‹ Premières lectures. Beginner's French Reader; short and easy pieces in prose and verse with a complete vocabularyChapitre 112 sur 124 · LES QUATRE SAISONS · texte numérisé non relu

LES QUATRE SAISONS

Ah ! si Fhiver pouvait durer toujours ! disait le petit Henri au retour d'une course de traîneaux, en s'amusant dans le jardin à former des hommes de neige. Son père Fentendit et lui dit : Mon fils, tu me ferais plaisir d'écrire ce souhait dans ce portefeuille. Henri l'écrivit d'une main tremblotante de froid.

L'hiver s'écoula, et le printemps survint.

Henri se promenait avec son père le long d'une plate-bande, où fleurissaient des jacinthes, des auricules et des narcisses. Il était transporté de joie en respirant leur parfum, et en admirant l'éclat de leurs couleurs. Ce sont les productions du printemps, lui dit son père : c'est la saison des fleurs : elles sont brillantes, mais d'une bien courte durée. Ah ! c'est bien dommage, répondit Henri ; pourquoi le printemps ne dure-t-il toujours !

Youdrais-tu bien écrire ce vœu dans mes tablettes, lui dit son père. Henri écrivit, le cœur plein de joie.

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Cependant le printemps ne tarda pas à faire place à Tété. Henri, dans un beau jour, alla se promener avec ses parents et quelques compagnons de son âge, dans un village voisin. Ils trouvaient sur la route, tantôt des blés verdoyants, qu'un vent léger faisait rouler en ondes comme une mer doucement agitée, tantôt des prairies émaillées de mille fleurs. Ils voyaient de tous côtés bondir de jeunes agneaux, et des poulains pleins de feu faire mille gambades auto^ur de leurs mères. Ils mangèrent des cerises, des fraises et d'autres fruits de la saison, et ils passèrent la journée entière à s'ébattre dans les champs.

JST'est-il pas vrai, Henri, lui dit son père, en s'en retournant à la ville, que l'été a aussi ses plaisirs ?

Oh ! répondit-il, je voudrais qu'il durât toute l'année ! Ce souhait fut encore inscrit dans le portefeuille.

Enfin l'automne arriva. Toute la famille alla passer un jour en vendanges : il ne faisait pas tout à fait si chaud que dans l'été ; l'air était doux et le ciel serein ; les ceps de vigne étaient chargés de grappes noires, ou d'un jaune d'or ; les melons rebondis, étalés sur des couches, répandaient une odeur délicieuse ; les branches des arbres se courbaient sous le poids des plus beaux fruits. Ce fut un jour de régal pour Henri, qui n'aimait rien tant que les raisins, les melons et les figues. Il avait encore le plaisir de les cueillir luimême.

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Ce beau temps, lui dit son père, va bientôt passer : rhiver s'achemine à grands pas vers nous pour remplacer Tautomne.

Ah ! répondit Henri, je voudrais bien qu'il restât en chemin, et que Tautomne ne nous quittât jamais.

Alors son père, tirant ses tablettes de sa poche, lui montra et lui fit lire les vœux qu'il avait autrefois formés. Henri rougit, et son père n'eut pas de peine à lui faire comprendre que toutes les saisons de l'année sont bonnes, et qu'elles ont toutes leurs plaisirs et leurs avantages. Tu vois, lui dit-il, combien nos désirs sont souvent peu raisonnables, et combien nous sommes heureux de ce qu'il n'est pas en notre pouvoir de régler le cours de la nature.

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