LES ILLINOIS
Extrait du Mémoire concernant l'estat présent du Canada
et les mesures à prendre pour la seureté du pays. 12 novembre 1683.
Pour éviter d’estre trop long, il est bon de se contenter de ces réflexions pour en faire sur l’ennemy, qui peut estre plus en estat d'inquiéter la colonie et songer aux remèdes.
Le plus à craindre est l'roquois, qui se trouve le plus
puissant par la facilité qu'il a de s’armer chez ses voisins en
leur enlevant leurs enfans en bas âge, qu'il naturalise. C'est le seul endroit qui augmente les Iroquois, car d'eux-mesmes, par leurs desbauches d'eau-de-vie qui les entraisnent dans des désordres épouvantables, s'ils ne faisoient point d'esclai ;, le peu d’enfans que leurs femmes élèvent ne les pourroit soustenir asseurément.
Leur grand commerce d'armes et de munitions à bas prix chez les Anglois leur a donné jusques icy tout l'avantage qu'ils ont sur les autres nations, qui pour estre désarmées ont esté détruites par ceux-là qui en sont tout orgueilleux. Les Anglois mesme dans la Virginie en ont souflert et en souflrent
encore tous les jours, mais l'intérest du marchand d'Orange
et de M:
vouloien nation pl paux vill dans. Le hommes d'Orange cinquante Le troisi hommes, gouin, qu lieues du sont, à ci armes, à « Les So insolents.
des vivres cela que c« à propos, s navigation quinese p Le poste le mettant :
du lac Ont sont csloig costé du M La situat des barques moyennant
Le trajet de
et de Manate l'emporte sur tout intérest public, car s’ils ne vouloient pas leur vendre de la poudre, on réduiroit cette nation plus aisément qu'aucune. Elle consiste en cinq principaux villages qui, chacun d'eux, en ont d'autres petits dépendans. Le premier se nomme Anié, qui peut mettre deux cents hommes sur pied en estat de servir et qui sont à dix lieues d'Orange. Le deuxiesme est Onneioust, qui peut mettre cent cinquante hommes sur pied, à quinze ou vingt lieues d'Anié. Le troisiesme est Onnontagué, qui peut faire trois cents hommes, à cent lieues de Montréal. Le quatriesme est Goyogouin, qui peut mettre deux cents hommes sur pied, à douze . lieues du lac Ontario. Et les Sonnontouans, le cinquiesme, sont, à ce que l'on dit, douze cents hommes portant les armes, à cinq lieues du lac du costé du Sud.
Les Sonnontouans, comme les plus forts, sont les plus insolents. [l ne faut pas croire que jamais on puisse mettre des vivres pour les troupes qui les iront chercher. Et c'est en
cela que consiste tout le soin et toute la peine de le faire assez
à propos, sans que l'ennemy s'en aperçoive, tant à cause de la navigation de la rivière, qui est remplie de rapides et cascades | qui ne se passent que par portages, outre l'esloignement.
Le poste de Catarakouy me paroist le plus avantageux, en le mettant mieux en estat de deflense qu'il n'est : c’est l'entrée 8 du lac Ontario, de l'extrémité duquel les Sonnontouans ne sont csloignez que de cinq à six lieues en beau pays, du costé du Midy.
La situation de ce fort est assez avantageuse pour \ tenir des barques en seureté des vents et des insultes des Sauvages, moyennant quelque dépense qu'il y faudra faire pour cela
Le trajet de ce lac est de quarante à cinquante lieues à faire
pour débarquer au plus près des Sonnontouans. Les trois barques qui sont à Catarakouy seront d'une extrême utilité pour cette entreprise, en les mettant en cstat de servir, car elles sont fort néoliuées.
On peut voir par le plan de ce fort qu'il auroit peu estre | Il
mieux placé dans F1 pointe de a langue de terre, qu'on auroit
peu isoler, en faisant un fossé du costé de la terre ferme. Je crois qu'une muraille de vingt-cinq pieds de hault, flanquée de demy-tours, auroit peu sutlire pour des Sauvages qui n'ont point l'usage du canon.
[l me paroist d'une conséquence extrème que le Roy se rende le mastre absolu de ce lac, qui est de plus de trois cents lieues de tour. Je suis persuadé que les Anglois voudroient fort y avoir un poste, ce qui scroit d'un préjudice extrème à la colonie ct à la puissance du Roy en ce continent, dont Sa Majesté aisément se peut rendre maistre sans aucune opposition, par l'establissement solide d'un poste avec des barques sur ce lac et par un autre fort et des barques sur le
lac Erié, qui, par la rivière de Niagara, n'est esloigné de ce
lac Ontario que de deux licues. Mais comme ce poste ne se peur prenne qu'aprés Avon peine Les-RoguOrs., AYAnE. que d'entrer dans le détail des moyens de se rendre maistre de cetti tion. je di encor sur la conséquence d'occuper ces postes, que les Anglois ont une facilité si grande pour S\ Hir,qu'il nv a que la seule puissance des Froquois qui W
a empeschés d'y avoir des postes; puis de Manatte et d'Orange on va tres aisément à cheval au lac Ontario, n’y ayant qu cent lieues de distance par u
La conséquen poste à occuper sur Île lac Érié est aisée à juger, puisque :e lac, avec des barques, on peut tres
aiséme grande en res] par ce!
ct que difficult a dans croisant commer.
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