LES DEUX EPIS
Un laboureur et sa jeune compagne, Avec leur fils parcouraient la campagne,
A l'approche de la moisson ; Ces beaux épis, qui doraient leur sillon, Réjouissaient le cœur d'une douce espérance. Ah ! papa, s'écria l'enfant, Voilà l'épi par excellence !
Begarde-le, comme il est grand !
Tu te trompes, mon fils, lui répondit le père ; Ce qu'il faut admirer, c'est cet épi si plein, Modestement se courbant vers la terre.
Le fol épi, vide de grain.
S'élève toujours d'un air leste :
C'est l'image d'un homme vain ; Mais voici la vertu modeste.
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