M6 PREMIÈRES POÉSIES
NINON
Poorquoi? je suis très-bien.
Écoule : — promets-moi que tu n^en diras rien ; Je viais te confier...
NINETTE
Il faut que je t'avoue....
NINON
Jure-moi sur Thonneur...
NINETTE
Garde-moi le secret.
NINON
Tiens ; ouvre cette lettre.
NINETTE
Et toi, lis ce billet.
NINON, linnt.
u Si l'amour peut faire excuser la folie, au nom du ciel, » ma chère demoiselle, accordez-moi...»
NINETTE, l^anl.
«Si l'amour peut faire eicuser la folie, au nom du ciel, M ma belle demoiselle... »
TOUTES DEUX A iA POIS.
Grand Dieu I le même nom 1
NINETTE
Ma chère, l'on nous joue !
NINON
Quelle horreur!
NINETTE
J'en mourrai.
NINON
Faut-il être effronté I
NINETTE
Flora me paiera cher pour l'avoir apporté !
NINON
Ce beau collier sans doute était sa récompense. Hélas I
NINETTE
Hélas !
Ma chère, à présent que j*y pense.
C'est lui qai t'a suivie, hier, au parc anglais.
NINEITE.
C'était lui qui chantait.
NINON
Tu le sais?
NINETTE
réooutais.
NINON
Je le trouvais si beau !
NINETTE
Je l'avais cru si tendfe !
NINON
Nous lui dirons son fait, ma chère, il faut l'attendre.
NINETTE
Je veux bien ; restons là.
NINON
Comment crois-tu qu'il soit?
NINETTE
Brun, avec de grands yeux. Il n'a pas fSb qu'il croit; Nous allons nous venger de la belle manière.
NINON
Brun, mais pAle. Je crois que c'est un mousquetaire. Nous allons joliment lui faire la leçon.
NINETTE
Bien tourné, la main blanche, et de bonne façon. C'est un monstre, ma chère, un être abominable !
NINON
Les dents belles, l'œil vif. — Un monstre véritable. Quant à moi, je voudrais déjà qu'il fût ici.
NINETTE
Et le parler si doux ! — Je le voudrais aussi.
NINON
Pour lui dire eu deuiL mots...
NINETTE
Pour lui pouvoir apprendre. ,
NINON
Et Fair si laogoureuiL qu'on pourrait s'y méprendre 1...
NINETTE
Ah! mon Dieu, quelqu'un \ient; j'ai cru que c'était lui.
NINON
'C'est lui, c'est lui, ma chère.
(SîItïo entre, le visage coavert de son manteau, et Pépée àla roaini) NINETTE, voyant qu'il hésite.
Entrez donc par ici !
(Irus entre l'épëe à la main d'un côté, le duc Laerte de l'anire.)
IRDS.
Holà I quel est ce bruit?
LAERTE
Holà I quel est cet homme?
[Laerte et Silvio croisent l'épëe.) IRUS, s'interpnsant.
Monsieur, demandez-lui s'il est bon gentilhomme.
LAERTE, donnant dans l'obscurité un coup de plat d'é|>ée à Irus.
Non, non y ^c'est un voleur!
IRUS, tombant.
Aïe! aïe! il m'a tué.
(Flora jette par la fenêtre un seau d'eau sur la tèle d'Irus.)
Au secours ! on m'inonde. Ah I je suis tout mouillé !
(Laerte et Silvio se retireni.) NINON.
Qu'est devenu Silvio?
NINETTE
Je ne vois pas mon père.
(Elles cherchent et rencontrent Iras ) TOUTES LES DEDX.
A l'assassin! au meurtre! un homme est là par terre.
(Elles se sanTenl.) IRUS, seul, couché.
Oui, oui, n'attendez pas que j'aille me lever ; Si je disais un mot, ils viendraient m'achever.
(Flora entre dans l'obacarilé; elle rencontre Irns, qu'elle prend pour SIItio.)
FLORA
Ëtes-vous là, seigneur Silvio ?
IRUS, à part.
Laissons-la croire.
C'est moi I je suis Silvio.
FLORA, reconnaissant Irus.
Vous avex donc reçu Quelque coup de rapière? Entrez dans cette armoire.
(Bile le pousse dans une fenêtre ouverte.) NI NETTE, rencontrant SiItio au fond du balcon.
Entrez dans cette chambre, ou vous êtes perdu.
(Bile renferme dans sa chambre.)