‹ Premières poésies, 1876-1878, avec une préface de Joseph MarmetteChapitre 9 sur 47 · LES AMOUREUX · texte numérisé non relu

LES AMOUREUX

et amour réchauffé s'anime aux feux de Pâtre.

Ils s'étaient rencontrés au sortir du théâtre,

Comme ceci : l'instant de se dire au revoir.

Et depuis, le dimanche et le mercredi soir,

— Ces jours sont de rigueur, qu'il vente ou bien qu'il pleuve •

Bien ganté, l'avocat va passer cher, la veuve

Quelques heures au moins, très-régulièrement.

;p Pinceaux et Palette

— S'aiment-ils ?

— Oui, sans doute, ils s'aiment tendrement.

Si bien que, quand il sonne à son heure ordinaire, C'est la veuve — elle a fait la langue à sa portière — Qui rayonnante accourt et s'empresse d'ouvrir.

— Tiens, c'est vous ! La santé ?

— Mais la vôtre ?

— A ravir !

Et lui, le vieux garçon, timide et respectable, S'asseoit un peu loin d'elle, en extase, à la table Où la veuve savoure un bol de chocolat. Et la soirée ainsi se passe, et l'avocat Songe à son union qu'il dit être prochaine.

Songe-t-il, cependant, qu'ils ont la cinquantaine ?

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