PAR LE
QUi Ÿ COMMANDE:
de Champigny.
je MM. de Callières el
Joint à la lettre «
Q octobre 1701:
Le mestier de la guerre n'estant pas celuy d'un escrivain, sans ce mérite, faire le portrait d'un Pays si digne
je ne puis, :
mais, parce que VOUS
d'une meilleure plume que Ja mienne 4e vous en rendre compte,
proprement qu'u 23 lieues de long,
m'avez ordonné € que Île Détroit n'est diocre largeur et de ord-nord-est, ct sudt s'eschappent douce
disant € rivière d'une mé vant mon estime, située n où s'escoulent € d'un cours moderé 125 Eaux vives ct cristi du Michigan et du Huron, qui sont
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qui vont enfin se confondre dans le fleuve Saint-Laurent avec celles de l'Océan.
Ses rives sont autant de vastes prairies, dont la fraischeur de ces belles eaux tient l'herbe tousjours verdoyante. Ces mesmes prairies sont bordées par de longues et larges allées de fruitiers, qui n’ont jamais senti la main soigneuse du jardinier vigilant, et ces jeunes et anciens fruitiers, sous le poids de la quantité de leurs fruits, mollissent et courbent leurs branches vers la terre féconde qui les a produits. C’est dans cette terre si fertile que la vigne ambitieuse, qui n’a pas encore pleuré sous le couteau du laborieux vigneron, se fait un toit espais avec ses larges feuilles et ses grappes pesantes sur la teste de celui qu’elle accolc et que souvent elle estoufte pour trop l'embrasser, C’est sous ces vastes allées, où l'on voit assemblés par centaines le timide cerf et la biche craintive avec le chevreuil, bondissant pour y ramasser avec empressement les pommes et les prunes dont la terre est pavée ; c'est là que la dinde soigneuse rappelle et conduit sa nombreuse couvée pour y vendanger le raisin; c’est là que viennent leurs masles, pour y remplir leur fale large et gloutonne. Les faisans dorés, la caille, la perdrix, la bécasse, ia tourterelle abondante, fourmillent dans le bois et couvrent les campagnes entrecoupées et rompues par des bouquets de bois de haute futaye, qui font une charmante perspective, laquelle seule peut adoucir les tristes ennuis de la solitude. C'est là quelamain de limpitoyable faucheur n'a jamais rasé l'herbe succulente, dont s’engraissent les bœufs lainés d'une grandeur et d’une grosseur excessives.
Les bois sont de dix sortes : de noyer, de chesne blanc, du
rouge, du fresne bastard, du sapin ou bois blanc et du co- \. 13
tonnier; mais ces mesmes arbres sont droits comme des flesches, sans nœuds et quasi sans branches que par le haut bout et d’une grandeur prodigieuse; c'est de là que l'aigle courageux regarde fixernent le soleil, voyant à ses pieds d quoy satisfaire sa main fièrement armée.
Le poisson y est nourri et baigné par une cau vive ct cristalline, et sa grande abondance ne le rend pas moins délicieux. Les cygnes sont en si grand nombre, qu’on prendroit pour deslysles jones, dans lesquels ils sont entassés. L’oye Labillarde, le canard, la sarcelle et l’outarde y sont si communs, que je ne veux, pour en convaincre, que me servir de l’expression d’un Sauvage, à qui je demanday, avant d'y arriver, s'il y avoit bien du gibier : «Il y ena tant, dit-il, qu'ils ne se rangent que pour laisser passer le canot. »
Peut-on croire qu’une terre sur laquelle la nature a distribué tout avec tant d'ordre sache refuser à la main du laboureur, curieux de ses fécondes entraiiles, le retour qu'il s’en sera Proposé ?
En un mot, ie climat y est tempéré, l'air épuré pendant le jour; il y fait un vent modéré, et, pendant la nuit, le cicl, tousjours serein, respand de douces ct fraisches influences, qui font gouster la bénignité d’un tranquille sommeil.
Si la situation en est agréable, elle n’en est pas moins importante, parce qu’elle ouvre et ferme la porte pour passer chez les nations les plus esloignées, et dont les vastes mers d'eau douce sert environnées.
Il n'y a que les ennemis de la vérité qui soyentles ennemis de cet establissement si nécessaire à l'augmentation de la gloire du Roy, au progrès de la religion et à la destruction
du trône de Baal.
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de la Justic Conséc Jesté, c les au) lenac, ce dit au ch:
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