ABANDON DU FORT DE NIAGARA
15 septembre 1688.
L’an mil six cent quatre-vingt-huit, le quinziesme jour de septembre avant midy, le sieur Desbergères, capitaine d’une des compagnies de détachement de la Marine et commandant du fort de Niagara, ayant fait assembler tous les offi-
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ciers, le R. P. Millet de la Compagnie de Jésus, missionnaire, et autres pour leur communiquer les ordres qu'il a receu de M. le marquis de Denonville, gouverneur et lieutenant général pour le Roy, dans toute l'estendue de la Nouvelle-France et pays de Canada, en date du Gjuillet de la présente année, par lesquels il luy est ordonné de démolir la fortification de ce fort, à la réserve des cabanes et logemens qui se trouveront en nature.
Nous chevalier de La Mothe, lieutenant d’une compagnie détachée de la marine et major dudit fort, avons fait par ordre dudit sieur commandant un procez verbal, qui porte inventaire de l’estat auquel nous laissons lesdits logemens qui resteront dans leur entier, pour maintenir la possession que Sa Majesté et les François ont depuis longtemps en ces quaitiers de Niagara.
Premièrement :
Nous laissons dans le milieu de la place une grande croix de bois de clrarpente de dix-huit pieds de haut sur les bras de laquelle il est escrit en gros caractères ces mots :