‹ Premières poésies, 1830-1845Chapitre 97 sur 131 · MIRAFLORES · texte numérisé non relu

MIRAFLORES

Oui, c'est une montée âpre, longue et pouJreuse, Un revers décharné, vrai site de Chartreuse. Les pierres du chemin, qui croulent sous les pieds, Trompent à chaque instant les pas mal appuyés. Pas un brin d'herbe vert, pas une teinte fraîche; On ne voit que des murs bâtis en pierre sèche, Des groupes contrefaits d'oliviers rabougris, Au feuillage malsain couleur de vert-de-gris, Des pentes au soleil que nulle fleur n'égaie , Des roches de granit et des ravins de craie, Et l'on se sent le cœur de tristesse serré.... Mais, quand on est en haut, coup d'œil inespéré! L'on aperçoit là-bas, dans le bleu de la plaine, L'église où dort le Cid près de dona Chimène !

Cartuja de Miraflorcs.

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