TELLURE
tellure présente les propriétés physiques d'un métal ; il resiomble beaucoup par son aspect à l'antimoine; les propriétés de ses combinaisons le rapprochent, au contraire, du sélénium et du soufre.
Le tellure est d'un blanc d'argent; il présente un éclat métallique très-vif. Il fond à la chaleur rouge sombre, et , par un refroidissement ménagé, il prend une texture cristalline à larges lame^ briU lantes, qui se manifeste nettement dans la cassure. Le tellure peut prendre l'état gazeux , mais il faut pour cela une température trèsélevée. On peut, cependant, le distiller, mais cette distillation n'est pas possible avec les cornues de terre ou de porcelaine (pie l'on chauffe dans nos petits fourneaux mobiles des laboratoires.
On facilite beaucoup la distillation des matières peu volatiles, en les chauffant au milieu d'un courant de gaz qui n'exerce pas sur elles d'action chimique. Les matières volatiles émettent des vapeurs sensibles à des températures très-inférieures à celle de leur point d'ébullition. Ainsi, l'eau, qui bouta 400® sous la pression ordinaire de l'atmosphère, dégage, à la température ordinaire, des vapeurs notables ; le poids de ces vapeurs ne peut pas dépasser , dans un espace limité , un certain maximum qui dépend de la température ; mais on conçoit que, si l'on enlève les vapeurs à mesure qu'elles se forment, ce maximum ne pourra pas s'établir, et qu'il y aura constamment émission de nouvelles vapeurs, jusqu'à ce que la substance soit entièrement volatilisée.
Pour distiller le tellure, on le met dans une petite nacelle de platine , que l'on place dans un tube de porcelaine disposé dans urf fourneau à réverbère. On fait arriver par l'un des bouts du tube un courant de gaz hydrogène sec, et à l'autre bout, qui doit sortir d*une certaine quantité hors du fourneau, on adapte un tube de dégagement pour donner issue au gaz. On commence par faire passer un courant de gaz hydrogène à travers l'appareil, pour en chasser complètement l'air atmosphérique ; puis on porte le tube de porcelaine à la plus haute température possible, en maintenant le courant de gaz. Le tellure sublimé vient se condenser dans la partie antérieure, plus froide, du/tube.
Le tellure a pour densité 6,26. Cette densité est très-considérable, et, sous ce rapport, le tellure se rapproche encore des métaux proprement dits.
Le tellure, chauffé au contact de l'air, s'enflamme et brûle avec one flamme bleuâtre, en répandant une odeur particulière, difficile à caractériser.
Équivalent = 443,2.
S 66. Le chlore * est un gaz qui se distingue immédiatement de tous ceux que nous avons étudiés jusqu'ici. En effet, ces gaz sont tou» incolores , tandis que le chlore est d'un jaune verdâtre ; c'est cette propriété qui lui a fait donner son nom (de x,>^wp<5ç, jaune verdâtre). Si l'on comprime le gaz chlore, de manière à le réduire à un volume 5 fois plus petit que celui qu'il occupe sous la pression
Fig. 30.
ordinaire de l'atmosphère , il se liquéfie. Ce liquide , d'un jaune vert, a pour densité 4,33. Il n'a pu être encore congelé par aucun froid. La densité du chlore gazeux est 2,44; c'est-à-dire environ 2 { fois celle de l'air, g 67. On prépare le chlore en traitant le peroxyde
de manganèse parl'a-
cide chlorhydrique.
On met le peroxyde de manganèse pulvérisé dans un ballon de verre (fig. 30) , et l'on verse dessus de l'acide chlorhydrique. Un tube abducteur , adapté au ballon, amène le gaz dans une cloche placée sur la cuve à eau. Dans cette réaction , le peroxyde de manganèse abandonne son oxygène à l'hydrogène de l'acide chlorhydrique; la moitié du chlore devenu libre se combine avec le manganèse pour former du protochlorure de manganèse; l'autre moitié du chlore se dégage.
Peroxyde de manganèse. ...{^ . .
i oxygène... v^gj^^
I Hydrogène.-"^ rM^^^ i Chlore. . .
cniore. J chlore Se dégage.
Acide chlorhydrique,
\ Protochlorure de manganèse.
MnO» + 2HC1 = MnCl -f- 2H0H- Cl.
On chauffe légèrement le ballon avec quelques charbons pour fa-
Le chlore a été découvert en 1774 par Schéele.
Chlorare de sodiam.
CHLORK. 59
ciliter la réaction. Gomme le chlore peut entraîner une petite quantité d'acide chlorhydrique, on a soin de faire pafi>ser le gaz à travers un flacon renfermant un peu d'eau qui retient complètement cet ^ acide. Ce flacon est alors appelé fhcon laveur.
Lorsqu'on a besoin d'un déjgagement de chlore longtemps prolongé, on ne verse pas inmiédiatement sur le peroxyde de manganèse toute la quantité d'acide chlorhydrique nécessaire ; on l'introduit successivement par le tube en S.
On obtient un dégagement de chlore plus régulier, en remplaçant l'acide chlorhydrique par un mélange de sel marin et d'acide sulfurique. On met dans un ballon , 4 partie de peroxyde de manganèse réduit en poudre fine, i parties de sel marin ou chlorure de sodium, et 2 d'acide sulfurique concentré du commerce, que l'on étend de son poids d'eau. Le chlorure de sodium, au contact de l'acide sulfurique et de l'eau, donne naissance à du sulfate de soude et à de l'a* cide chlorhydrique :
i Sodium V
l Chlore ^^ Acide cUlorhy- \oxyde de\
4 Hydrogène. ^ drique. / sodinm. \ Sulfate de
^" loiygèSe / / »^«<*«-
Adde sulfurique /
NaCl+HO+SO»=NaO.SO» + HCl.
L'acide chlorhydrique , en présence du peroxyde de manganèse , agit comme nous l'avons précédemment indiqué ; il se produit du chlorure de manganèse, du sulfate de soude, et du chlore qui se dégage. L'acide sulfurique, en excès, agit encore sur le chlorure de manganèse comme sur le chlorure de sodium ; il le décompose avec le concours de l'eau , et il en résulte une nouvelle quantité d'acide chlorhydrique et du sulfate de manganèse; de sorte que les produits définitifs de la réaction sont des sulfates de soude et de manganèse qui restent dans le ballon , et tout le chlore du chlorure de sodium , qui se dégage à l'état gazeux.
La l'éaction finale est donc représentée par l'équation suivante :
NaCl+MnO«+2SO» = NaO.SÔ»+MnO*SO»+Cl.
Le chloi'e est plus soluble dans l'eau que les gaz simples que ndus avons étudiés jusqu'ici ; 4 volume d'eau peut dissoudre 2 volumes de chlore^ Côtte grande solubilité du chlore dans l'eau empêché de le conserver sur ce liquide , et gêne même pour l'y récueillif . Cependant, on y parvient en opérant rapidement et en ayant soin de faire monter le tube abducteur jusque dans la partie supé* rieure dé la cloche ; le gaz n'a plus alors à traverser l'eau sous tofmé de bulles et se trouve moins exposé à son action dissolvante. Oh né
60 • CBLOnB.
peut pas recueillir le chlore sur le mercure, parce qu'il se combine immédia terne nL avec ce métal , même à la température ordinaire.
Lorsqu'il s'agit d'obtenir le chlore sec, on opère ainsi : après avoir fait passer le gaz dans ud premier (lacon laveur B (lig. 3( )
renfermant un peu d'eau qui retient l'acidechlorhydriqnequ'il aurait pu entraîner, on lu! fait traverser un tube a6 rempli de chlorure de calcium, ou un tube en U rempli de pierre ponce imbibée d'acide sulfurique concentré. Ces substances, très-avides d'eau, dessèchent le gaz qui se rend alors parun nouveau tube au fond d'un flacon C à peti(« ouverture , et bien desséché lui-même. Le chlore, par suite de sa grande densité , occupe la partie inférieure et s'élève successivement dans le Qacon en chassant l'air atmosphérique. Au bout de quelque temps, on peut admettre que le flacon est rempli dechlore; on retire lentement le tube et l'on bouche promptement le flacon
st sou-
dans une série do flacons à trois tubulures { fig 32), remplis d'eau
aux trois quarts. Le gaz qui ne se dissout pas dans le premier (la* con , traverse le liquide que contient le second , 4e troisième , et ainsi de suite. Le premier flacon B sert à laver le gaz pour le débarrasser de Tacide chlorhydrique entraîné. Un appareil ainsi disposé est appelé appareil de Woolf.
La dissolution aqueuse de chlore présente la même couleur que le gaz. Lorsqu'on enveloppe de glace un des flacons de l'appareil précédent, il ne tarde pas à s'y former une matière floconneuse cristalline , d'un jaune vert plus intense que le liquide qui l'environne. Cette matière est une combidaison du chlore avec l'eau, un hydrate de chlore renfermant 28 de chlore et 72 d'eau. Ces cristaux peuvent ôlre facilement isolés , si la température extérieure est trè»basse , comme pendant les grands froids de l'hiver. Il suffit de les recueillir dans un entonnoir, de les laisser bien égoutter» puis de les comprimer rapidement entre quelques doubles de papier Joseph , lui-même refroidi. On les introduit alors dans un tube recourbé ac6 ( fig. 33 ) , bouché en a. On maintient froide , avec de la '^ ^'^9» 53. glace , la partie ac du tube qui renferme l'hydrate , et l'on ferme à la lampe Textrémité opposée b.
L'hydrate de chlore se décompose à quelques degrés au-dessus de zéro. Si l'on chauffe la partie a du tube qui renferme l'hydrate de chlore , en la plongeant dans de l'eau à 35® , on voit la matière cristalline se changer en deux couches liquides superposées; l'une de ces couches, d'un jaune foncé , gagne le fond du tube, c'est du chlore liquide; Tautre couche, d'une nuance beaucoup plus claire, est une dissolution saturée de chlore dans Feau. Si l'on refroidit avec de la glace la branche 6c du tube, le chlore liquide entre en ébullition dans la branche ac , et vient se condenser dans la partie plus froide 6c , il se trouve ainsi séparé de la dissolution aqueuse.
§ 69. Le chlore a des affinités puissantes , il se combine directement avec le gaz hydrogène ; une explosion se produit toujours, lorsqu'on plonge une allumette enflammée dans un mélange de ces deui gaz. 11 se combine directement avec la plupart des métaux. Plusieurs corps , entre autres l'arsenic et l'antimoine , prennent fcQ , quand on les projette en poudre fine dans un flacon rempli de chlore. Si l'on fait passer de la vapeur d'eau et du chlore à travers un tube de porcelaine, l'eau est décomposée, l'oxygène est mis en liberté , et il se forme de l'acide chlorhydrique.
La dissolution aqueuse de chlore agit souvent comme un oxydant énergique; ainsi, elle transforme immédiatement l'acide sulfureux en acide sulfurique. L'eau est alors décomposée ; il se forme do
l'acide chiorhydrique, et l'oxygène à l'état naissant se porte sur
l'acide sulfureus :
SO" + Cl + HO = HCl + SO».
La dissolution de chlore se conserve sans altération dans l'obscurité et dans un flacon bien bouché , mais ^sous l'influence de la lumière solaire , le chlore décompose l'eau; il se forme de l'acide chlorhydrique et de l'acide hypochloreux :
2a + HO = CIO + HCl.
§ 70. Le chlore est employé dans les arts pour le blanchiment des étoffes de lin et de coton, et, en général, pour détruire les couleurs d'origine végétale. Les matières colorantes végétales, comme toutes les autres matières d'origine organique, sont des composés de carbone, d'hydrogène, d'oxygène, et quelquefois d'azote. Le chlore agit d'une manière énergique sur un grand nombre de ces matières ; il les décompose , en s'emparant de leur hydrogène pour former de l'acide chlorhydrique ; la matière colorante blanchit en se décomposant. C'est par suite d'une réaction semblable que le chlore décolore l'encre ordinaire de l'écriture , dont le principe colorant est une combinaison de sesquioxyde de fer avec une matière organique appelée tannin. Si l'on veut faire disparaître complètement l'écriture, il faut après avoir fait disparaître les caractères par l'eau de chlore , laver la place , à plusieurs reprises, par de l'acide chlorhydrique faible qui dissout complètement le sesquioxyde de fer. Sans cette précaution, les caractères reparaîtraient si l'on mouillait la place avec une dissolution de prussiate de potasse qui donne avec le sesquioxyde de fer un composé bleu. Mais le chlore est sans action sur l'encre 'de Chine et sur l'encre d'imprimerie , parce que l'élément colorant de ces encres est du carbone très-divisé qui ne* se combine pas directement avec le chlore.
Le chlore est également employé pour détruire les miasn\es putrides qui se dégagent des matières organiques en décomposition . Ces miasmes sont dils à la présence , dans l'air, de substances organiques, qui s'y trouvent, cependant, en quantités tellement petites que l'analyse chimique n'a pas réussi, jusqu'à présent, à les mettre en évidence. Le chlore détruit ces substances en s'emparant de leur hydrogène.
Le chlore agit comme poison sur l'économie animale. Respiré en petite quantité il provoque la taux; lorsqu'on reste longtemps exposé à son action , il peut produire des accidents plus graves , des crachements de sang , etc. , etc.
bb6hb.
Equinlcnt = ot«,S.
§ 71 . Le brame * est liquide à la température ordinaire ; sa cou> leur est d'un rouge brun Irès-foncé; presque noire quand la couche «8t épaisse, elle est d'un jaune rougefllre à la lumière transmise quand la couche est très-mince. Le brome se congèle à — 7" ,3, en
une masse cristalline feuilletée d'une teinte grisâtre. 11 bout ù 63" ; A la température ordinaire, la tension de sa vapeur est considérable ; ane goutte de brome, versée dans un flacon, se volatilise promple> menL et remplit le flacon de vapeurs d'un rouge brun.
La densité du br6me liquide est 3,97; celle de sa vapeur est 5,39.
Le brome a une odeur particulière, très-désagréable, qui lui a fait donner son nom (de CpÂp;, mauvaise odeur). De même que le chlore, il agit comme poison sur l'économie animale et attaque vi- Tflnent les oi^anes de la respiration.
Le brame a , dans toutes sea combinaisons , la plus grande analo^e avec le chlore ; ses affinités sont cependant moins énei^ques; le cblore chasse le brome de ses combinaisons. Le brome comme le chlore détruit les matières colorantes organiques.
Le brame, abandonné au contact de l'eau à la température de 0*, K combine avec une partie de cette eau , et forme un hydrate cris- Ulliséd'un rouge brun; cet hydrate est plus stable que celui du chlore; il ne se détruit que vers 15 ou 30°.
Le brume peut s'eitraire du bromure de sodium par le procédé
ixmèr«>il«astlinea