DE BIENVILLE
année 1702»
büiller à l'isle re fort de la jours après il
sacre pour y
is le 15 décembre
RELATION DE PÉNICAUT, 425
travailler à la construction de plusieurs magazins pour placer les marchandises qu’il avoit amenées dans les deux vaisseaux venus avec luy de France. Il y fit bastir aussy plusieurs casernes pour loger les soldats qui restoient à la garde des marchandises. M. d'Iberville y vint quelques jours après. Il nomma cette isle l’isle Dauphine, ct l'isle Surgère fut nommée aussy depuis ce temps-là l’isle aux Vaisseaux, à cause que c’est le premier abord que l'on trouve pour les vaisseaux en arrivant dans le pays. Il retourna ensuite à la Mobile, où il fit faire plusieurs détachemens sur la rivière, en la remontant pour aller chercher les chefs des nations des Sauvages du pais d’alentour. On prit des Mobiliens pour guides, qui conduisirent nos gens, les uns aux Alibamons, nation sauvage dans la Caroline, les autres aux Chactas et aux Chicachas, qui sont des Sauvages du costé des Illinois. Les chefs de ces nations, avec d’autres plus voisines, les Mobiliens, les Thomez et 'es gens des Fourches, arrivèrent tous ensemble au bout d'un mois à nostre fort, où ils chantèrent le calumet de paix à M. d'Iberville. Celui-ci leur fit à chacun d'eux des présens avant de les renvoyer, et en leur marquant par un interprète de venir librement à nostre fort pour trafiquer leurs denrées et marchandises avec les François, et qu'ils en seroient très contens. Ils s’en retournérent très satisfaits.
Dans ce mesme temps, M. d'Iberville avoit envoyé un traversier chargé de munitions de guerre et de bouche à M. de Saint-Denis, commandant du fort du Mississipy; ils y trouvèrent M. d'Eraque, avec les douze François qui estoient restez avec luy au fort L’'Huillier. Il vint peu de jours après dans les traversiers à la Mobile, où estoit
ho SU MN A IEEE TS WAACTE Éd esp dE ai né te panabrear es
LA LOU ISIANE.
M. d'Iberville, qu'i ayant laissé au e luy envoyer des I ayant attendu il avoit esté attaqué P avoient tué troi ois, à deux portée ant retirez, il avoit esté
apporta que M. Le
| salua, et à quiilr y avoit promis
fort de L'Huillier, lu linois des munitions de guërre n rece-
Sueur, l en partant d et de bouche, et qu voir aucune nouvelle, stins et Renards, qui ailloient dans Îles b ces Sauvages s’est Les marchandises dre et de plomb, d’ à la mer; qu'il avoit lieutenant criminel
longtemps sans € ar la nation des Mascou s de nos Francois qui trav s de fusil hors du fort, et ques obligé, après avoir enterré anquoit de pou cendre avec ses gens n M. Juchereau,
ec trente-cinq hom à Ouabache, qu'il avoit
pit trouvé le canot que
qui luy restoient, voyant qu'il m abandonner le fort pour des
rencontré à Ouisconsi
de Montréal en Canada, av r establir une tannerie
aux Illinois,où il av yoit, et qu'il estoit arrivé sur CE Ci
{. de Saint-Denis la veille que le ris par M. de Saint-Denis i dela commodité du
mes qu'il avoit
emmenés pou descendu avec luy M. de Bienville luy envo ablissement de N arriva, et qu'ayant aPP d'Iberville, il s’estoit SETV traversier pour le venir saluer et luy offrir € d'Iberville, après luy avoir fait à rester à la Mobile.
à l'isle Dauphine pour ÿ exahandises ; il
not à l'Est traversier y l'arrivée de M.
n mesme temps ses services; M. bien des honneurs, l'engagea
M. d’Iberville passa ensuite avoit placé les mare
S magazins où l'on que l'on avoit basties pour
illement les casernes
rde des magazins.
les Espagnols vinr à douze lieues d
& de la Mobile de trente lieues.
que c’estoit sur leur
miner le examina pare Les soldats de la ga
Dans ce Mmesme temps:
mmèrent Pensacola, erre ferme, à le alors er paix et
ent bastir un fort qu'ils no e liste Dar'phine, sur lat Comme nous estions
M. Le promis e guerre en receion des os Frans de fusil avoit esté | restoient, bandonner qu'il avoit nt criminel qu'il avoit ,, qu'il avoit je canot que yé sur ce Ca” veille que Île Saint-Denis ommodité du mesme temps fait bien des
le pour ÿ exaarchandises ; il Lit basties Pour
t bastir un fort de l'isle Darde trente lieues.
cestoit SUT jeut
RELATION DE PÉNICAUT, 427
terrain, nous ne jugeasmes pas à propos de nous y opposer ; mais nous verrons par la suite que ce fort fut le sujet d'une guerre que nous eusmes pendant deux ans avec les Espagnols.
M. d'Iberville, après avoir donné tous les ordres nécessaires et dit adieu à nos officiers, partit au mois de Juin (sic) pour retourner en France.
Peu de jours avant son départ, M. de Tonty, gouverneur des Illinois, vint avec des marchands canadiens à la Mobile, croyant y trouver M. d'Iberville; il salua M. de Bienville, nostre gouverneur, avec qui il demeura pendant quelque temps.
Dans ce mesme temps cinq de nos François demandèrent permission à M. de Bienville d’aller trafiquer chez les Alibamons pour avoir de la volaille ou autres denrées dont ils avoient besoin. Ils prirent occasion de partir avec dix de ces Alibamons, qui estoient à nostre fort de la Mobile et qui s'en vouloient retourner. En y allant, ils s’arrestèrent à cinq lieues de nostre fort, dans un village où il y avoit trois nations différentes de Sauvages assemblées qui y faisoient leur feste. On les nomme les Mobiliens, les Tomez et les Namabas; ils n'ont pas de temple, mais ils ont une cabane où ils vont ongler.
Jongler, en leur langage, est une espèce d’invocation à ieur grand Esprit. Pour moy, qui les ay veüs plusieurs fois, je crois que c’est le diable qu’ils invoquent, puisqu'ils sortent de cette cabane furieux comme des possédez et qu'alors ils font des sortilèges, comme de faire marcher la peau d'une loutre morte depuis plus de deux ans, et qui est pleine
de paille. [ls font plusieurs autres sortilèges qui paroistroient
no a cé sde 5 AR nas R ARE ANNEE ETS a
428 LES PREMIERS pOSTES DE LA LOUISIANE:
incroyables au lecteur. C'est pourquoy je ne veux pas m'y arrester. Je n'en parlerois pas mesine, si je n'en avois pas esté témoin, aussy bien que beaucoup d'autres François qui y estoient présens avec moy. Ceux qui font ces sortes de tours, qu'ils soient magiques où autrement, sont fort estimés des autres Sauvages: Jis ont beaucoup de confiance en leurs ordonnances dans Jeurs maladies.
jis ont une feste au commencement de Septembre, dans laquelle ils ressemblent par un costé aux anciens Lacédémoniens, c'est que Je jour de cette feste ils fouëttent leurs enfans ‘usqu'au Sang: Tout le village est alors assemblé dans une grande place. Il faut que tous y passent, garçons et filles, vieux ct jeunes , jusqu’au plus bas âge, et
quand il ya quelques enfans de malades, la mère est fouettée
pour l'enfant. Après cela, ils font des danses qui durent toute
Ja nuit. Les chefs et les vieillards font une exhortation aux fouettés, leur disant que c’est pour Jeur apprendre à ne point craindre les maux que leur pourroient faire leurs ennemis, et de se montrer bons guerriers, €t de ne point crier ny pleurer, mesme au milieu du feu, supposé qu'ils y fussent jetez. par leurs ennemis.
Nos cinq François, après s'estre reposez en voyant cette feste, partirent avec les dix Sauvages des Alibamons, qui les conduisirent jusqu'à dix lieues près de jeur village. Ils dirent à nos François de rester en cet endroit, parce qu'il alloient à leur village, devant avertir les chefs afin qu'on les vinst recevoir le lendemain pour les y conduire; mais pendant que les François dormoient, ils vinrent Ja nuit sans bruit, SC saisirent de leurs armes et en tuèrent quatre, le cinquième
s'étant eschappé. Comine se sauvoit, s’estant jeté à l'eau
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as esté L s qui y
[e tours;
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bre, dans acédémotent leurs assemblé sent, garpas âge, Et est fouettée durent toute ortation aux ce à ne point rs ennemis, rier ny pleufussent jetez
voyant cette jibamons, qui r village. Ils it, parce qu'ils L afin qu’on Îles mais pendant : mais P | # sans bruit, $e Le cinquième , le cinq
ant jeté à |
’eau
RELATION DE PÉNICAUT, 429
pour passer la rivière à la nage, il receut un coup de hache à l'espaule qu'un des Sauvages luy jeta; il s'en vint quelques jours après à nostre fort, ayant pansé en chemin sa playe avec de la gomme de pin, qu'il maschoit et qu'il appliquoit dessus. Voilà le sujet de la guerre que nous fismes aux Alibamons.
M. de Bicnville fit aussitost avertir les nations voisines de nostre fort, qui sont les Mobiliens, les Tomez, les gens des Fourches, les Chactas et autres. qui vinrent nous joindre au nombre de dix-huit cents hommes portant les armes, et soixante et dix François que nous :stions. Nous avions pour officiers de ce parti MM. de Bienviile, de Saint- Denis, de Tonty, ancien Capitaine de Canada. Les Sauvages Mobilie:s nous servirent de guides. Ce fut au commencement de Septembre que nous partismes tous ensemble, pour aller contre les Alibamons; mais la meilleure partie de ces Sauvages, au bout de cinq ou six jours de marche, nous quittèrent, et les Mobiliens, qui nous guidoient, nous firent faire beaucoup de chemin inutile, désertans pareillement chaque jour, parce qu'ils estoient amis et alliez des Alibamons contre qui nous les menions en gucrre, de sorte qu’au bout de dixsept jours de marche il ne resta que très peu de Sauvages avec nous, et qu'ayant esté mal guidez par les Mobiliens, nous n'avions pas fait trente lieues de chemin en dix-huit jours. M. de Bienville, voyant cette désertion des Sauvages, qui nous abandonnoient tous les jours, dit à nos autres officiers qu’il estoit inutile d’alier plus loin, puisque tous les Sauvages nous quittoient. [l commanda aux François de descendre à nostre fort de la Mobile, ce que nous fismes en quatre jours de droit chemin.
Quand nous fusmes de retour, M. de Bienville fit
Les A A GA AE rl
LA LOUISI ANE:
LES PREMIERS POSTES DE dix canots, et d'abord qu'ils inquante François et nous par-
es jours après, nous fit embarquer €
dont il estoit le premier, cher nostre marche aux
rche, quand nous
faire, quelqu furent achevés, il avec nos officiers, ment la nuit pour cit quelques jours de ma illage des Alibamons, à peu près à testé tuez, nous aperdeux portées de
tismes secrète Sauvages. Au bout de
à dix lieues du v
fusmes atre François avoier
l'endroit où les qu ccusmes du feu. y fusil de ce feu, quatorze cano
toient à la chasse avec jeurs familles.
de lieue, parce qu'il estoit trop grand jour; nous
ne demi-lieue des Sauvages Île reste du jour, à couvert derrière une x hommes sur cette hauteur pour rs cabanes, que nous déallut monter it à-vis. Lorsque
avoit sur la rivière, à ts de ces Alibamons, qui es- Nous redescendismes
un quart restasmes à u dans un endroit oùn Nous montasmes si ndroit où estoient leu de cette hauteur. nf pied à terre vises que leur feu estoit presque esteint et qu'on
M. de Bienville nous fit avancer. Arès
une petite hauteur, escendismes dans un
un fort mauvais chemin. Quand nous fusles Sauvages estoient couchez, un re sèche, qui fit du bruit ormoit pas encore,
os canots estoient
hauteur.
reconnoistre l'e couvrismes facilement
rivière plus haut pour mettre
nous aperceusm
les crut endormis, avoit passé nous d bois, où il Y avoit roche les cabanes où archa sur une ci es Sauvages, qui ne d e un qui vive, CE qu‘ nous oblige bout de quelque temps;
mes P de nos François m en se cassant. Un d à crier en leur langu ence, Le Sauvage, au uit, se coucha. N auvages, nous entendant marcher, e mort et laschèrent un COUP de fusil qui tua un lards, leurs femmes et leurs
se mit à garder le sil
n’entendant plus de br ous avançasmes alors,
mais les S en se levant firent le cry d des nostres. Aussitost |
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emmes et leurs
ass armani ae basaturgae sret tb AU EE SORTE TRE
RELATION DE PÉNICAUT, 431 enfans se sauvèrent. Il n’y eut que les gens portant armes qui se retirèrent les derniers, en nous laschant plusieurs coups de fusil. De nostre costé, nous ignorions si nous en avions tué seulement un, parce que nous ne sçavions, dans la nuit, où nous tirions. Les Sauvages s’estant retirez, nous restasmes à leurs cabanes jusqu'au point du jour; nous les bruslasmes avant d’en partir, pour revenir ? la rivière, où nous trouvasmes leurs canots que nous conduisismes, avec les marchandises qui estoient dedans, à nostre fort de la Mobile.
Nous trouvasmes là dix Sauvages de la nation des Chicachas avec un de leurs chefs, qui attendoient M. de Bienville pour luy demander un petit François, afin de luy apprendre la langue sauvage dans leur village. M. de Bienville leur donna le petit Saint-Michel, âgé de quatorze ans, fils de M. Saint- Michel, capitaine du port de Rochefort, qu'ils emmenèrent avec eux. On leur fit aussy quelques présens. Peu de jours après, M. de Saint-Denis, qui estoit retourné d'abord à son establissement du fort du bord du Mississipy, fit sçavoir à M. de Bienville que la nation des Sauvages, nommez les Bayagoulas, avoient esté défaits par les Taensas, qui avoient bruslé leur village; de sorte que les Bayagoulas, qui en cestoient eschappez, estoient venus se réfugier, à deux portées de fusil de son fort, où il leur avoit donné un establissement pour y bastir des cabanes.
Sur le commencement de Décembre, M. de Boisbriand, voulant aller en parti contre les Alibamons, demanda quarante hommes à M. de Bienville. Il partit avec cinq canots et les vivres nécessaires pour ce voyage. [l rencontra à soixante
et dix lieues, allant dans la rivière des Alibamons, à la
Renan carnaumen mm à
gauche en montant, six des canots des Alibamons; ce qui luy fit juger qu’il y en devoit avoir aux environs à la chasse. Il envoya un soldat françois avec un Canadien à la découverte pour iascher de reconnoistre l’endroit de leurs cabanes. No: gens, les ayant aperceus de loin campés sur le brrü d’un ruisseau, revinrent au plus viste en avertis M. de Boisbriand, qui alla à l'instant avec ses gens, sans faire de bruit, jusque sur eux, sur lesquels il fit faire une descharge. En arrivant, on tua tout ce qu'il y avoit de Sauvages, espargnant seulement les femmes et leurs enfa. qu'on emmena esclaves à la Mobile, avec leurs canots chargez de leur chasse. Les Mobiliens, nos voisins de six lieues, qui sont ailiez aux Alibamons, nous ayant veus passer avec ces esclaves en revenant à la Mobile, vinrent les demander à M. de Bienville, le suppliant de vouloir bien les leur accorder, parce qu'elles estoient de leurs parens, ce que M. de Bienville leur octroya. Cette générosité de M. de Bienville a esté la cause que les Mobiliens se sont joints, par la suite, avec nous dans les guerres que nous
avons continuées contre les Alibamons.
Stan ee van rpng em ane
RELATION DE PÉNICAUT. 433
à qui luy
passe. Il V
couverte |
nes. No DÉTACHEMENT
d'un ruis- C MMANDÉ PAR M. DE SAINT-DENYS CONTRE LES SAUVAGES CHETIMACHAS. riand, qui AUTRE PARTI DE GUERRE
usque Sur COMMANDÉ PAR M. DE CHATEAUGUÉ CONTRE LES ALIBAMONS.
rivant, ON seulement es à la Mo- Mobiliens,