‹ Premieres poésies...1829-1835Chapitre 75 sur 91 · M6 PREMIÈRES POÉSIES · texte numérisé non relu

M6 PREMIÈRES POÉSIES

NINON

Poorquoi? je suis très-bien.

Écoule : — promets-moi que tu n^en diras rien ; Je viais te confier...

NINETTE

Il faut que je t'avoue....

NINON

Jure-moi sur Thonneur...

NINETTE

Garde-moi le secret.

NINON

Tiens ; ouvre cette lettre.

NINETTE

Et toi, lis ce billet.

NINON, linnt.

u Si l'amour peut faire excuser la folie, au nom du ciel, » ma chère demoiselle, accordez-moi...»

NINETTE, l^anl.

«Si l'amour peut faire eicuser la folie, au nom du ciel, M ma belle demoiselle... »

TOUTES DEUX A iA POIS.

Grand Dieu I le même nom 1

NINETTE

Ma chère, l'on nous joue !

NINON

Quelle horreur!

NINETTE

J'en mourrai.

NINON

Faut-il être effronté I

NINETTE

Flora me paiera cher pour l'avoir apporté !

NINON

Ce beau collier sans doute était sa récompense. Hélas I

NINETTE

Hélas !

Ma chère, à présent que j*y pense.

C'est lui qai t'a suivie, hier, au parc anglais.

NINEITE.

C'était lui qui chantait.

NINON

Tu le sais?

NINETTE

réooutais.

NINON

Je le trouvais si beau !

NINETTE

Je l'avais cru si tendfe !

NINON

Nous lui dirons son fait, ma chère, il faut l'attendre.

NINETTE

Je veux bien ; restons là.

NINON

Comment crois-tu qu'il soit?

NINETTE

Brun, avec de grands yeux. Il n'a pas fSb qu'il croit; Nous allons nous venger de la belle manière.

NINON

Brun, mais pAle. Je crois que c'est un mousquetaire. Nous allons joliment lui faire la leçon.

NINETTE

Bien tourné, la main blanche, et de bonne façon. C'est un monstre, ma chère, un être abominable !

NINON

Les dents belles, l'œil vif. — Un monstre véritable. Quant à moi, je voudrais déjà qu'il fût ici.

NINETTE

Et le parler si doux ! — Je le voudrais aussi.

NINON

Pour lui dire eu deuiL mots...

NINETTE

Pour lui pouvoir apprendre. ,

NINON

Et Fair si laogoureuiL qu'on pourrait s'y méprendre 1...

NINETTE

Ah! mon Dieu, quelqu'un \ient; j'ai cru que c'était lui.

NINON

'C'est lui, c'est lui, ma chère.

(SîItïo entre, le visage coavert de son manteau, et Pépée àla roaini) NINETTE, voyant qu'il hésite.

Entrez donc par ici !

(Irus entre l'épëe à la main d'un côté, le duc Laerte de l'anire.)

IRDS.

Holà I quel est ce bruit?

LAERTE

Holà I quel est cet homme?

[Laerte et Silvio croisent l'épëe.) IRUS, s'interpnsant.

Monsieur, demandez-lui s'il est bon gentilhomme.

LAERTE, donnant dans l'obscurité un coup de plat d'é|>ée à Irus.

Non, non y ^c'est un voleur!

IRUS, tombant.

Aïe! aïe! il m'a tué.

(Flora jette par la fenêtre un seau d'eau sur la tèle d'Irus.)

Au secours ! on m'inonde. Ah I je suis tout mouillé !

(Laerte et Silvio se retireni.) NINON.

Qu'est devenu Silvio?

NINETTE

Je ne vois pas mon père.

(Elles cherchent et rencontrent Iras ) TOUTES LES DEDX.

A l'assassin! au meurtre! un homme est là par terre.

(Elles se sanTenl.) IRUS, seul, couché.

Oui, oui, n'attendez pas que j'aille me lever ; Si je disais un mot, ils viendraient m'achever.

(Flora entre dans l'obacarilé; elle rencontre Irns, qu'elle prend pour SIItio.)

FLORA

Ëtes-vous là, seigneur Silvio ?

IRUS, à part.

Laissons-la croire.

C'est moi I je suis Silvio.

FLORA, reconnaissant Irus.

Vous avex donc reçu Quelque coup de rapière? Entrez dans cette armoire.

(Bile le pousse dans une fenêtre ouverte.) NI NETTE, rencontrant SiItio au fond du balcon.

Entrez dans cette chambre, ou vous êtes perdu.

(Bile renferme dans sa chambre.)

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