‹ Première formation d'une chaine de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le Golfe du Mexique (1683-1724) [microforme] (volume 2)Chapitre 37 sur 267 · LES IROQUOIS ASSIÈGENT LE POSTE DES MIAMIS · texte numérisé non relu

LES IROQUOIS ASSIÈGENT LE POSTE DES MIAMIS

Extrait d’une lettre de M. de Champigny au Ministre.

Montréal, 11 aoust 1695.

J'ay toujours bien cru que les Iroquois n’agissoient pas sincèrement dans les propositions de paix qu'ils ont faites depuis quelques années, puisqu'ils ont, depuis ce printemps dernier, fait plusieurs entreprises contre nous, par petits partis qui ont tué et blessé quelques-uns de nos François et Sauvages en différentes occasions, sans donner aucun quartier à ceux qu’ils ont faits prisonniers. Ce qui ne nous doit plus faire douter de leurs intentions, et nous engager par conséquent à ne songer qu’à les humilier par une guerre plus forte que par le passé, et faire en cela ce que vous mandez à M. de Frontenac et à moy par les dernières lettres que vous nous avez fait l'honneur de nous escrire.

J’aurois souhaité que, dans cette conjoncture, M. le comte de Frontenac n'eust pas songé à restablir le fort de Cataracouy et que sept cents hommes, tant soldats qu’habitans et Sauvages, qu’il a envoyés à cette expédition eussent esté employez à une autre plu: utile. —J’ay cru estre dans l’obligation de luy représenter les dangereuses suites de ce dessein pour l'en destourner, me trouvant en cela du sentiment de tous ceux qui ont de l'expérience dans le service en

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PREMIER PROJET D'UNE CHAINE DE POSTES. Gi

ce pays ; mais, après m'avoir dit que, quoy qu’il fust seul de son advis, il estoit dans la résolution de l’exécuter, je luy ay fait fournir toutes les choses nécessaires comme vous me l'avez ordonné.— La lettre que vous luy avez escrite par l'Envieux, par laquelle vous luy avez marqué de ne pas faire cette entreprise, estant arrivée le lendemain du départ de ce détachement, je croyois qu’il changeroïit de dessein, ce qui luy estoit facile, parce qu'il y avoit encore alors des Sauvages à Montréal qui l’alloient joindre, n’en estant qu’à une journée. Je luy représentay pour cela une infinité de raisons, dont j'auray l’honneur de vous informer au long par mes autres lettres, mais le tout fut fort inutile et n'apporta aucun changement, si ce n’est qu’il y envoya ordre de diminuer la garnison de vingt hommes, en sorte qu'au lieu de cinquante, elle sera réduite à trente. — Je ne sçay pas encore quel succez aura eu cette entreprise parce que nous n'avons point eu aucunes nouvelles du détachement, depuis vingt jours qu’il est parti d’icy.

Les officiers qui commandent dans les postes que les François occupent chez les Outaouas, Illinois, Miamis et autres nations esloignées, me marquent que nos Sauvages ont fait quelques entreprises contre les Iroquois et qu’ils continuent de les harceler. — Le sieur de Courtemanche, un de ces officiers, qui commande au poste des Miamis, mande qu'il a esté le printemps dernier assiégé par deux cent cinquante Iroquois qui se sont retirez, ayant veu sa résistance; les ennemis, à ce qu'on m'asseure, ont perdu dans toutes ces occasions cinquante à soixante hommes. — Je vous infor-

meray, Monseigneur, du détail et de la vérité du tout plus amplement par le retour des vaisseaux que nous attendons.

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