IGNY
Ja mer, estant tous les meudes espèces de ralement toutes & fort.
esme temps à
che le nouveau
ien establis au un vaisseau qui
’estoit la frégate
RELATION DE PÉNICAUT. 485
nommée la Renommée, coinmandée par M. de Rémonville, qui en estoit le capitaine.
Le sieur de Valigny, oflicier, qui a esté depuis garçon major du fort, estoit venu dans ce vaisseau avec vingt-cinq François, qu’il avoit conduits pour joindre à la garnison.
L'on débarqua les munitions de guerre et de bouche, que l'on mit dans les magazins du fort de l'isle Dauphine avec des troupes pour les garder. Il vint aussy beaucoup de monde prendre habitation dans l’isle. Il s’y forma ainsi une espèce de petite ville, parce que toutes les personnes libres, qui arrivoient dans les vaisseaux venant de France, s'y establissoient.
M. de Rémonville partit quelque temps après pour aller à la Vera-Crux, par ordre de MM. d’Artaguiette et de Bienville, pour v'traiter de marchandises et eschange de farine et de best'aux dont nous avions besoin, parce que le débordement des eaux, qui estoit arrivé l’année dernière, avoit inondé toutes les maisons des Sauvages et avoit pourri les grains semez dans la campagne, de sorte que depuis lors nous estions la plus part obligez d'aller dans les bois à la chasse aux bœufs et aux chevreüils pour nouvoir subsister.
M. Blondel, lieutenant d'infanterie, alla demeurer avec trente soldats aux Chactas pour y vivre. Le sieur de Valigny alla avec vingt-cinq soidats dans la baye de la Mobile, du costé de la Rivière aux Poissons ; il avoit pris aussy avec luy huit Sauvages des Apalaches, fort bons chasseurs.
Ces Apalaches, dont le village avoit esté destruit par les Alibamons, estoient venus, comme je l’ay dit, s’establir entre ies Mobiliens et les Tomez, dans un endroit que M. de Bien-
ville leur avoit donné, avec des grains pour ensemencer leurs
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terres la première année, mais j'année que nous quittasmes l'habitation du premier fort de la Mobile, ils nous suivirents et MM. d'Artaguictte €t de Bienville leur marquèrent leur habitation au bord de la rivière Saint-Martin, une lieue audessus de nous; du bord de la baye. Les Taouachus furent placés aussÿ dans la rivière, à aboutir une Jieuc au-dessus des Apalaches. Jis avoient quitté également Les Espagnois à cause des guerres des Alibamons; is ne sont pas chrestiens comme les Apalaches, Ja seule nation chrestienne qui soit venue du costé des Espagnols.
Les Apalaches font le service divin, comme les catholiques en France. Leur grande feste est le jour de la Saint-Louis ils viennent, ja veille, prier Jes officiers du fort de venir à ja feste de leur village, et ils font, ce jour-là, grande chère à tous CCUX qui ÿ viennent, €t surtout aux F rançois.
Les prestres de nostre fort Y vont dire la grande messe, qu'ils entendent avec beaucoup de dévotion, chantant les psaulmes en Jatin comme on fait en France, €t l'après disner les vespres et Je salut du Saint-Sacrement: Les hommes et les femmes y sont: CE jour-là, très proprement habillez. Les hommes ont une espèce de surtout de drap ct les femmes des manteaux, des jupes d'estotles de soye à la françoise, à l'exception qu’elles n'ont point de coëfluress estant teste nues leurs cheveux, Jongs et fort noirs, sont tressez et pendent en une où deux tresses pal derrière, à Ja manière des Espagnolettes. Celles qui ont Les cheveux trop longs les replient jusqu'au milieu du dos ct Jes attachent avec un ruban.
Jis ont une église, où un de nos prestres françois va
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baptismal, pour y baptiser leurs enfans, et un cimetière à costé de l’église, dans lequel il y a une croix, où on les enterre.
Le jour de la Saint-Louis, après le service fini, vers le soir, ils s’habillent en masque, hommes, femmes et enfans; ils dansent le reste du jour avec les François qui s'y trouvent, et les autres Sauvages qui viennent, ce jour-lä, à leur village; ils ont des viandes cuites en quantité pour les régaler. Ils aiment beaucoup les François, et il faut avouer qu'ils n’ont rien de sauvage que le langage, qui est meslé de la langue des Espagnols et des Alibamons.
M. de Rémonwville revint sur la fin de l’année avec plusieurs sacs de farine; mais il n’a pu faire autant de commerce qu'il auroit souhaité, parce que le gouverneur de la Vera- Crux ne voulut pas luy permettre un commerce ouvert. On luy envoya à la rade quelques sacs de farine avec ordre de retourner aussitost.
M. de Bicnville fit bastir à une lieue du fort, du costé de la mer, une fort belle maison avec un jardin, qu'il y fit planter et beaucoup de terre à l'entour qu'il fit labourer.
ARRET nl
488 LES PREMIERS posTES DE LÀ LOUISIANE:
XIIT
MM. D'ARTAGUIETTÉ ET DE BIENVILLE EXVOYENT AUX JLLINOIS POUR CHASTIER DES CANADIENS qui Y CAUSOIENT DES DISORDRES:
DESCRIPTION PES MŒURS DES ILEINOIS KASKASKTAS »
Dé LEUR RELIGION) DE LEURS MARIAGES HE DE LEUR CHASSE
(nn)
ES
Au commencement de cette année, plusieurs marchands du Canada descendirent des Jilinois Kaskaskias avec des marchandises de pelleterie qu'ils apportoient àla Mobile pour Y trafiquer. — jls donnèrent des lettres à MM. d'Artaguiette €t de Bienville de ja part du R. P. Gabriel Marest, Jésuite, qui marquoit à Ces messieurs qu'il les prioit d'envoyer un officier avec des soldats POUF empescher jes désordres de plusieurs marchands canadiens qui, SOUS prétexte d'y commercer; y commettoient ouvertement plusieurs crimes scandaleux, En desbauchant les filles et femmes des Illinois, et les détournant de se convertir à la foy de notre religion, Ce qui en empes” choit Île progrès. — Sur cet Avis MM. d'Artaguiette Ct de Bienville y envoyèrents quelques jours après, un sergent avec douze hommes; dont je fus du nombre. — Quand le sergent Y fut arrivé, il nous jaissa à nos canots ct alla à pied jusqu'à deux lieues du bor À du Mississipy où est j'habitation des jilinois Kaskaskias. — jlrendit les lettres de MM. d'Artaguiette €t de Bienville au R. P. Gabriel Marest, qui luy on”