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bués à droite et à gauche pour domestiques, et qui tiroient ration de la Compagnie. Je les voulus faire travailler. Il en escrivit à M. Delorme, qui luy respondit qu'il avoit eu tort de m'avoir fait faire cette reveue, et le faisant scavoir auxdits forçats, ils s'absentèrent tous, ce qui m'obligea de prier M. de Pailloux, commandant, de ‘me donner quelques soldats; ce qu'ayant fait gracieusement, il en commanda dix, avec un officier à leur teste, qui travaillèrent pendant douze jours si vivement qu'ils firent des éclaircies à pouvoir tracer toutes les rues sur le devant du fleuve, et auroient continué, si le commis n’avoit insulté les officiers au retour du travail, parce qu'ils demandoient de faire délivrer à chaque soldat un boujaron d'eau-de-vie que le sieur Fréboul leur faisoit donner par Jour pour tout payement.
Comme il avoit esté arresté au Conseil et que j'en avois l’ordre de M. de La Tour de marquer aux habitans des emplacemens dans les alignemens des rues, je priay M. de Pailloux et le sieur Fréboul de le faire de concert avec moy, ce que ce dernier refusa, disant qu’il n’y connoissoit rien. Cette distribution faite, j'escrivis au Conseil que j'avois l'honneur deluy envoyer un plan, sur lequel je l’avois marquée par lettres alphabétiques, avec un état relatif des noms des habitans, pour qu'ily donnât son agrément ou y fit les changemens qu'il jugeroit à propos. Etm'ayant répondu qu'il les approuvoit tous, chacun s’empressa d’abattre du bois pour bastircette ville, et ce qui y donna d'autant plus d'occasion, c'est que dans ce temps je fus visiter le fleuve et particulièrement son embouchure. J'en levay le plan et reconnus que tous vaisseaux pouvoient y entrer, et qu'il y avoit des terrains propres à faire de
belles habitations entre cette embouchure et la Nouvelle-Or-
léans ; ce qui ayant été sceu, quantité d'anciens habitans du pays sont venus de toutes parts s’y établir, persuadez que la Compagnie prendroit tost ou tard le party d'v envoyer en droiture des vaisseaux, qui seroient à portée de profiter de leur secours ct de profiter de leurs denrées. Ainsy, en peu de temps on auroit veu prendre une forme à cette ville, avantageuse à la Colonie; mais une lettre écrite par M. Delorme au sieur Fréboul renversa ce beau projet, luy ordonnant d'avertir charitablement tous les habitans que c'estoit à luy, comme commis principal, qu'il falloit qu'ils s’adressassent pour avoir des emplacemens et non à moy, et, croyant par là que je les avois trompez, cessèrent entièrement les travaux de cette ville, ce qui m'obligea d'en informer M. de La ‘Four, qui me permit par sa lettre, que j'ay là ci-jointe, d'aller au Biloxy luy en rendre compte. Îl ne me laissa que quinze jours, m'’ordonnant de retourner à la Nouvelle-Orléans. M. Delorme, qui m'y avoit écrit pour se disculper du mauvais effet de sa lettre, avoua que l: sieur Fréboul lavoit mal interprétée et ne contribua pas peu à mon retour par ses caresses, M. de Pailloux, qui esto't venu aussi au Biloxy, s’en retourna avec un ordre du Conseil, signé de MM.de Bienville, du Vergier et Delorme, de faire les fonctions de directeur avec celles de son commandement à la Nouvelle-Orléans, où je me suis donné des soins infinis pour regagner la confiance des habitans et arracher la moitié d’un magasin projeté de 125 pieds de long, de 30 pieds de large et de 18 pieds de haut, qui a servy à * mettre les grains qu'on avoit traitez des Sauvages et pour recevoir les eflets de la flûte l'Adowr.
Je dis arracher, parce que le sieur Fréboul les x retirez
mainte fois de ce travail, pour les occuper à faire des poulail- , Î
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Icrs et autres minuties, en les menaçant, s'ils ne luy obéissoient comme aux Directeurs, de les mettre en prison ou de leur retrancher leurs vivres. Ce magasin n’a pas esté sitost achevé que, pour éviter les discussions, et persuadé de plus en plus que, siles prodigieuses dépenses, que la France a fait pour establir ce pays, ont esté peu utilement employées, c'estoit faute de l'avoir bien connu, et jugeant du succès de ma visite du bas du fleuve, j’ay entrepris par l'agrément de M. de La Four d’en faire de mesme jusqu'aux Natchez, d'en lever le plan et d'en faire de particuliers, des endroits remarquables, — De là j'ay descendu avec le P. Charlevoix. Jésuite, au bas du fleuve. — J’en ay revisité et sondé les passes et les dehors, par où J'ay esté au Biloxy le 1° Février de cette année, pour en rendre compte à M. de La Tour, qui, estant pour lors très malade, m'ordonna de continuer mes voyages, et d'aller à la Mobile. — J'ay examiné ce poste avec M. de Chaville, ingénieur du Roy. Nous en avons levé le plan, ainsi que du cours de la rivière du mesme nom pendant vingt-quatre lieuvs, et de six dans celle des Chicachas jusqu'aux Écores, qui sont de hautes chaines de montagnes, où il y a des carrières de pierre de taille, qui m'a paru belle et bonne et facile à tirer, Cstant sur le bord de la rivière.
Nous sommes redescendus et avons esté à Pensacole examincr la coste et ce poste, en lever les plans et sondes, d'où, en partant pour retourner au fort Louis de Biloxi, le 2 A1 ril, nous aperçusmes l'Espiduel, le Profond et la Bellone, qui ont esté tesmoins que l'on ne peut faire de voyages semblabies en canot, COMINE tous ceux que j'ay faits depuis six mois, sans courir de grands risques et périls, mais les vues d'avoir une secure
conioissance de chaque poste et pour que M. de La ‘our
638 POSTES ET NAVIGATION SUR LE MISSISSIPI, ë
À puisse tabler avec certitude sur ce qu'il convient y faire(?)... à | L'importance de ces services, Messieurs, pour la Compagnie, É me flattoit d’en recevoir quelque bon traitement; mais quelle Æ \
; fut ma surprise, après y avoir essuyé des fatigues infinies, que l M. de La Tour ait receu vos dernières lettres. I! me dit ]
Ù en particulier que vous luy aviez écrit que j'avois voulu
prendre une autorité extraordinaire à la Nouvelle-Orléans, et y avoir fait paroistre une mauvaise humeur, lorsqu'on ë 0 a voulu s’y opposer; que j'y avois distribué, de mon chef, é des terres aux habitans et ordonné des dépenses, que j'a- Ê [A vois abandonné les travaux de cette ville, sous le prétexte de É n’estre pas obéy ; que cette conduite vous faisoit mal juger de À mon esprit; que je devois estre arresté à mon arrivée au Bi- : loxi, pour avoir quitté mon poste sans ordre ny nécessité; : qu'il ne falloit pas que la qualité d’ingénieur du Roy dont je 4 suis honoré me dispensat de faire mon devoir et que je feray pe : bien de me conduire de manière à ne vous point porter à vous Ë * plaindre de moy à S. A. Sérénissime, qui, vous estes persuadé, À ne manqueroit pas d’en faire un exemple très sévère. Le Il n’en falloit pas davantage, Messieurs, pour achever de : m’accabler, ainsi que mon zèle au service de cette Colonie, ë
puisque l’on me fait un crime d'en avoir eu, en m'attirant des menaces les plus déshonorables à mon caractère, et cela sur de faux rapports de commis, qui, n'estant pas peutestre plus fidèles à remplir leurs fonctions qu'à vous informer
de celles des officiers, peuvent estre cause de la difficulté de
l’establissement de cette colonie par les promptes fortunes qu’ils
font, et leur dépense tant au jeu qu’à autre chose, et ont letour
f (sic) d'écrire qu'ils en sont insultez pour couvrir leur arro- fi
gance et leurs injustices criantes. Vous en jugerez, Messieurs,
CICR agnie, quelle s, que ne dit voulu léans, squ'on 1 chef, 1e j'axte de ger de au Biessité ; lont je e feray à vous
suadé,
ver de olonie, attirant ère, et LS peutformer ulté de s qu'ils letour r arro-
sieurs,
par celle qu’ils m'ont voulu faire auprès de vous. Je suis persuadé que M. de La Tour, qui est droit et plein de probité, vous en rendra compte et vous découvrira la noirceur de leurs calomnies contre moy, qui e, l'honneur d’estre avec respect, Messieurs, Votre très humble et très obéissant serviteur.
DE Paucer.
IL NE SERA PAS DIFFICILE DE RENDRE LA PASSE PRATICABLE, MAIS LES INGÉNIEURS NE S'OCCUPENT QUE DU BILOXI. IL EST NÉCESSAIRE DE FAIRE ENTRER DANS LE FLEUVE