POUR L'ÉTABLISSEMENT DU DÉTROIT
Extrait du mémoire du Roy au sieur marquis de Vau-
dreuil, Gouverneur et Lieutenant Général, et aux sieurs Raudot, Intendants.
Versailles, le o Juin 1706.
Sa Majesté a esté surprise d'apprendre que les missionnaires, qui estoient à Missilimakinak, ayent abandonné leur
mission et bruslé leur maison et leur chapelle. Ils ne peuvent
avoir eu de bonnes raisons pour le faire et Sa Majesté désire qu’ils y retournent... Elle ne prétend pas que ce rétablissement se fasse à ses despens, ny mesme qu'il luy en couste rien sous quelque prétexte que ce soit.
Sa Majesté a agréé qu'on ayt accepté l'offre que le sieur de Lamothe Cadillac a fait de se charger de l’establissement du Destroit, et elle a approuvé que le sieur de Vaudreuil ayt donné l’ordre au sieur de Lamothe d'y retourner. L'intention de Sa Majesté n’est pas que ledit sieur de Lamothe choisisse dans toute la garnison du Canada les deux cents soldats qu’il demande, un à un, mais qu'on luy donne des destachemens des compagnies composées de bons hommes, afin qu'il soit en seureté, autant qu’il sera possible, dans ce post& Outre ce détachement de deux cents hommes, il demande cent habitans. Sa Majesté estime que cela convient. Elle désire qu'ils luy permettent de les engager et en général elle désire qu'on luy facilite tout ce dont il a besoin, et qu'on ne le mette pas dans la nécessité d'abandonner son poste 1.
1. En 1705, il eut ordre du Roy d’establir le poste avancé du Détroit du lac Erié, éloigné de 300 lieues, ce qu'il fit avec succès, y ayant cestabli près de cent cinquante habitans. Il fit transporter, malgré la difficulté des chemins, des bestes à cornes, chevaux et autres animaux propres à l’agriculture, le tout à ses frais cet dépens, sur la promesse que luy fit Sa Majesté de luy donner ce poste à titre de seigneurie, dont il luy en fit expédier le brevet, porta”t privilège de tous les droits seigneuriaux. Dans cette confiance, il fit bastir des maisons, un fort, un moulin, une brasserie, une forge, des jardins, Toute cette dépense luy cousta 150,000 livres. À peine eut-il achevé ces travaux, sans en pouvoir jouir, qu’il fut envoyé à la Louisiane, en qualité de gouverneur.
(Extrait d’une lettre du fils aïné de Lamothe Cadillac, adressée en 1730 au comte de Maurepas.)
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Hressée en 1730 au