Premières visites à l'Exposition de 1900
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Introduction
Où, quand, comment? nous direz-vous, chers lecteurs de la première heure.
Allez-vous donc nous guider au travers de la Cité des Fêtes improvisée par la savante main de M. le Commissaire général Alfred Picard?
Ce livre sera-t-il un fil d’Ariane parmi tous ces palais qui font des rives de la Seine une ville inconnue? Sera-t-il la réalisation du dernier chapitre — qui ne fut pas écrit — des Mille et une Nuits?
Ce n’est point là, disons-le vite, ce que promettent à nos lecteurs les pages que l’on va lire. Et cependant, — que l’on nous en
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permette l’espoir, — elles seront comme le substratum scientifique et littéraire de ce qui sera bientôt écrit par toutes sortes de savants, de littérateurs et d’artistes, au sujet de l’Exposition Universelle* de 1900.
Expliquons-nous, tout d’abord, à ce sujet.
Un décret présidentiel , en date du 12 Juillet 1892, décidait l’Exposition qui terminera notre siècle laborieux dans une éblouissante apothéose; un nouveau décret du 9 Septembre 1893 en organisait les services. Enfin, le 13 Juin 1896, était promulguée la loi relative à l’Exposition Universelle.
1896 — 1900 ! Quatre ans à peine pour la réalisation matérielle de cette œuvre énorme qui résume un siècle !
Architectes, ingénieurs, artistes, se mirent à l’œuvre tout aussitôt, et le vaste terrain
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de cette Exposition centennale à laquelle va concourir le Monde entier, fut tout d’abord entouré de vertes palissades.
Notre grand poète national l’a bien dit : Rien n'intéresse autant le public, dans son désir de s’instruire, qu’un mur derrière lequel « il se passe quelque chose ». Or, bien que construites en bois, les palissades encerclant l’Exposition Universelle de 1900 réalisèrent ce fameux « mot poétique » avec un rare succès. Il ne leur manqua, bien qu’elles fussent fragiles, ni la rigidité voulue, ni la discrétion obligatoire, ni les petits interstices par lesquels on aperçoit quelque chose, ni le public fervent qui les contournait en se^s promenades dominicales, sans rien voir par derrière à la vérité, mais qui emportait la conviction parfaite que ce pacifique obstacle procurai!! la tranquillité d’agir voulue à de prodigieux et infatigables travailleurs.
Donc, derrière ces vertes palissades, les terrassiers terrassèrent le terrain récalcitrant, le palais de l’Industrie s’effondra, le pont Alexandre III — dont la preipière pierre fut scellée par la main du Tsar, en une inoubliable journée — jeta sur la Seine son arche d’acier d’un seul jet. Les rives du fleuve se garnirent de constructions imposantes qui resteront plus tard dans le souvenir des visiteurs comme l’inoubliable « Rue des Nations ». Le Champ-de-Mars et l’Esplanade des Invalides se couvrirent de constructions poussant les unes sur les autres comme une féerique moisson architecturale.
Chacun eut désiré, chacun désire plus encore, alors que cet énorme travail préparatoire touche à. sa fin, au moment de l’ inauguration, à l’approche des fêtes prestigieuses,. à la veille de l’apothéose, se rendre compte des difficultés vaincues au
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cours de cette colossale besogne, ainsi que du mécanisme laborieux de cette organisation colossale.
Or, on ne fait de retour du présent sur le passé que par « le livre ». C’est pourquoi, afin de répondre au désir que nous venons d’exprimer, nous nous proposons de faire, avec les visiteurs de demain de la grande Fête du Travail et de la Paix, les (( Premières visites » à l’Exposition Universelle de 1900 telles que, pendant les travaux, l’auteur les fît en personne.
Je dirai : « J’étais là, telle chose m’advint; vous y croirez être vous-même. »
Nous pensons que ce sera un plaisir pour nos lecteurs, pendant la brève période qui nous sépare encore du jour de l’inauguration, que d’en expertiser en quelque sorte le mécanisme constructif. Les nombreux dessins que nous reproduisons, d’après des photographies prises aux périodes succès-
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sives de ce vaste labeur, possèdent et posséderont, de plus en plus, dans l’avenir, un réel intérêt documentaire. On verra aussi, croyons-nous, en parcourant ces pages, comment tout fut organisé, réglé, exécuté, sans erreur ni défaillance, dans toutes les parties de cette vaste entreprise, comment les projets germèrent, prirent corps, et aboutirent.
Tout cela s’est effectué avec, un ordre, une rapidité et* une régularité qui* étonneraient si l’on ne connaissait l’homme qui a dirigé tout cet ensemble de travaux : nous avons nommé M. le Commissaire général Alfred Picard. Pour organiser et conduire à bonne fin une aussi vaste entreprise, il fallait réunir les qualités et la puissance créatrice de l’ingénieur et de l’administrateur expérimenté; on les verra §e manifester à chaque instant et à chaque pas dans les (( Premières visites » que nous allons
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