‹ Premières poésies, 1830-1845Chapitre 59 sur 131 · DESTINÉE · texte numérisé non relu

DESTINÉE

Le grand lion rugit et la tempête gronde;

A l'horizon fuyard, ni minaret, ni tour;

La seule ombre qu'on ait, c'est l'ombre du vautour,

Qui traverse le ciel cherchant sa proie immonde.

L'on avance toujours, et voici que l'on voit Quelque chose de vert que l'on se montre au doigt : C'est un bois de cyprès, semé de blanches pierres.

Dieu, pour vous reposer, dans le désert du temps, Comme des oasis, a mis les cimetières : Couchez-vous et dormez, voyageurs haletants.

Page 1