglois dans la Louisiane, parce que, quoy qu'on ait abandonné l'isle Dauphine, on conservera la Mobile, par rapport à ce poste, afin de contenir les Sauvages de ce costé-là,
M. de Bienville Envoya aussi le vaisseau nommé le Dromadaire tout chargé à la Nouvelle-Orléans, pour y placer dans les magazins les munitions et les marchandises qu'il avoit apportées de France.
M. Renaud, capitaine, monta vers ce temps-là, avec ses cinquante mineurs, aux Illinois et ses bateaux chargez de toutes sortes d'effets. Il y eut aussy plusieurs familles pour des concessions proche les Illinois qui montèrent avec luy, à qui M. de Bienville accorda des nègres pour cultiver leurs terres.
Quand M. Renaud fut arrivé aux Illinois, il rendit une lettre à M. Diron de la part de M. de Bienville, qui lui mandoit de descendre à la Nouvelle-Orléans, Sa Majesté l'ayant fait inspecteur général des troupes de la Louisiane ; ce qui l'obligea, en descendant, d'aller visiter tous les postes des bords du Mississipy, où il y avoit des troupes en garnison.
Dans ce mesme tems, M. de Saint-Denis reçut une lettre de la Cour avec le brevet de Capitaine d'une compagnie ct de 8gouverneur du fort des Nassitoches, où il dut monter quelque tems après, avec trente hommes de renfort, dans six canots chargez de munitions de guerre et de bouche. Il avoit cette obligation à M. de Champmeslin, qui avoit représenté à la