‹ Premières poésies, 1830-1845Chapitre 56 sur 131 · LA CHANSON DU PECHEUR · texte numérisé non relu

LA CHANSON DU PECHEUR

Ma belle amie est morte :

Je pleurerai toujours ; Sous la tombe elle emporte Mou âme et mes amours.

Dans le ciel, sans m'attendre, Elle s'en retourna; L'ange qui l'emmena Ne voulut pas me prendre.

Que mon sort est amer !

Ah ! sans amour, s'en aller sur la mer!

' La blanche créature Est couchée au cercueil.

Gomme dans la nature Tout me parait en deuil !

La colombe oubliée Pleure et songe à l'absent ; Mon âme pleure et sent Qu'elle est dépareillée.

Que mon sort est amer !

Ah ! sans amour, s'en aller sur la mer !

Sur moi la nuit immense S'étend comme un linceul ; Je chante ma romance Que le ciel entend seul.

Ah ! comme elle était belle Et comme je l'aimais !

Je n'aimerai jamais Une femme autant qu'elle.

Que mon sort est amer !

Ah! sans amour, s'en aller sur la mer!

PFDAIN. 22D

Page 1