‹ Première formation d'une chaîne de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le golfe du Mexique (1683-1724) [microforme]Chapitre 193 sur 304 · Lesteur, 11 Mai · texte numérisé non relu

Lesteur, 11 Mai

2, Lesueur, — On dit que des Sauvages Loups qui estoient avec M. de La Salie, lorsqu'il passa par ici, avoient pris une petite fille, à qui les François donnèrent le nom de Margot. et que cette petite Margot s'enfuit la nuit qu'ils estoient cabanés à cette rivière qui porte son nom (Samedi 15 Mai).

3, Lesueur, 21 Mai 1700. — On dit que M, de La Salle fit faire un fort ou retranchement en cet endroit, et qu’un Canadien, nommé Prud'homme, estant allé à la chasse, s'égara, et depuis ce temps on appelle ces Écores, les Écores ou le fort de Prud'homme.

4. Lesueur, 2 Juin 1700, — La rivière de Ouabache est dans une anse, à l’est du fleuve, à son embouchure. Elle vient du N.-N.-0O, pendant dix ou douze arpents;

nine ar aient DCS

sissipi à SON embouchure. On peut remonter en Canada par

cette rivière. Ses bords sont abondants en toute sorte de

chasse. À dix jieues plus avant dans cette rivières à droite en montant, il y tombe une autre rivière appelée des Kaskinen-

pos. Cette rivière prend sa source du costé de la Caroline et

passe au village des Cheraquis nation qui met Sur pied un grand nombre d'hommes portant les armes. À quinze lieues plus haut qu£ l'embouchure de la rivière d'Ouabache, à la droite dans le MississiPis l'on trouve le cap Saint-Antoine ‘+ C'est l'endroit où les François des Jllinois viennent chercher de la pierre pour faire des meules de moulin. Dans l'endroit de ce Cap: Les vivres vinrent à manquer tout à fait 2. Nous fusmes obligés de rester dans cet endroit vingt-deux jours *, Sans avoir aucuns vivres, chacun sortant tous les matins POUF aller dans Îles bois chercher Sa vie au bout de son fusil. Il y en avoit parmy nous autres, qui Mmangeoient de la sève de bois ; les autres, de jeunes feuilles de

vignes et des bourgeons d'arbres, parce que c'estoit le prin-

puis elle retourne au N.-N.-F. Elle environ quinze où seize arpents de large à l'entrée. Le fleuve vis-à-vis fait un coude; n'a pas plus d'un quart de heuc de large. C'est Par cette rivière que l'Anglois, dont j'ay parlé, est descendu, €t c'est par cette mesme rivière qu'il prétend faire tout Île commerce; qui pourra $€ trouver dans le MississiPY si vous D} mettez ordre, Monseigneur Ici j'ay pris hauteur ct trouvé : ‘

149 50° distance du soleil au zénith.

220 27° déclinaison nord,

377 jatitude nord.

1, Lesueur. 10 Juin.

2, Lesueur. 7 juin. — Ni ja chasse ni là pesche ne nous fut favorable, 11 nou* a fallu dire Benedicite et Grâces tout à la fois. — Ô Juin. J'ay distribué à tous mes gens un fromage de Hoilande, que j'avois conservé jusqu'icy. — 9 Juin. Nous nous estions couchés sans souper. 11 nous fallut partir sans déjeuner... Je is mettre à terre et piocher sur les bords du fleuve pour chercher des pommes de terre, que nous trouvasmes abondamment.

3, Lesueur. Vendredi 11 juin. — Voyant que Mes gens, au nombre de vingt n'avoient plus la force de ramer; j'ay pris la resolution de rester quelques jours à pescher, en attendant le secours de vivres que j'avois demandé à un Jésuite d' ma connoissance; résidant aux Outaouas:

Lanada par te sorte de à droite en 4 Kaskinen- Caroline et jet sur pied s. À quinze vière d'Ouarouve le Cap s des {llinois eules de mount à manquer ans cet endroit chacun sortant cher sa vie aù atres, qui man nes feuilles de cestoit le prinize arpents de large à q'un quart de heuc parié, St descendu, €t

qui pourri se

mmerce, Ici j'ay pris

seigneur

us fut favorable. 11 nous n. J'ay distribué à tous squ'icy: — 9 Juin. Nous r sans déjeuner... Je is hercher des pommes de

ns, au nombre de vingt D

quelques jours

de rester Jésuite d

demandé à un

RELATION DE PÉNICAUT,. b

temps et qu 1e les eaux i i us LE ; eaux estoient si hautes, qu'elles avoi : vo Aie À s en beaucoup d'endroits. Trois de n a ss 6 . P èrent avec un canot de l’autre costé du b A ssissipi, où, aya is pied à ns où, ayant mis pied à terre, ils : ê 3 , ils attachèrent le canot arbre ', Là, s’ É ee. , S’estant séparez pour alle | à chasser chacun de son costé, o ee oiseaux, un d SE | *: e nos Ce ver 2 camarades, nommé Polonois, aperc : | | ‘ 5, 4 eut € pis Pant chemin creux où il marchoit, deu , iv à :

: enoient à luy. Il se cacha derrière un arb e l'ours en l .

es estoit tout proche, il luy tira à la te .

us i n'estoi FA ee À % qui n’estoit chargé que de plomb, mai on grand bo i 2e nheur du monde, il luy creva les d .

estourdy 2 ; rdy et ne voyant plus clair isoi .

ner, sans sçavoir où il alloit a A ; ë ce qui do ; camarade de me ne recharger son fusil à balle, dont ü D Roue : e tira un a e ce coup le tua. Nous autres, qui l’ ” | | | s, av — eux coups, allasmes à luy. Nous f | de = : s fusmes f ne jouis en mesme temps d’une sr heure | .

, après avoir sh ru M coupé l'ours par morceaux, nous le | e chalou | Run A pe,ce qui nous aida à subsister pend :

jours, car les ours du bord i eo Rae Para ord du Mississipi sont gros ae aches et très bons à manger. J'en parl ; | : : : arlerav ep ; ES Die la manière dont on le os e chasse très dangereuse PAU Nous: F s attendio >] 2. ; ns tous les jours des vivres des Ilinoi us avions rencontré, il i Rs ne é, il y avoit quelques jou stre ?, vis-à-vi ee à-vis les Écores à Prudhomine, qui desc . k endoit

1. Dsl) Dimanche 13 Juin 2. Lesueur, M i . Mercredi 18 Mai notre cabana ARE A | du uteville, prêtre adi x hommes dans son canot 1 m'a Pre ne À dit qu'il estoi i stoit parti

ANS EME) MAT note 5 a vom <a à «

à la mer pour aller voir M. d’Iberville; mais, ayant appris de nous qu'il estoit parti pour retourner er. France, il avoit changé de dessein, et, avant que de remonter aux Illinois, M. Le Sueur luy ayant représenté le besoin que nous avions de vivres, il nous avoit assistés des siens, autant qu'il avoit pu, et mesme il s’espargna pour nous faire plaisir. M. Le Sueur l’avoit prié de nous envoyer un canot avec des vivres, en luy marquant que nous l’attendrions au cap Saint-Antoine, parce que nous estions si foibles, faute de vivres, que nous n'avions pas la force de ramer pour monter plus haut, Il estoit party à l'instant, et nous avoit promis de voguer nuit ct jour pour arriver le plus tost qu'il pourroit aux Illinois, d’où il nous envoyeroit des vivres. [1 ne manqua pas à sa parole, et d’abord qu'il y fut arrivé, il fit descendre un canot rempli de toutes sortes de vivres, qui nous arriva dans le tems de nostre plus grand besoin, au bout de vingt-deux jours. Il y avoit alors peu de monde dans nostre chaloupe, parce que la meilleure partie estoit alors allée chercher dans les bois de quoy subsister. Le R. P. Limoges, Jésuite, estoit dans ce canot avec quatre François pour le conduire !.

Si tost que le R. Père fut débarqué, M. Le Sueur voulut luy faire compliment pour le remercier; mais le R. Père luy dit qu'avant de le complimenter il falloitsecourir les malades, A quoy M. Le Sueur luy dit que par la grâce de Dieu il estoit l'été dernier de Québec, qu'il avoit hiverné aux Tamaroas et qu'il descendoit aux Tonicas porter les choses nécessaires à M, Davion ct à M. de Montigny. J’avois des lettres de ce dernier, je les luy donnay. Après qu'il i*s eut lues, il prit la résolution de rebrousser chemin, — Vendredy 21 May. Je me suis servy de l’occasion de M. de Bouteville pour escrire à un Jésuite de ma connoissance, que ce Vonsieur m’avoit dit estre aux Tamaroas, et pour le prier de m'envoyer des vivres.

1. Lesueur, 16 Juin. — Vets les huit heures du soir, le Jésuite de ma connoissance dont j'ay parlé, est arrivé dans un canot d'escorce, — 380 3’ latitude nord.

‘appris de

e, il avoit

x Illinois, ous avions ilavoit pu,

. Le Sueur res, en luy t- Antoine, s, que nous lus haut, Il oguer nuit et Jilinois, d’où à sa parole, canot rempli s le tems de ux jours. Îl y , parce que la $ les bois de

estoit dans ce

Sueur voulut le R. Père luy rirles malades.

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qu'il descendoit ee de Montigny: J'avois eut lues, il prit la e suis servy de l'occonnoissance, qaué ce ier de m'envoyer des

suite de ma connois-

380 3’ latitude nord.

RELATION DE PÉNICAUT. 407

le plus malade et que tout le monde se portoit bien, ce qui surprit fort le R. Père et les quatre François qui estoient venus avec luy. Quand nous fusmes de retour à nostre chaloupe, nous fusmes ravis de trouver une si grande abondance de vivres. Après les avoir sortis du canot pour les mettre dans nostre chaloupe, chacun se jeta dessus. Le R. Père croyoit que nous en allions tant manger que cela nous fairoit du mal; il fut fort estonné que nous ne mangeasines pas chacun la pesanteur d’un quarteron de viande, et autant d’une espèce de galette ou tourte. Mais, en revanche, nous beusmes assez bien du via d'Espagne. Après avoir resté trois jours dans cet endroit pour reprendre nos forces, nous en partismes et nous montasmes six lieues plus haut, à la gauche, où nous trouvasmes le cap Saint-Cosme. Ensuite, à huit lieues, sur la droite en montant, l’on trouve l'embouchure de la rivière des Illinois. Les Kascaskias estoient venus s’establir depuis deux ans en cet endroit. En dedans le pais, à deux lieues proche le fleuve, il y à une petite isle déserte qui est vis-à-vis l'embouchure. A trois lieues de là plus haut, en montant à la gauche le fleuve Mississipi, l’on trouve la petite rivière de la Saline, nommée ainsy parce qu’il y a deux sources d’eau salée 1, C’est là que les François et Illinois viennent prendre leur sel. Il y a présentement en cet endroit un establissement de François, dont nous parlerons dans la suite. Nous restismes pendant quelques jours en cet endroit à la chasse aux chevreuils, où il y en a grand nombre parce que ces animaux aiment fort la saline.

Ensuite nous allasmes à huit lieues plus haut, où l’on trouve une petite rivière, qui est à la gauche, appelée Mara-

1, Lesueur, 19 Juin.

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mec !. C’est par cette rivière que les Sauvages vont à une mine de plomb qui est à cinquante lieues du bord du Mississipy. L'on trouve à dix-huit lieues de là, plus haut en montant, le village des Iilinois, à la droite du Mississipy, sur le bord de ce fleuve. Nous y abordasmes à la voile 2, en tirant dix ou douze coups de boëtes, ce qui surprit fort les Sauvages, ct

surtout de voir nostre chaloupe, parce qu'ils n’ont que des . petits canots, faits d’escorce d'arbres qui leur viennent du Canada, et quelques pirogues comme dans le bas du Mississipy. Ils nous abordèrent à nostre descente, avec plus de trente marchands canadiens venus pour traiter de pelleteries. Les François qui demeuroient avec les Illinois se mirent sous les armes et firent une agréable réception à M. Lesueur, qu’ils avoient déjà veu en Canada. Il y avoit aussy dans le L ne village trois missionnaires françois et, entr'autres, un nommé M. Berger, grand vicaire de Myr l'Évesque de Kébec, avec

deux autres prestres establis dans ce village, nommés MM. de | Bouteville et de Saint-Cosme. Il y avoit aussy deux Révérends Pères Jésuites, savoir, les RR. PP. Pinet et Limoges. Les Sauvages chantèrent leur calumet de paix à M. Lesueur,

qui leur fit des présens considérables. Nous restasmes dix- en

1. Lesueur. Mercredi 23 Juin. — Dans cet endroit le fleuve fait deux anses qui luy donnent plus d’une lieue de large. Dans l'anse du costé de l'oucst, il y a une rivière que tous les Sauvages des envirous nomment Maramec-Sipy, qui veut dire Rivière à la Barbue, à cause de la grande quantité qui s'y en prend. SI

2, Lesueur, Vendredyÿ 25 Juir.— Vers les sept heures du matin, aprèstrois quarts de lieue faits au N.-N.-E., quatre Sauvages Tamaroas, dans une pirogue, me r vinrent apporter deux calumets de la part de leur chef et me présentèrent à fumer. Une isle converte de bois, de trois quarts de lieue environ et à peu près deux lieues de tour. Le grand chenal de l'est vient du N.-N.-E,.,ct le petit chenal de l’est vient de l'est, Dix ou douze arpents plus haut, sur une prairie à l'est du fleuve, le village des Tamaroas et des Caokias, où nous sommes arrivés vers les neuf heures du matin, Les François ct les Sauvages ayant aperçu notre felouque, firent deux ou trois descharges, et je fis, pour les remercier, tirer deux coups de boëte.…..

ca

ne mine ssiSSIPY « nontant, r le bord nt dix ou yages, Ct t que des nnent du lu Missisc plus de selleteries.

se mirent . Lesueur, ssy dans le un nommé cébec, avec és MM. de deux Révéet Limoges:

M. Lesueur,

stasmes dix-

t deux anses qui ouest, il y a une ipy, qui veut dire end.

après trois quarts une pirogue, me

e présentèrent à iron et à peu près .ctle petit chenal e prairie à l'est du es arrivés vers les çu notre felouque, irer deux coups de

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sept jours dans ce village, où quatre de nos François nous quittèrent pour s'en aller dans le Canada. Nous en reprismes cinq autres à la place, entre lesquels un nommé Chapongas, qui nous servit d'interprète, parlant fort bien la langue de toutes ces nations.

Devant ce village des Illinois, est une isle qui en cache l'entrée. Il n'y a qu'un petit bras du Mississipy, par où l’on aborde tout à l’entour du village. Il y a une très grande prairie, au bout de laquelle sont des montagnes qui font une très belle perspective.

Après avoir embrassé toutes les personnes de notre connoissance, qui nous vinrent reconduire jusqu’à nostre bord, nous partismes ! et nous montasmes le Mississipy six lieues plus haut, où nous trouvasmes, à la gauche, l'embouchure d'une très grande rivière, nommée le Missoury 2. Cette rivière est d’une rapidité épouvantable, au printemps surtout qu'elle est dans sa hauteur; car en passant par dessus les isles où elle déborde, elle en déracine et emporte les arbres. C'est ce qui fait que dans le printemps, le Mississipy, dans lequel

elle se jette, est tout couvert de bois qui flotte dessus, et que l’eau du Mississipy est alors toute troublée de l’eau du Missoury, qui tombe dans la sienne. On n’a pu trouver jusqu'à présent la source du Missoury, non plus que celle du Mississipi *. Les Sauvages qui sont establis sur le bord du Missoury [le descendent ou le montent+], sçavoir, au mois d'Aoust que les eaux sont basses, et à Noël sur les glaces, lorsqu'ils

1. Lesueur partit des Tamaroas ie 12 Juillet 1700, avec une felouque et deux canots, armés de dix-neuf personnes. ‘Autre relation.)

2, Ibid, Le 13 Juillet.

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