‹ Première formation d'une chaîne de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le golfe du Mexique (1683-1724) [microforme]Chapitre 209 sur 304 · HINE · texte numérisé non relu

HINE

de Février, Mobile. Il amené deux propos, Car aison qui y ;s d’alentour

deux presédicateur, et int-Jacquess de gens de ules et autres

rtout grande

RELATION DE PÉNICAUT. 471

provision de vin, d’eau-de-vie et de viandes salées, qu'on fit placer dans les magasins.

Aussitost, M. de Bienville fit donner ses ordres pour envoyer des Sauvages dans tous les endroits où nous estions allés pour vivre, avertir tout le monde de revenir à la Mobile. D'abord que nous le sçusmes, nous en fusmes fort chagrins, mais il fallut nous résoudre à partir. Ce ne fut pas sans peine non plus du costé des Sauvages, car ils nous aimoient

éritablement, surtout les filles, qui regrettoient fort de nous voir partir, entre autres, celles à qui Picard avoit commencé à montrer à danser au son du violon. Avant le départ ils nous firent présent de plusieurs peaux de chevreüils, qui nous servirent bien en descendant le Mississipy, car il faisoit bien froid ; ils nous fournirent aussy des vivres pour quatre jours. Après les avoir embrassés, nous entrasmes dans nos canots et nous partismes pour descendre à la Mobile, où nous arrivasmes en trois jours, Nous saluasmes MM. de Bienville et de Noyan, auxquels nous contasmes avec quel agrément nous avions demeuré chez les Colapissas, ce qui leur fit plaisir; mais ce qui nous en fit aussy à nous fut de voir les provisions qui nous estoient arrivées et d’y trouver du vin, que nous n'avions pas chez les Colapissas, ce qui nous consola de la perte des faveurs de leurs filles.

Le nombre des prestres estant augmenté, on fit bastir, à la gauche du fort, un plus grand presbytère que celuy qu'ils avoient. Il estoit situé sur une éminence d’où ils descouvroient tous les environs.

Pendant ce temps MM. de Bienville et de Noyan envoyèrent deux François Canadiens porter des lettres, par terre, aux

Illinois Kaskaskias, parce que M. de Bienvilie désiroit de sça-

voir combien il y avoit de chemin par terre. On leur donna deux Mobiliens pour guides; ils allèrent de la Mobile aux Chactas, à soixante et deux lieues de la Mobile, ensuite ils passèrent par les Chicachas, qui sont cinquante lieues par delà les Chactas ; ils gagnèrent de là la Rivière d'Oüabache, qu'ils passèrent dessus un petit train qu'ils firent, et de là, à trente-trois lieues plus haut, ils trouvèrent les [linois Kaskaskias, d'où ils revinrent au bout de six mois de voyage, en redescendant le Mississipy. D'abord qu'ils furent arrivez à la Mobile, ils rendirent à M. de Bienville les lettres de messieurs les R. P. Jésuites, et luy dirent qu'il n’y avoit que cent quatre-vingt-quinze lieues par terre, au lieu que par le Mississipy il y en a quatre cents. La nation des Illinois Kaskaskias est catholique. Ces Sauvages ont quitté depuis trois ans l'habitation qu’ils avoient sur le bord du lac Pimiteouy, soixante lieues en dedans la Rivière des Illinois, en montant depuis son embouchure, où elle se jette dans le Mississipy, et sont venus s’establir sur une pctite rivière qui porte aujourd’huy leurs noms, à deux lieues du bord du Mississipy, à la droite en montant, quarante-trois lieues en decà de la Rivière des Illinois. Cette nation est fort civilisée, nous en parlerons dans la suite.

M. de Noyan, au bout de deux mois de son arrivée, s’en retourna en France.

Nous allasmes, quelques jours après, à Pensacola avec M. de Chasteaugué reporter au gouverneur du fort les farines qu’il nous avoit prestées l'année précédente. En revenant de Pensacola, comme nous approchions avec nostre traversier de l’isle Dauphine, vers la petite isle de sable qui est devant, nous

aperceusmes de loin comme un petit vaisseau marchand.

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M. de Chasteaugué fit voguer vers cet endroit pour reconnoistre si ce ne seroit pas des Anglois ; nous en estant approchés davantage, nous vismes que c’estoient des personnes qui nous faisoient signe de les venir secourir. M. de Chasteaugué fit avancer le traversier jusqu'à la portée de la voix. Alors nous les entendismes crier assés distinctement en françois &'avoir pitié d'eux et de vouloir venir pour leur sauver ja vie. Aussytost, ne doutant pas qu'ils ne fussent Francois, nous allasmes à eux, et nous les secourusmes. Ils avoient eschoué sur la pointe de cette isle, où ils avoient esté poussez par une tempeste, qui les avoit battus pendant dix jours de suite. Plus de la moitié ae leur monde estoit périe et tombée dans la mer. Ils avoient esté entièrement démastez; la proue du vaisseau avoit esté brisée par la violence de la tempeste. Ils avoient esté obligez de jeter en mer tous leurs canons et leurs munitions. Il y avoit quatre jours qu'ils n’avoient pas mangé ; ils estoient si transportez de joye du secours qui leur arrivoit, contre toute espérance, qu'ils baisoient la terre en arrivant dans l’isle Dauphine, où nous les portasmes dans nostre chaloupe. M. de Chasteaugué leur fit aussytost donner à manger, mais peu à la fois, de peur que la quantité ne leur fist mal. Le capitaine du vaisseau, qui se nommoit M. de Saint-

Maurice, estoit de la Martinique, et il en estoit parti avec son

vaisseau pour aller trafiquer à la Havane et à la Vera-Cruz,

où ilavoit vendu très bien sa marchandise; mais, en s’en re-

tournant, il eut un calme qui dura dix-huit jours. Comme les

vivres commençoient à luy manquer, quelques matelots,

tels qu'il y en a tousjours parmi ces gens-là qui vivent en

impies, au lieu d’implorer le secours du ciel, se mirent à

jurer et à faire des imprécations contre Dieu; ils jetèrent en

SENS en

mer un petit tachée au col; c'esto

L k , protection de ce saint, à qui le maist ls eurent cette tempeste que je

dévoué. Dès le lendema ?

viens de rapporter, qui fit pi" plus de cinquante de ces blasrte du vaisseau. C'est

E ent la cause de la pe ce que M. Maurice, capit dit à M. de Chas-

| teaugué, et que j'ay entendu, comme j€ le rapporte. Il luy resdit qu’on trouveroit ins le “able, et qu'il prioit M. de pour Île remercier de l'oblia vie à luy et à Ses qui estoient

de bois, avec une

aint Antoine, de sculpture tt le nom du vaissca re du vaisseau l'avoit

u sous la

pierre at

phémateurs qui fur

aine du vaisseau,

mille piastres, qu'il

toit encore quarante !

à fond de cale du vaisseau de Je vouloir accepter de luy avoir sauvé |

Chasteaugué

gation qu'il luy avoit Juy restoit encore quar ifs la pluspart,quan peine avoient-ils la fo a chercher les quar

ante-cinq hommes nous les transportasmes à

gens. Îl plus morts que V l'ile Dauphine, car à nir. M. de Chasteaugué envoy qu'on put sauver de ce qu'il y av aälisle Dauphine: Mais bien loin de

rce de se sousteante mille

oit dans le

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