FONT CRAINDRE QU'ON NE PUISSE Y FAIRE UN PORT
Extrait d'une lettre de M. Hubert.
Isle Dauphine, 25 Avril 1710.
Jay eu l'honneur, Monseigneur, de vous informer, par le vaisseau la Victoire, de l’état de l'entrée du Mississipy. Il y a sur la première barre qui est en dehors de ce fleuve, à ce qu'assurent ceux qui ont sondé, quinze ou scize pieds d’eau, fond de terre argileuse assez dure. Comme il y a là ordinairement de la houppée, il sera difficile que les pontons y puissent estre d’un utile usage; pour creuser on essayera les dragucs dans la belle saison et lorsqu'on aura les équipages nécessaires. Il n’y a que onze pieds d'eau sur la seconde barre qui est en dedans du Mississipy ; le fond en est de vase, mais il sera difficile qu’un vaisseau qui tirera douze pieds d’eau puisse gouverner en labourant la vase, la passe estant cstroite. À ces obstacles il faut ajouter les approches de ce fleuve, qui sont formidables à cause des bancs de sable ct des courants rapides qui jettent ordinairement à l'Ouest. La difficulté de remonter cette rivière, qui est rapide et sinueuse, me fait craindre que ce ne sera pas un port, sur lequel on puisse compter bien seurement. Je souhaite me tromper. —-
A son défaut l’fsle aux Vaisseaux sera d'un bon usage.
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