‹ Premières poésies, 1876-78 (volume 2)Chapitre 12 sur 42 · LE TABLEAU · texte numérisé non relu

LE TABLEAU

DANS le salon, parmi les portraits de famille, Pensifs et suspendus par des clous d^or au mur. Aux lueurs que projette un brasier qui pétille, Regardez ce tableau dans ce beau clair-obscur.

L'artiste a voulu peindre une sainte mourante, A genoux sur son lit et priant, les pieds nus. Les mains jointes, la lèvre ouverte et suppliante, Et levant vers le ciel ses beaux yeux ingénus.

Pinceaux et Palette

O sainte convertie I ô ma belle malade !

Comme ta pauvre sœur Madeleine au désert, Entr'ouvre, entr'ouvre encor tes lèvres de grenade !

Ton âme va sortir et le ciel est ouvert.

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