FONT AU CONTRAIRE LEURS EFFORTS POUR LE DÉTRUIRE
Extrait d’une lettre du Père Bonnart: à Lamothe Cadillac
À Québec, ce 20 avril 1702.
Monsieur ,
C'est avec beaucoup de joye que j’appris, l'automne dernière, que Mme de Lamothe se portoit très bien dans son voyage. Je vous en félicite et elle aussy, à qui, avec vostre permission, je présente mes respects. Je souhaite que vostre hyvernement ait esté heureux en toutes manières, et que quelques-uns de nos Pères, avec leurs Sauvages, se soyent rangés auprès de vous, nommément les Pères de Carheil et Marest l’ainé. Si cela est, je me flatte que je n’auray pas moins de remerciements à vous faire pour eux que je ne vous en ay fait desjà, et que je vous en fais encore au sujet du P. Vaillant, qui se loue tout particulièrement de vos amitiés. Je vous en suis donc très obligé, Monsieur, et il me semble que je le serois encore plus, si je pouvois avoir ici quelques occasions de vous servir. En attendant, vous séaurez, si vous ne le sçavez déjà, que le séminaire de Québec brusla le 15 No vembre 1701, et que le fort de Chambly brusla aussi le mois
de Mars dernier. En celuy-cy a péri le R. P. Benjamin, et 1. Ou Bouvart,
personne ne périt en celuy-là. Nous ne sçavons encore rien d'assuré de la paix ou de la guerre entre la France, l’Angleterre et la Hollande. On dit que Jacques IT, légitime roy de la Grande-Bretagne, est mort et que son fils a esté reconnu son successeur sous le nom de Jacques III. La cérémonie s'en est faite à Saint-Germain-en-Laye.… Signé : M. BoNnarT (?).
Note de Lamothe Cadillac. — Cette dixième lettre est du P. Bonnart (?), supérieur des Jésuites. Il semble souhaiter que les PP. Marest ct Carheil se soient rangés auprès de M. de Lamothe. Cette lettre suppose qu'il doit en avoir escrit à ces deux missionnaires, ou plutost elle donne lieu de croire par les cffets, qu'on ne veut qu’amuser M. de Lamothe, en le remerciant deux ans par avance des esgards qu’il doit avoir pour les PP. Marest et Carheil, qui ont bien résolu de ne point venir aux missions du Détroit et qui, au contraire, ont contribué de tout leur pouvoir à renverser cet establissement.
LAMOTHE CADILLAC AVERTIT LE GOUVERNEUR DE LA NOUVELLE-FRANCE QUE L’ON CHERCHE A ENVOYER AUX MIAMIS LES SAUVAGES,