I.NXnODLCTION
sanction. Faciles à énoncer, ces conditions sont d'une réalisation fort difficile.
Pour un avenir dont la distance échappe encore, les prévisions sont moins sombres parce que le monde verra se développer progressivement un nouveau facteur de paix : l'interdépoiulance financière et industrielle des peuples. Au milieu des motifs de collisions : haines ethniques, ambitions, rivalités industrielles, etc., il représente l'unique aurore d'apaisement. Trop de dissemblances mentales séparent certaines races pour qu'elles puissent arriver à sympathiser, mais la communauté des intérêts économiques les obligera sans doute à se supporter.
Aucun philosophe ne saurait prédire actuellement ce que sera la vie nouvelle dont les fondements émergent à peine des brumes du destin. L'imprévisible nous enveloppe. Des problèmes redoutables se dressent chaque jour, et, comme pour ceux posés par le sphinx de la légende antique, il faudra les résoudre ou périr.
Jamais peut-être pareils sujets "d'investigation ne s'étaient olï'erts aux méditations des penseurs.
La tâche des hommes d'État dirigeant la vie des peu[)les va devenir difficile. Elle le sera plus encore s'ils oublient que les lois créées par les volontés humaines doivent s'adapter aux nécessités naturelles ol jamais prétendre les violer. Los transformations •ioiiales à coups de décrets si souvent tentées par des politiciens autoritaires et simplistes, aboutissent toujours à des désastres.
La guerre européenne montre de (|uel prix se payent
12 INTRODUCTIOr*
les illusions politiques et les erreurs psychologiques. A certaines périodes de l'histoire des peuples les fautes de doctrine, de caractère, de jugement et, par conséquent, de conduite sont sans remède. Elles créent rapidement ces fatalités redoutables sous le poids desquelles de puissants empires ont fini par succomber.
Mais les plus habiles gouvernements n'eurent à aucune époque, et maintenant moins que jamais, le pouvoir de déterminer à eux seuls la prospérité d'un pays. Une nation ne se transforme pas avec des lois. Ses progrès résultent de l'évolution des âmes. L'avenir d'un peuple dépend de la durée et de l'intensité de ses efforts. C'est en lui-même et non hors de luimême qu'il doit chercher les causes de sa grandeur et de sa décadence.