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masts, si M. de Champmeslin n’avoit pas fait master les vaisseaux de son escadre après la prise de Pensacola et s’il n'avoit pas, à son retour en France, certifié qu’il y en a de très-beaux sur une petite rivière, qui tombe dans la baye de Pensacola.
Il sera très-avantageux que l’on puisse procurer à la Compagnie des retours de bois longs.
Elle fait passer à la Colonie une compagnie de deux cent dix ouvriers suisses, dont on pourra employer partie à la coupe de ces bois.
L'on ne peut douter qu’il ne se puisse tirer un jour uné quantité considérable Ge soye de la Colonie ; tout y est propre pour cela. Les vers y viennent à merveille, et les meuriers y sont en abondance; mais commeils sont répandus dans les bois ou dans des cannes, il est diflicile d'en faire usage. La Compagnie a ordonné par toutes ses lettres d'obliger les concessionnaires de transplanter ces arbres autour de leurs habitations. Il est nécessaire d'y tenir la main, au moyen de quoy ces Messieurs produiront, en peu de temps, des nourritures considérables de vers pour remplir cet objet de commerce, que l’on doit regarder comme important.
Depuis que la Compagnie est en possession de la Louisiane, elle n'a point cessé de chercher les moyens de lier un commerce avec les Espagnols. Elle a envoyé diflérens projets pour y réussir, mais elle a toujours vu avec peine que les commandans et directeurs de la Colonie en ont negligé l'exécution. L'avantage qu’elle sent que l’on tirera de ce
commerce luy a fait donner de nouveaux ordres au mois de Février dernier, suivant lesquels elle recommande precisément de faire un establissement à la baye Saint-Bernard,
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ainsy qu'elle avoit cy devant ordonné d’y construire ‘in fort et de faire un autre establissement au haut de la Rivière des Cannes, qui tombe dans cette baye.
Ces établissemens faits nous mettent en estat de fixer et de tenir dans notre party les nations sauvages de ce canton, qui augmenteront nos forces contre les entreprises des Espagnols qui en sont très-proches, la Rivière des Cannes prenant sa source où leurs mines sont situées. Le grand éloignement qu’il y a de Icurs mines aux establissemens, dont ils tirent tous Îes secours qui leur sont nécessaires et les marchandises dont ils ont besoin, les doit porter immanquablement à avoir recours à nous pour s’en procurer.
La Compagnie ordonne encore un autre establissement en haut de la Rivière des Akansas, vers les Padoucas qui commercent avec les Espagnols.
L'on ne doit rien négliger pour former ces establissemens. La Compagnie a recommandé de luy envoyer des estats des qualitez et quantitez de marchandises nécessaires pour l’ouverture et l’entretien de ce commerce.
Le canton des Illinois est remply de mines d'argent, de plomb et de cuivre, qui doivent produire des retours considerables à la Compagaie en y faisant travailler. Elle a envoyé à la Colonie une compagnie de mineurs pour faire l'ouverture de ces mines et commencer ce travail afin de donner l'exemple aux concessionnaires et aux habitans. La troupe du sieur Renault, composée de gens entendus à ce travail, a passé en même temps à la Colonie, mais ces deux troupes n’estoient point encore aux Illinois, suivant les dernières nouvelles de la Colonie, La Compagnie a fortement recommandé
de mettre tout en usage pour les y faire passer sans perte de
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temps, et pour ne leur laisser manquer de rien de ce qui peut estre necessaire pour les mettre en estat de procurer incessamment des retours, de quelque matière que ce puisse estre.
Comme il se peut fabriquer une grande quantité de bray ct de goudron à la Colonie, il est nécessaire de prendre de justes mesures pour en procurer des retours considérables à la Compagnie.
Il a desja esté fait marché avec un nommé gelsaqui pour fournir le baril de goudron à 8 livres en argent, ou à ro livres en lettres de change ou marchanuises. On luy a donné quatre nègres pour le compte de la Corapagnie, aux conditions de leur apprendre son mestier et sans luy en fournir un plus grand nombre, avec quelque trente-six mois, afin de se former une plus grande quantité de travailleurs. Mais comme les chaleurs du pays font couler le goudron, lorsqu'il est embarillé, il convient de faire une espèce de citerne, dans laquelle on jettera tout ce qui sc fabriquera pendant l'été, et lorsque les chaleurs seront diminuées, on ferà emplir les futailles pour estre chargées sur les vaisseaux qui repasseront en France.
La Compagnie a recommandé, il y a longtemps, des constructions de moulins à eau pour moudre le bled et scier des planches. Elle a envoyé un ingénieur machiniste pour y faire travailler, mais on n’a encore rien fait.
Elle a fait passer depuis plusieurs ingénieurs et grand nombre d'ouvriers fort entendus dans ces sortes d'ouvrages, et comme ce pays est arrosé de petites rivières et ruisseaux et que l'on y trouve en abondance tous les bois propres à ces
constructions, il taut espérer que l’on ne différera plus à les faire.
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Peut estre négligeroit-on de construire des bastimens et fortifications de la colonie aussy solidement qu'on le peut faire, sous prétexte que l’on manque de pierres ou que les carrières sont trop éloignées. La Compagnie sait qu'il y en a plusieurs à portée de la Mobile, dont la pierre est de mesme qualité que celle qui se trouve aux environs de Paris, et qu'il y a une très-belle carrière, où le Ruisseau de Baille prend sa source. Ainsy l'on doit avoir attention à faire visiter toutes ces carrières pour tirer de là pierre de celles d’où le transport sera le plus facile à faire.
L’embarras que la Compagnie a appris qui se trouve dans la distribution des vivres aux troupes ne peut provenir que du peu d'ordre « "a dans la manière dont elle se fait. — Ainsy l'Ordonnauu doit régler tous les jours et heures, où cette distribution devra estre faite, et la faire faire par la Compagnie, en chargeant de la réception un des sergens de chaque troupe, en présence d’un officier de la mesme compagnie, qui en fera faire la répartition aux soldats qui composeront la compagnie.
Le mesme ordre doit s'observer pour le prest afin que les décomptes soient toujours faits par compagnie.
L'intention de la Compagnie est que l'ordonnateur tienne sévèrement la main à ce que chaque officier ne soit payé que suivant le grade porté par la commission qu'il aura de la Compagnie, nul officier ne devant recevoir d’appointemens, s’il n’a une commission qui fasse connoître sa qualité.
Cependant, si le cas arrivoit que le commandant de la colonie soit obligé de faire servir un particulier en qualité d'officier, l'Ordonnateur luy fera fournir une subsistance
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