‹ Premières poésies, 1876-78Chapitre 15 sur 19 · SOULAGEMENT · texte numérisé non relu

SOULAGEMENT

SOULAaEMENT

Quand je n'ai pas le cœur prêt à faire autre chose, Je sors et je m'en vais, l'âme triste et morose, Avec le pas distrait et lent que vous savez. Le front timidement penché vers les pavés, Promener ma douleur et mon mal solitaire Dans un endroit quelconque, au bord d'une rivière, Où je puisse^enfm>oir un beau soleil couchant.

0 les rêves alors que je fais en marchant. Dans la tranquillité de cette solitude, Quand le calme revient avec la lassitude !

Je me sens mieux.

Je vais où me mène mon cœur.

Et quelquefois aussi, je m'assieds tout rêveur, Longtemps, sans le savoir, et seul, dans la nuit brune, Je me surprends parfois à voir monter la lune.

L'HIYEll

L'HIVEK

Aux grincements que fait sa botte, Foulant les glaçons sous ses pas, Le menton bleu, Janvier grelotte Sous son paletot de frimas.

On voit baisser le thermomètre ; Et dans le givre du châssis, Février signe, â hi fenêtre, Son nom avec ses doigts rougis.

Les places publiques sont blanches ; La grêle poudre les beffrois.

Triste saison des avalanches, Des craquements et des grands froids

Entrons au logis ! — le vent souffle ; Mais sous le blanc toit des maisons, L'Hiver, le pied dans sa pantoufle, Se réchauffe près des tisons.

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