Ilisibl
NE TT En CE à
autre Sauvage la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'escrire. Je m'attendois que vous me donneriez quelque certitude du temps, où vous pourriez faire quelque mouvement pour venir icy establir vos missions; d'autant mieux que M. de Callières m'escrit qu’il vous prioit d'accompagner nos Sauvages en ce lieu pour prendre des mesures ensemble de l'endroit où vous pourriez vous mettre. Le R. Père Bonnart m’escrit en conformité et m'assure qu'il ne doute point que le R. Père de Carheil principalement ne soit venu ici de bonne heure.
Cependant, si ce que les Sauvages m'ont dit icy est véritable, il paroist que vous avez des sentimens bien opposés à ceux de M. de Callières et de vostre Père supérieur, puisque vous luy avez dit que, s'ils venoient au Détroit, ils estoient morts; que je ne commandois point icy, que je n’estois qu’un marchand qui y venoit pour y traiter mes marchandises ; que dans un an ou deux je m'en irois et les abandonneroiïis aux Iroquois pour les manger ; que ce n’estoit point un establissement qu’on y devoit faire, que ce n’estoit qu'une traite ou deux ; que vous ne leur mentiez pas, parce que vous, Robes noires, vous sçaviez les véritables nouvelles, et qu’enfin, comment est-ce que je pourrois les garantir contre les Iroquois, puisqu'Onontio luy-mesme n'a pu le faire ; que vous aviez bien mal au cœur de les voir venir au Détroit, que vous seriez moins fasché s'ils alloïent vers .....! qui doit allumer leur feu, vers la grande rivière du côté des Miamis ; que tous ces discours les avoient divisés et qu'ils estoient comme des gens ivres et fous. » Voilà en substance les menaces que les Sauvages m'ont dit que vous leur aviez faites. Sur quoy, ayant