‹ Premières lectures. Beginner's French Reader; short and easy pieces in prose and verse with a complete vocabularyChapitre 95 sur 124 · LA VACHE · texte numérisé non relu

LA VACHE

Varène, pauvre veuve, et ses deux filles, étaient lans une position assez précaire. Ce qu'elles gagnaient pendant la semaine, elles le dépensaient pour leur

146 PBEMIEBES LEGTUBES,

entretien. En outre elles perdirent un jour la seule vache qu'elles possédaient et en éprouvèrent une vive douleur. *^Ah! disaient-elles, si Dieu nous rendait seulement notre vache ! car nous n'avons pas assez d'argent pour la remplacer." — '^Faites fidèlement votre part, leur dit la voisine, Dieu ne manquera pas de faire la sienne." '

**Mais comment devons-nous nous y prendre ? demanda Varène."- — ^^ Vous devez d'abord augmenter vos épargnes par votre activité, lui répondit sa voisine. Vous savez toutes trois fort bien filer, tricoter et coudre ; travaillez chaque jour une heure de plus ; vous seriez bien malheureuses si vous ne gagniez pas davantage. En second lieu, restreignez votre dépense par l'économie. Vous buvez tous les jours à votre déjeuner une espèce de bouillon que vous nommez du café : quoique vous n'y mettiez que peu de café et de sucre, cela vous coûte encore trop. Remplacez-le par une soupe nourrissante, et chacune de vous épargnera au moins quelques sous. Observez ces deux points, mettez à part ce que vous aurez ainsi épargné, et vous aurez bientôt assez d'argent pour acheter la plus belle vache."

Varène et ses filles suivirent ce bon conseil, et à la fin de Tannée elles eurent le double d'argent qu'il n'en fallait pour faire l'acquisition d'une vache. Elles avaient en outre appris à améliorer leur état de gêne par leur travail et leur économie, et se trouvaient assez à leur aise. Mais la voisine disait :

"Le découragement nous est toujours funeste; Travaille avec ardeur, et Dieu fera le reste.''

Page 1