‹ Première formation d'une chaîne de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le golfe du Mexique (1683-1724) [microforme]Chapitre 125 sur 304 · EST DEVENU ODIEUX A SA COMPAGNIE · texte numérisé non relu

EST DEVENU ODIEUX A SA COMPAGNIE

Lettre du Père Enjalran à Lamothe Cadillac.

Aux Trois-Rivières, ce 30 aoust 1701.

Monsieur,

Je rencontre Mme de Lamothe bien résolue de vous aller voir au Détroit, J'aurois esté fort content, si le dessein, qui

connais

devoit me faire monter vers vos quartiers, m’eust permis de l'accompagner. On ne pouvoit déterminer ce qui regarde la mission du poste que vous devez establir, comme un des plus importans, qu'on ne prist des mesures pour les autres missions, car tout ce Pays d'En Haut a besoin de réforme. Monsieur nostre Gouverneur, après m'avoir entendu sur ce chapitre, jugea que je serois le plus propre à rendre service en ce qui est de mon ministère, lorsque nous aurions sçu toutes les intentions de la Cour. Si nous les apprenions assez à bonne heure, je pourrois bien vous aller voir avant l'hiver, et je me ferois un plaisir singulier de vous seconder dans vos gloricuses entreprises, et de vous marquer le sentiment d’estime avec lequel je suis, Monsieur, vostre très humble et très obéissant serviteur.

Signé : P. ENJALRAN.

Note de Lamothe Cadillac. — Cette cinquième lettre est du P. Enjalran. Il persiste toujours dans son sentiment, asseurant que le Détroit est le poste le plus important. Ce Père venoit de passer par toutes les missions généralement, et il convient que tout ce Pays d'en Haut a besoin de réforme; il a effectivement raison. Sa droiture l'a rendu odieux à ses associés qui s'en sont défaits contre toute justice. Cette lettre prouve encore que M. de Callières avoit jeté les yeux sur ce Père pour conduire toutes les missions; mais, sans doute, il a esté de la politique de Monsieur le Gouverneur général de céder au torrent ct de sacrifier ce bon ouvrier nécessaire à la vigne du Scigneur à l'envie de ses associés.

Personne n'a jamais mieux connu le génie des Sauvages que ce Père, ni a eu tant d’ascendant sur leur esprit, mais son crime a esté d’avoir convenu que le projet de M. de Lamothe estoit merveilleux, et pour cela il luy escrit qu’il se fera un plaisir de le seconder dans ses glorieuses entreprises.

Sa lettre sc rapporte aux paroles de M. de Callières, dites dans l'assemblée générale qui fut faite à Montréal le G d'août 1701, au troisième article en ces termes : Le R. P. Enjalran est tousjours prest à partir pour : aller demeurer chez vous (comme vous l'avez

du P.

que le ser par e Pays roiture justice.

eux sur il a esté torrent gneur à

que ce le a esté reilleux, er dans

tes dans 701; au ousjours us l'avez

demandé), vous autres quatre nations ‘hutaouoises ; mais il demande aussi que vous cscouticz ses conseils, qui ne tendent à autre fin qu'à prendre vos intérests en toutes choses. »

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