EN VILLE
availler à la
de cette an-
rs et quatre
né de nostre mes de cette livres pesant atre milliers soit fort bien, ie en France.
Jacée dans Île qui est sur le jusqu'au pied erre verte, qui sus une terre bruslée comme Nous grattions re dessus ceite
RELATION DE PÉNICAUT. 417
montagne. Si cette mine est bonne, on en pourroit faire un grand trafic, puisque l2 montagne contient plus de dix lieues
de saite du mesme terrain. Il paroist, selon les remarques :
que nous en avons faites, que dans le plus beau temps il y a continuellement un brouillard sur cette montagne. Après vingt-deux jours de travail, nous retournasmes à nostre fort, où les Sioux, de la nation des Sauvages, qui avoient pillé les Canadiens qui s’estoient venus rendre à nostre fort, nous apportèrent des marchandises de pelleterie. Ils avoient plus de quatre cents robes de castors. Ces robes sont de neuf peaux cousues ensemble, que M. Le Sueur acheta et beaucoup d’autres peaux dont il traita avec eux en huit jours de temps. Ii obligea leurs chefs de venir loger avec les Sauvages proche le fort. Ils eurent de la peine à s’y résoudre, parce que cette nation, qui est fort nombreuse, est toujours errante, ne vivant que de chasse, et que lorsqu'ils ont demeuré huit jours dans un endroit, il faut qu'ils aillent à plus de dix lieues de là à la chasse pour pou voir subsister. Iis ont cependant une habitation où ils recueillen! des fruits, qui sont bien difiérens de ceux du bas du fleuve du Mississipy, comme des cerises qui sont en grappes ainsi que nos raisins de France, des atoquas qui est un fruit semblable à nos fraises, mais plus grosses et carrées, des topinambours qui ressemblent à nos truffes, et il y a aussi plus de différentes espèces d'arbres que dans le bas du fleuve, telles aue du merisier, de l'érable, de la plaine, du lierre qui est un arbre qui vient si gros qu’il yen a ayant cinq brasses de tour. Pour ce qui est des arbres que l’on nomme l'érable et la plaine, on les entaille au commen-
cement de Mars, l'on met dans l’entaille un tuyau qui reçoit
son eau, laquelle passe au travers du tuyau et tombe dans un
ES se
vaisseau, qu'ils ont mis dessous pour ja recevoir. Ces arbres coulent en abondance pencant trois mois, depuis le commencement de Mars jusqu'à ja ân de May. L'eau que ces arbres distillent est fort douce ; on la fait bouillir pour la garder jusqu'à ce qu'elle soit en sirop: €t si on la fait bouillir davantage, elle devient en cassonade.
Le froid est encore plus rude dans ces contrées qu'il n'est au Canada. pendant l'hyver que nous passasmes dans nostre fort, nous entendismes esclater, comme des coups de fusil, les arbres qui se fendoient par la rigueur du froid. La glace à autant d’espaisseur qu'ily à d’eau douce dans Ja rivière, et la neige y est condensée jusqu'à cinq pieds de hauteur sur la terre. Toutes CES glaces et neiges fondent ordinairement au commencement d'Avril, ce qui causé Je débordement du Mississipy dans le printemps:
Dès le commencement de l'hyver en ce Pays» c'est-à-dire au mois de Septembre, jes ours montent dans les arbres qui sont creux et SE fourrent dans le creux de ces arbres. Ils y restent six à SEPt mois sans en sortir, et ne S'y nourrissent que de lescher leurs pattes ; quand ils y entrent, ils Sont extrèmement maigres, et quand ils en sortent après l'hiver, ils sont si gras qu'ils ont un demy-pied de Jard. C'est pres”
que tousjours dans le lierre ou Île cyprès que l'ours se fourre,
parce que CES arbres sont ordinairement creux. Quand
on veut en tuer, ON appuy® près de l'arbre, où est l'ours, un autre arbre qui va jusqu’au trou par où l'ours est entré. L'on monte par cet arbre qui est appuyé sur celuy où est l'ours, et l'on jette par Je trou dans le creux de l'arbre où est l'ours des morceaux de bois sec flambant, CE qui oblige l'animal d’en
sortir pour n'y Cire pas bruslé. Lorsqu'il vient à sortir du
s arbres ommenes arbres arder jusavantage
qu'il n'est
lans nostre , de fusil, les ; La glace a rivière, Et la uteur sur la jairement au rdement du
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l'ours S€ fourre:
creux. Quand Li est l'ours, Un est entré. L'on
où est l'ours, €t Où est l'ours des imal d’en
ige l'an tir du
vient à SO
trou de l'arbre, il le redescend à reculons, comme feroit un homme, et alors qu’il redescend on le tire à coups de fusil. Cette chasse est fort dangereuse, car quoyque cet animal soit blessé quelquefois de trois ou quatre coups de fusil, il ne laisse pas de courir encore sur les premières personnes qu'il rencontre, et d’un seul coup de dent et de griffe il les déchire en un instant. Il y en a de gros comme un cheval de carrosse, et qui sont si forts qu'ils cassent un arbre gros comme la cuisse, assés aisément. La nation des Sioux en fait grande chasse; ils s'en servent pour leur nourriture et trafiquent de la peau avec les Canadiens François. Nous leur vendons en eschange fort cher les denréesqu'on leur porte. Le tabac surtout, qui est du tabac de Brésil, estoit élevé jusqu'à la proportion de cent escus la livre; deux petits couteaux à manche de corne ou quatre balles de plomb y sont sur le pied de dix escus en troc de leurs marchandises de peaux, ainsy du reste.
Au commencement de May, nous jetasmes notre chaloupe à l'eau, que l'on chargea de cette terre verte que l’on avoit tirée des mines, et de la pelleterie de nostre commerce dont nous emmenasmes trois canots chargés. M. Le Sueur, avant de partir, tint conseil avec M. d'É- que, gentilhomme canadien, et les trois chefs des Sioux, trois frères, à qui M. Le Sueur dit qu’estant obligé de redescendre à la mer, il les prioit de se maintenir bien en paix avec M. d'Éraque, qu'il laissoit gouverneur du fort L'Huillier, avec douze François. M. Le Sueur fit ensuite un présent considérable, ieur recommandant de ne pas abandonner les François; après quoy nous nous embarquasmes douze hommes, qu'il avoit choisis pour redescendre avec luy à la mer. M. Le Sueur, en partant, promit à M. d'Éraque et aux douze François, qui restoient
avec luy à la garde du fort, de luy envoyer des munitions de guerre des Illinois, d’abord qu'il y seroit arrivé, ce qu'il fit; car il luy dépescha, en arrivant, un canot chargé de deux mille livres de plomb et de poudre, avec trois de nos gens pour Les conduire. Nous restasmes quelques jours aux Illinois, d'où nous partismes, après avoir pris les vivres nécessaires pour redescendre à la mer. Nous couchasmes en descendant à tous les villages que nous avons marquez ci-devant en montant le fleuve ; nous mismes pied à terre à l’establissement, où commandoient MM. de Saint-Denis et de Bienville, qui nous apprirent que M. d'Iberville estoit arrivé au Biloxi, il y avoit plus d’un mois.
MM. de Saint-Denis et de Bienville nous firent le récit d’un voyage qu'ils avoient fait dans la Rivière Rouge, avec un détachement de vingt-cinq hommes, pour chercher les Espagnols du costé du Mexique par cette rivière ’. Ils nous dirent que pendant que nous estions aux Mines, ils l’avoient remontée soixante et dix licues depuis son embouchure, où elle tombe dans le Mississipy, et qu'au bout de soixante et dix lieues, ils avoient trouvé une nation de Sauvages, nommés les Nassitoches, qui leur avoient chanté le calumet de paix, et que, pendant trois jours qu'ils y avoient demeuré, ils s’estoient informés de leurs chefs s'ils n’avoient point de connoissance où ils pourroient trouver l'habitation des Espagnols, ct qu'un de leurs chefs. nommé le Chef Blanc, les avoit conduits par terre avec cix de ses Sauvages jusqu'au village des Cadodaquioux,esloigné de cent lieues des Nassitoches, et que, lorsqu'ils y furent arrivez, ils avoient demandé aux Cadoda-