TERA
le La marine.
isiane, ce 4 Mars 1721.
tre Altesse Sérénisivons de l'entrée du
fleuve du Mississipy. Le sieur de Pauger, ingénieur ordinaire du Roy, l'a descendu deux fois jusqu'à la mer. Il a bien voulu me rendre compte de ce voyage. Je ne croy pas pouvoir mieux faire, Monseigneur, que de vous envoyer la lettre qu’il m'a écrite à ce sujet et d’y joindre le plan qu'il a tiré de l'embouchure dufleuve. Une maladie qui. est survenue à M. de la Tour, brigadier des ingénieurs, lorsqu'il se préparoit à voir les choses par luy-mesme, cause un retardement, en ce que l'on continue à faire les déchargemens des vaisseaux au Biloxy qui est hors de portée, au lieu de placer le principal poste sur le fleuve. C'est ce qui m'a engagé, Monseigneur, à dérober la copie du plan, que je prends la liberté de vous envoyer, le sieur de Pauger n'ayant pas voulu me le donner sans ordre de son brigadier. Votre Altesse Sérénissime verra par sa lettre et le plan que nous sommes assurés d’un port pour les vaisseaux de troisième rang, et l'espérance que nous avons que la barre'de l'entrée de ce fleuve s’emportera facilement, sans crainte qu'il s’en forme d'autre, sitost qu’on y aura fait quelque ouvrage qui ne coustc as considérablement. Le R. P. Charlevoix, qui a descendu ce fleuve, en est charmé ; etcomme je ne doute pas qu’il ne fasse à Votre Altesse Sérénissime un détail exact de tout, je crois que je ne dois rien adjouter pour le présent.
Je prends la liberté de vous faire ressouvenir, Monseigneur, qu'il y a trente-un ans passés que j'ai l'honneur de servir le Roy, huit ans dans la marine, où j'ay été de toutes les expéditions de feu mon frère d'Iberville, que j'ay été dangereusement blessé, que j'ay eu plus de part encore que luy à la découverte du Mississipy, ainsi que luy-mesme le témoigne dans ses mémoires, et qu’il y a vingt-trois ans que je commande en cette
colonie sans en estre jamais sorty. Ce qui me fait espérer que Votre Altesse Sérénissime voudra bien me faire la grâce de m'en accorder le gouvernement général.
J’ay l'honneur d’estre avec un très profond respect, Monseigneur, Votre très humble et très obéissant serviteur, BIENVILLE.
ORZRE DONNÉ A M.DE PAUGER PAR M. DE LA TOUR D'ALLER A LA NOUVELLE-ORLÉANS DRESSER UNE VILLE RÉGULIÈRE.