LE PÈRE VAILLANT PROMIS POUR MISSIONNAIRE DU DÉTROIT
Lettre du Père Germain à Lamothe Cadillac.
À Québec, ce 25 aoust 1701.
Monsieur,
Quoyque nous n'ayons pas encore cu de nouvelles positives et certaines de vostre arrivée au Détroit, nous en avons néantmoins des conjectures que vous y devez estre heureusement dès le mois de Juillet. Comme vous sçavez, Monsieur, que je prends beaucoup de part à tout ce qui vous regarde, vous voulez bien que je vous en félicite, et que je prie, comme je fais de tout mon cœur, nostre Seigneur de vouloir bénir tous vos desseins pour le bien des Missions et de la Colonie. Tandis que vous aurez ces deux choses en veue,
vous ne pouvez manquer d’avoir des succès heureux dans vos Ve 14.
entreprises, non seulement pour les affaires publiques, mais encore pour les vostres particulières. Tout le monde admire ici la générosité de ces deux dames qui ont bien le courage d'entreprendre un voyage si pénible pour aller joindre leurs maris, sans craindre les grandes difficultés, ni les fatigues ou autres incommodités qu’il faut essuyer par des chemins, si longs et si rudes pour des personnes de leur sexe. Après cela, Monsieur, peut-on faire voir une affection conjugale et un attachement plus sincères et plus solides ? Quelqu'un leur disoit agréablement, ces jours derniers, qu'elles alloient passer pour des héroïnes; mais quelques autres dames plus délicates disant à Mme de Lamothe, pour la dissuader de ce voyage, que cela seroit bon, si on ailoit dans un pays agréable et où l’on pourroit tousjours avoir belle compagnie comme en France, mais d'aller à un lieu inculte et désert, où il n’y aura qu’à se beaucoup ennuyer dans une si grande solitude, qu'elles ne comprenoient pas comment on pouvoit s’y résoudre, elle leur respondit fort sagement « qu'une femme qui aime son mari, comme elle doit, n'a point de plus puissant attrait que sa compagnie, en quelque lieu que ce soit. Tout le reste luy doit estre indifférent ». Voilà quels sont ses sentimens. Je ne vous mande point d’autres nouvelles; elle-mesme vous racontera mieux de vive voix tout ce que nous pouvons avoir appris de
nouveau, depuis votre départ, que je ne sçaurois le faire par escrit. Ne doutez pas, Monsieur, que je ne recommande souvent aux Ursulines vos deux chères filles, et que je ne tasche de contribuer de tout ce qui dépendra de moy à leur éducation,
Le petit Cadillac m'a promis d’embrasser une fois son frère pour moy, quand il arrivera au Détroit. S'il oublie de me rendre ce petit service, faites-lui une petite réprimande:
Je n° que | Me laissé donnc croire
Mons
Note
P. Gerr ayant b Mie de luy esct réflexio mothe « au Détri retour d fait ce 1 veucs dé Cette pour ce