ET LES EN SORTIR
Joiate à la lettre de M. de Pauger.
29 Mai 1724.
Scavoir :
Lorsqu'il se présentera pour entrer dans l'embouchure du tleuve un vaisseau, il convient de donner ordre à son atterrage à l'isle Dauphine ou à celle de l’isle aux Vaisseaux, de mettre en panne au S.-E. de cette embouchure et toujours au-dessus du vent, ou de mouiller à demi-portée de canon de l’isle la plus dehors de l'entrée où il y a huit brasses d'eau, fond de vases dures meslées d’un peu de sable, qui est la meilleure tenue du monde, ledit Fiou ira dans une chaloupe à bord et entrera à la voile ledit vaisseau par la passe à tribord du récif du milieu, jusqu’en dedans dudit récif, de toutes marées; et si la mer est haute et que ce vaisseau soit chargé sur le né (sic), il pourra enfiler le chenal de toute l’embouchure, supposé qu’il lait resondé avant et balisé, et que le vent soit favorable. Au défaut de quoy, il entrera le vaisseau à la toue sur de petites ancres, observant d'en avoir toujours une grosse bien parce, pour laisser tomber au cas que l’haussière vint à manquer ou rompre; il mouillera en dedans dudit
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récif du milieu, où il y a une espèce de petite rade de 18 à 20 pieds d'eau, où il le fera arrimer pour qu'il tire moins d'eau en arrière que par devant son lest ou chargement, afin que si le vaisseau venoit à toucher, il n'embardast point, ayant toujours son arrière à flot, Il convient de faire mettre à son gouvernail un bon safran pour qu'il puisse bien gouverner où il y a si peu d'eau et des courans si violens ; et s’il met le aisseau à la voile, avoir attention d'éventer le perroquet de fougue en mème temps que celle du mast de misaine, afin que, ayant un peu trop arrivé, le vent et le courant luy pesant trop sur le né (sic) ou le devant, il ne puisse revenir au vent (ce qui le feroit sortir du chenal) et profiter de la pleine mer qui n'est haute quetoutes les vingt-quatre heures et sont de jour dans les nouvelles lunes et de nuit dans les pleines lunes, marquant de 2 pieds 1/2 à 3 pieds et même plus, lorsque les vents du large où du dehors, favorables pour entrer, souftlent avec violence. Si le vaisseau vient à toucher de mer haute, il fera porter ses ancres au-dessous dans le chenal pour s'y remettre à flot, par où il en scroit sorti, sinon il convient de s’alléger sur l'isle de la Balise ou bord à bord d’un traversier ou autre bâtiment, s'il s'en trouvoit d'allège. Ce qui demande que ledit Fiou soit pourvu d'autorité du Conseil pour y contraindre les capitaines de ces traversiers et particulièrement d'un ordre que ceux dont il aura les vaisseaux à entrer ou mettre dehors, l’en laissent le maître, comme il se pratique dans toute la Marine. Cet ordre obligera lesdits capitaines de laisser chacun une petite ancre de terre, s'ils en ont, à l'isle de la Balise lorsqu'ils seront dehors, pour pouvoir entrer les autres vaisseaux dans ladite embouchure, il enjoindra d'envoyer à cette isle une dixaine de grappins avec
autant de bouées pour baliser le chenal, et obligera ledit Fiou d'en déchouer les arbres et racines pesantes qui s'y arresteront, ainsi que de le draguer pour ie creuser lorsqu'on aura des dragues, de même que de se prester de tout son mieux en tout ce qui concernera l'établissement de l'isle de la Balise. Il faudra aussi le charger des pavillons pour les signaux et mème des ustensiles du canon, jusqu'à ce qu'il y ait un maistre canonnier entretenu sur cette isle pour les batteries.
Cette instruction m'ayant été demandée par le Conseil, j'ay eu l'honneur deluy présenter àla Nouvelle-Orléans ce 26 May
DE Paverr.
ledit