‹ Premières poésies, 1830-1845Chapitre 120 sur 131 · LE LAURIER DU GÉNÉRALIFE · texte numérisé non relu

LE LAURIER DU GÉNÉRALIFE

Dans le Généralife, il est un laurier-rose, Gai comme la victoire, heureux comme l'amour. Un jet d'eau, son voisin, l'enrichit et l'arrose; Une perle reluit dans chaque fleur éclose, Et le frais émail vert se rit des feux du jour.

11 rougit dans l'azur comme une jeune fille;

Ses ileurs, qui semblent vivre, ont des teintes de chair.

On dirait, à le voir sous l'onde qui scintille,

Une odalisque nue attendant qu'on l'habille,

Cheveux en pleurs, au bord du bassin au flot clair.

Ce laurier, je l'aimais d'une amour sans pareille; Chaque soir, près de lui, j'allais me reposer; A l'une de ses fleurs, bouche humide et vermeille, Je suspendais ma lèvre, et parfois, ô merveille! J'ai cru sentir la fleur me rendre mon baiser....

Généralife.

33C LETRILLA.

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