‹ Première formation d'une chaîne de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le golfe du Mexique (1683-1724) [microforme]Chapitre 163 sur 304 · ELLES DEMANDENT QU'ON N'ÉLÈVE PAS LE PRIX DES MARCHANDISES · texte numérisé non relu

ELLES DEMANDENT QU'ON N'ÉLÈVE PAS LE PRIX DES MARCHANDISES

Conseil tenu dans le fort de Pontchartrain, où estotent les nations Outaouases, Hurons, Iroguois, Loups et

Miamis.

29 Aoust 1703,

Le Pesant a parlé pour les nations Outaouases. — Nous vous avons rencontré, nostre père, en descendant à Montréal dans la rivière des François, où vous nous avez dit de venir au Détroit. Onontio nous l’a dit après vous, et vous nous avez asseuré l’un et l’autre que nous y trouverions des marchandises à bon marché; c’est pour quoy nous y sommes venus et nous avons esté contens du prix qu’on nous en à fait. Nous vous prions de continuer et de nous les faire donner comme la première année ".

Lorsque nous avons esté à Montréal, M. de Callières nous a dit que le Détroit seroit bientost aussi grand que Québec ?, qu'il y viendroit beaucoup de familles Françoises, et cependant nous ne voyons rien de tout cela. M. de Callières nous a dit que les Jésuites viendroient avec nous au Détroit; vous

1. C’est au sujet du grand changement du prix des marchandises, (L. C.) 2. Cette promesse leur a esté faite. :L. C.)

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les avez envoyé chercher ce printemps à Missilimakinak, mais de nos gens, qui sont encore là, ont rapporté qu'ils ont respondu qu'ils ne dépendoient pas de vous, et que vous ne les commandiez point !, Il faut bien que cela soit vray, puisqu'ils ne viennent point, quoyque nous sçachions que vous les avez envoyé chercher.

Si on continue de nous donner les marchandises au mesme prix qu'on a fait au commencement, nous asseurons que le reste du village de Missilimakinak et toutes les autres nations viendront s’establir icy ?.

Or nous a manqué de parole en tout. Nous espérons aujourd'huy qu'on exécutera tout ce qu’on nous a promis, faisant en ce lieu un grand village. Nous parlons en public et en présence d’un grand nombre de Francois, afin qu'ils se souviennent de ce que nous disons *.

Nous vous prions, Monsieur de Lamothe, de permettre qu'il y ait plusieurs magasins dans ce village, parce que n'y en ayant qu'un, nous sommes obligés d’essuyer les brusqueries d'un seul marchand; au lieu que, s’il y en avoit plusieurs, nous irions vendre et acheter chez celuy qui nous recevroit le mieux et qui nous donneroit les marchandises au meilleur marché. En un mot, nous demandons de n’estre pas réduits de traiter dans un seul magasin et qu’on nous donne la mesme liberté qu’on a à Montréal 1,

Dans l'assemblée générale qui se fit à Montréal, M. de

1. Les Missionnaires tiennent toujours le mesme langage aux Sauvages, et ils ne veulent point avoir de commandant. À. C

2, Dificulié d'augmenter cet établissement. {L, C.)

3, [1 fait entendre qu'on les trompe et que, n'établissant pas ce poste, ils s’uniront ave l'Anglois pour se mettre en securité, puisqu'on ne les ÿ met pas.

. Celi prouve qu'ils ne peuvent supporter cette servitude et qu'ils ont bien l'air de s'en s straire en allant aux Anglois.

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