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LE PASTEUR

Quand l'astre du printemps, au berceau d'un jour pur.

Lève à moitié son front dans le changeant azur;

Quand l'aurore exhalant sa matinale haleine

Épand les doux parfums dont la vallée est pleine,

Et, faisant incliner le calice des fleurs.

De la nuit sur les prés laisse épancher les pleurs,

Alors que du matin la vive messagère,

L'alouette, quittant son nid dans la fougère.

Et modulant des airs gais comme le réveil.

Monte, plane et gazouille au-devant du soleil:

Saisissant mes taureaux par leur corne glissante,

Je courbe sous le joug leur tête mugissante;

Par des nœuds douze fois sur leurs fronts redoublés,

J'attache au bois poli leurs membres accouplés;

L'anneau brillant d'acier au timon les enchaîne;

J'entrelace à leur joug de longs festons de chêne,

Dont la feuille mobile et les flottants rameaux

De l'ardeur du midi protègent leurs naseaux.

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